Étéocle

Étéocle

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MythologieAvant J.-C.Grèce antique légendaire, cycle thébain de la mythologie grecque

Étéocle est un roi mythique de Thèbes, fils d'Œdipe et de Jocaste, frère de Polynice, d'Antigone et d'Ismène. Il refuse de céder le trône à son frère selon leur accord d'alternance, ce qui déclenche la guerre des Sept contre Thèbes au terme de laquelle les deux frères s'entre-tuent.

Questions fréquentes

Pour comprendre Étéocle, il faut le situer dans la lignée maudite des Labdacides : il est le fils d'Œdipe et de Jocaste, roi légendaire de Thèbes au temps du cycle thébain. Ce qu'il faut retenir, c'est qu'il incarne la tragédie du pouvoir refusé : après avoir conclu un pacte d'alternance avec son frère Polynice, il choisit de ne pas le respecter, déclenchant la guerre des Sept contre Thèbes et son propre duel fratricide. Moins un héros qu'un homme prisonnier de la malédiction paternelle.

Faits marquants

  • Fils d'Œdipe et de Jocaste, il appartient à la lignée maudite des Labdacides
  • Conclut avec son frère Polynice un accord pour régner en alternance sur Thèbes, un an chacun
  • Refuse de céder le pouvoir au terme de son année, provoquant l'expédition des Sept contre Thèbes
  • S'entre-tue avec Polynice en combat singulier devant les murs de Thèbes
  • Sa mort et la querelle sur la sépulture de Polynice forment le ressort de l'Antigone de Sophocle

Œuvres & réalisations

Défense de Thèbes (Cycle thébain)

Étéocle organise la défense de la cité en postant un champion à chacune des sept portes face aux Sept chefs argiens. Son commandement militaire structure tout le récit d'Eschyle.

Le pacte d'alternance du trône (Cycle thébain)

Accord conclu avec Polynice pour régner une année chacun. Sa rupture par Étéocle est l'acte fondateur de la guerre fratricide.

Les Sept contre Thèbes d'Eschyle (467 av. J.-C.)

Tragédie où Étéocle est le personnage central, roi lucide marchant vers sa perte. Pièce qui clôt une trilogie sur les Labdacides.

Les Phéniciennes d'Euripide (vers 410 av. J.-C.)

Tragédie présentant Étéocle en tyran assumé, défendant cyniquement son refus de partager le pouvoir face à sa mère Jocaste.

La Thébaïde de Stace (vers 90 apr. J.-C.)

Vaste épopée latine en douze chants consacrée à la guerre des Sept et au duel des deux frères, qui transmit la légende au Moyen Âge.

La Thébaïde ou les Frères ennemis de Racine (1664)

Première tragédie de Racine, qui réactualise le conflit d'Étéocle et Polynice pour la scène classique française.

Anecdotes

Étéocle et son frère Polynice avaient conclu un pacte : régner sur Thèbes une année chacun, à tour de rôle. Mais une fois sur le trône, Étéocle refusa de le céder à l'échéance convenue, jetant son frère sur les routes de l'exil. Cette parole trahie est la véritable étincelle de la guerre.

Selon la tradition, Œdipe aurait maudit ses deux fils parce qu'ils l'avaient mal traité ou négligé après sa chute. Il prédit qu'ils se partageraient son héritage « par le fer » — une prophétie qui se réalisera lorsque les deux frères se transperceront mutuellement sous les murs de Thèbes.

Lors de l'assaut des Sept contre Thèbes, Étéocle affronta personnellement son frère Polynice à la septième porte de la cité. Les deux frères se tuèrent l'un l'autre du même coup, accomplissant la malédiction paternelle et illustrant la fatalité qui pèse sur la lignée maudite des Labdacides.

Dans l'Antigone de Sophocle, le roi Créon ordonne des funérailles honorables pour Étéocle, défenseur de la cité, mais interdit qu'on enterre Polynice, traité en traître. C'est ce décret qui pousse leur sœur Antigone à braver l'interdit, déclenchant une nouvelle tragédie.

On raconte que sur le bûcher où l'on brûla les corps des deux frères, la flamme se serait divisée en deux jets distincts, comme si même la fumée refusait de se mêler — image saisissante de leur haine fraternelle qui se poursuivait au-delà de la mort.

Sources primaires

Eschyle, Les Sept contre Thèbes (467 av. J.-C.)
Étéocle : « Que la cité soit sauve ! » Il choisit lui-même d'aller défendre la septième porte contre son propre frère, sachant que la malédiction d'Œdipe va s'accomplir.
Sophocle, Antigone (vers 441 av. J.-C.)
Créon ordonne qu'Étéocle, mort en défendant sa patrie, soit enseveli avec tous les honneurs, tandis que le corps de Polynice restera sans sépulture, livré aux oiseaux et aux chiens.
Euripide, Les Phéniciennes (vers 410 av. J.-C.)
Jocaste tente en vain de réconcilier ses deux fils ; Étéocle déclare qu'il garderait le pouvoir même au prix de l'injustice, car « si l'on doit commettre l'injustice, c'est pour régner qu'il est le plus beau de la commettre ».
Apollodore, Bibliothèque (Ier-IIe siècle apr. J.-C.)
Œdipe maudit ses fils, et ceux-ci convinrent de régner tour à tour une année. Mais Étéocle, ayant régné le premier, refusa d'abandonner le trône et chassa Polynice.
Stace, La Thébaïde (vers 90 apr. J.-C.)
Le poème latin décrit longuement la guerre fratricide et le duel final où les deux frères tombent ensemble, leur haine ne s'éteignant pas même sur le bûcher funéraire.

Lieux clés

Thèbes (Béotie)

Cité aux sept portes où règne Étéocle. Théâtre de toute la tragédie, du pacte rompu jusqu'au duel fratricide sous ses murailles.

La septième porte de Thèbes

Porte des remparts où Étéocle décide d'aller affronter en personne son frère Polynice. C'est là que les deux frères s'entre-tuent.

Argos

Cité du Péloponnèse où Polynice exilé trouve refuge et lève l'armée des Sept. C'est de là que part l'expédition contre Thèbes.

Le Cithéron

Montagne proche de Thèbes liée à la légende d'Œdipe, abandonné enfant sur ses pentes. Toile de fond de la malédiction familiale.

Sanctuaire de Delphes

Lieu de l'oracle d'Apollon qui rythme le destin des Labdacides, de Laïos à Œdipe. Les prophéties delphiques pèsent sur toute la lignée d'Étéocle.

Voir aussi