Eric Dolphy (1928-1964) est un multi-instrumentiste américain de jazz, virtuose du saxophone alto, de la flûte et de la clarinette basse. Figure majeure du jazz d'avant-garde et du free jazz, il a collaboré avec Charles Mingus, John Coltrane et Ornette Coleman avant de mourir prématurément à 36 ans.
Eric Dolphy(1928 — 1964)
Eric Dolphy
États-Unis
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Questions fréquentes
Citations célèbres
« When you hear music, after it's over, it's gone in the air. You can never capture it again.»
Faits marquants
- Né le 20 juin 1928 à Los Angeles dans une famille d'origine antillaise
- Rejoint en 1958 l'orchestre de Chico Hamilton puis devient un collaborateur clé de Charles Mingus à partir de 1960
- Pionnier de l'usage de la clarinette basse comme instrument soliste dans le jazz
- Enregistre en 1964 son chef-d'œuvre, l'album 'Out to Lunch!' pour le label Blue Note
- Meurt le 29 juin 1964 à Berlin, des suites d'un diabète non diagnostiqué, à seulement 36 ans
Œuvres & réalisations
Premier album de Dolphy comme chef d'orchestre, qui révèle son langage personnel à l'alto et à la clarinette basse.
Album contenant un solo de saxophone alto seul sur « Tenderly » et un hommage à Charlie Parker, qui montre sa maîtrise.
Disque-manifeste d'improvisation collective de 37 minutes ; Dolphy y joue de la clarinette basse, donnant son nom au mouvement free jazz.
Dolphy signe les arrangements de cet album orchestral de Coltrane, prouvant son talent de compositeur et d'arrangeur.
Enregistrement en concert avec le jeune trompettiste Booker Little, capturant l'énergie de la scène new-yorkaise.
Considéré comme son chef-d'œuvre, enregistré pour Blue Note avec Freddie Hubbard, Bobby Hutcherson, Richard Davis et Tony Williams ; un sommet du jazz moderne.
Dernier enregistrement de Dolphy, réalisé aux Pays-Bas peu avant sa mort, célèbre pour sa phrase finale sur la musique qui s'envole.
Anecdotes
Eric Dolphy a transformé la clarinette basse, un instrument grave, encombrant et quasiment jamais utilisé en solo, en une véritable voix du jazz. Avant lui, presque personne n'osait improviser longuement sur cet instrument : Dolphy en a fait sa signature, avec des phrases qui sautent, grognent et chantent à la fois.
Passionné par le chant des oiseaux, Dolphy disait que ceux-ci influençaient sa façon de jouer. Il racontait qu'en Californie, quand il répétait chez lui, les oiseaux sifflaient avec lui ; il s'arrêtait alors pour leur répondre à la flûte ou au saxophone, et l'on entend ces trilles imités dans plusieurs de ses solos.
En 1961, des critiques du magazine Down Beat qualifièrent la musique nouvelle de Dolphy et de John Coltrane d'« anti-jazz », tant elle leur paraissait étrange. Plutôt que de s'emporter, les deux musiciens répondirent calmement dans une interview restée célèbre, expliquant qu'ils cherchaient simplement de nouveaux sons et de nouvelles libertés.
Dolphy mourut à Berlin en 1964, à seulement 36 ans, d'un coma diabétique. Le drame fut aggravé par un préjugé : les médecins, persuadés qu'un musicien de jazz noir s'était drogué, ne le soignèrent pas correctement, alors que Dolphy ne buvait pas et ne se droguait jamais. Son diabète n'avait jamais été diagnostiqué.
Quelques semaines avant sa mort, lors de l'enregistrement de l'album Last Date aux Pays-Bas, Dolphy prononça une phrase devenue mythique : « Quand vous entendez de la musique, une fois qu'elle est finie, elle s'envole dans les airs. Vous ne pourrez plus jamais la rattraper. » Une réflexion bouleversante au regard de sa disparition si proche.
Sources primaires
Quand vous entendez de la musique, une fois qu'elle est finie, elle s'envole dans les airs. Vous ne pourrez plus jamais la rattraper.
Dolphy y explique sa recherche de sons nouveaux et évoque comment le chant des oiseaux a nourri sa manière d'improviser, en réponse aux critiques qui parlaient d'« anti-jazz ».
Les morceaux « Hat and Beard » (dédié au pianiste Thelonious Monk) et « Gazzelloni » (dédié au flûtiste classique italien Severino Gazzelloni) témoignent de ses hommages et de ses influences.
Lieux clés
Ville natale de Dolphy, où il grandit, étudia la musique et fit ses débuts professionnels avant de partir pour New York.
Cœur de la scène jazz d'avant-garde où Dolphy joua dans des clubs comme le Five Spot et le Village Vanguard avec Mingus et Coltrane.
Studio mythique du label Blue Note où fut enregistré son chef-d'œuvre Out to Lunch! en février 1964.
Ville où Dolphy enregistra Last Date pour la radio néerlandaise, quelques semaines avant sa mort.
Lieu où Dolphy s'effondra et mourut d'un coma diabétique le 29 juin 1964, lors de sa tournée européenne.
Objets typiques

Instrument principal de Dolphy, dont il tirait des phrases bondissantes et des intervalles inattendus qui ont marqué le jazz d'avant-garde.

Instrument grave qu'il fut l'un des premiers à imposer comme voix soliste du jazz, devenant sa marque de fabrique.

Sur cet instrument, Dolphy imitait le chant des oiseaux et s'inspirait de la musique classique, notamment du compositeur Edgard Varèse.

Fine lamelle de roseau qui fait vibrer le saxophone et la clarinette ; un objet que tout souffleur de jazz choisit et ajuste avec soin.

Dolphy, musicien sérieux et studieux, écrivait ses thèmes complexes comme « Hat and Beard » ou « Gazzelloni ».

Format sur lequel parut Out to Lunch! en 1964 ; le vinyle était le principal support pour écouter le jazz de l'époque.

Comme beaucoup de jazzmen de son temps, Dolphy montait sur scène élégamment habillé, en veste et cravate.
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Vie quotidienne
Matin
Musicien d'une discipline rare, Dolphy commençait souvent sa journée par de longues heures de travail technique sur ses trois instruments. Il enchaînait gammes, exercices et improvisations, cherchant sans cesse de nouveaux sons.
Après-midi
L'après-midi pouvait être consacré aux répétitions avec ses groupes ou ceux de Mingus et Coltrane, ainsi qu'à l'étude de partitions de musique classique. Il analysait notamment les œuvres du compositeur moderne Edgard Varèse, qu'il admirait.
Soir
Le soir, place aux concerts dans les clubs de jazz de New York comme le Five Spot ou le Village Vanguard. Les sets se prolongeaient tard dans la nuit, entre morceaux écrits et longues improvisations partagées avec d'autres grands solistes.
Alimentation
Contrairement au cliché du jazzman noctambule, Dolphy menait une vie sobre : il ne buvait pas d'alcool et ne se droguait pas. Tragiquement, il ignorait souffrir de diabète, une maladie liée au taux de sucre dans le sang qui causa sa mort.
Vêtements
Sur scène, il portait l'élégante tenue des jazzmen de son époque : costume sombre, chemise et cravate, parfois un chapeau. Cette allure soignée contrastait avec l'audace de sa musique.
Habitat
Dolphy vécut d'abord à Los Angeles chez ses parents, puis dans des appartements de New York au début des années 1960. En musicien itinérant, il passa aussi beaucoup de temps en tournée, à l'hôtel, notamment en Europe.






