Erich von Tschermak(1871 — 1962)

Erich von Tschermak-Seysenegg

Autriche, Troisième Reich, Autriche-Hongrie

5 min de lecture

SciencesScientifiqueXXe siècleTournant du XXe siècle et première moitié du XXe siècle, période de l'essor de la génétique et de l'amélioration scientifique des plantes cultivées.

Erich von Tschermak-Seysenegg est un agronome et botaniste autrichien. Il est l'un des trois savants qui, en 1900, redécouvrirent indépendamment les lois de l'hérédité énoncées par Gregor Mendel, contribuant à la naissance de la génétique moderne.

Questions fréquentes

Erich von Tschermak-Seysenegg (1871-1962) était un agronome et botaniste autrichien. Ce qu'il faut retenir, c'est qu'il fait partie des trois savants qui, en 1900, redécouvrirent indépendamment les lois de Mendel sur l'hérédité, avec Hugo de Vries et Carl Correns. Cette triple redécouverte simultanée est un exemple frappant de découverte multiple dans l'histoire des sciences. Pour comprendre cela, il faut se rappeler que les travaux de Mendel, publiés en 1866, étaient restés ignorés pendant plus de trente ans.

Faits marquants

  • Né le 15 novembre 1871 à Vienne, dans une famille de scientifiques (son père était minéralogiste).
  • En 1900, redécouvre les lois de Mendel sur l'hérédité, simultanément et indépendamment de Hugo de Vries et Carl Correns.
  • Mène des travaux d'amélioration des plantes cultivées et développe de nouvelles variétés de céréales (hybridation du blé et du seigle).
  • Professeur à l'École supérieure d'agronomie de Vienne, il applique les principes mendéliens à l'agriculture.
  • Mort le 11 octobre 1962 à Vienne.

Œuvres & réalisations

Redécouverte des lois de Mendel (1900)

Avec de Vries et Correns, il remet au jour les principes de l'hérédité, fondant la génétique moderne.

Über künstliche Kreuzung bei Pisum sativum (1900)

Article rapportant ses croisements sur le pois cultivé et la régularité de la transmission des caractères.

Travaux de sélection des céréales (vers 1905-1930)

Application de la génétique à la création de variétés de blé et d'orge plus productives et résistantes.

Création d'hybrides de plantes cultivées (début du XXe siècle)

Mise au point d'hybrides destinés à améliorer les rendements agricoles, dont des travaux sur le triticale (croisement blé-seigle).

Enseignement à la Hochschule für Bodenkultur (à partir de 1906)

Formation de générations d'agronomes à la sélection scientifique des plantes selon les principes mendéliens.

Mémoires et écrits sur la génétique végétale (1958)

Synthèse autobiographique de sa carrière et de sa contribution à l'histoire de l'hérédité.

Anecdotes

En 1900, à seulement 29 ans, Erich von Tschermak fait partie des trois botanistes — avec Hugo de Vries et Carl Correns — qui redécouvrent presque simultanément, et sans se concerter, les lois de l'hérédité oubliées de Gregor Mendel. Cette triple redécouverte est restée célèbre comme un exemple frappant de découverte multiple dans l'histoire des sciences.

Erich était le petit-fils du minéralogiste Gustav Tschermak et le frère du grand minéralogiste Armin von Tschermak : la science était une véritable affaire de famille. Lui-même choisit pourtant l'agronomie et la culture des plantes plutôt que les cailloux.

C'est en cherchant à comprendre les croisements de petits pois et de plantes ornementales qu'Erich tomba sur les anciens travaux de Mendel, publiés en 1866 mais restés totalement ignorés pendant plus de trente ans dans une revue régionale de Brno.

Tschermak ne se contenta pas de théories : il appliqua la jeune génétique à l'amélioration des plantes cultivées, créant notamment des variétés de céréales plus résistantes et des hybrides destinés à mieux nourrir les populations.

Certains historiens des sciences ont discuté l'ampleur réelle de sa compréhension des lois mendéliennes en 1900, estimant qu'il les avait moins clairement formulées que de Vries ou Correns ; le débat sur le « troisième redécouvreur » nourrit encore les cours d'histoire des sciences.

Sources primaires

Über künstliche Kreuzung bei Pisum sativum (Zeitschrift für das landwirtschaftliche Versuchswesen in Österreich) (1900)
Tschermak y rapporte ses expériences de croisement sur le pois cultivé et conclut à la transmission régulière de caractères selon des proportions constantes, rejoignant les résultats de Mendel.
Der moderne Stand des Vererbungsproblems (exposé sur l'état de la question de l'hérédité) (1905)
Il y présente la redécouverte des lois de Mendel comme le fondement d'une science nouvelle de l'hérédité, appelée à transformer l'agriculture.
Leben und Wirken eines österreichischen Pflanzenzüchters (mémoires autobiographiques) (1958)
Tschermak y revient sur sa carrière de sélectionneur et sur le rôle qu'il estime avoir joué dans la redécouverte des principes mendéliens en 1900.

Lieux clés

Vienne (Autriche)

Ville natale d'Erich von Tschermak et grand centre scientifique de l'Empire austro-hongrois, où il passa l'essentiel de sa vie.

Hochschule für Bodenkultur (Université d'agronomie de Vienne)

École supérieure d'agronomie où Tschermak fut professeur et mena ses travaux de génétique appliquée à l'amélioration des plantes.

Université de Halle (Allemagne)

Université où Tschermak compléta sa formation en sciences naturelles avant de se consacrer à la sélection des plantes.

Brno (Moravie)

Ville où Mendel avait réalisé et publié ses expériences ; berceau symbolique des lois redécouvertes en 1900 par Tschermak et ses collègues.

Voir aussi