
Euripide
Euripide
480 av. J.-C. — 406 av. J.-C.
Athènes
Euripide (480-406 av. J.-C.) est l'un des trois grands tragédiens grecs d'Athènes, avec Eschyle et Sophocle. Auteur de plus de 90 pièces, il se distingue par son approche novatrice de la tragédie, mettant en scène des personnages plus humains et psychologiquement complexes, notamment des femmes.
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Citations célèbres
« La mort n'est rien ; mais vivre vaincu et déshonoré, c'est mourir chaque jour. »
« Les femmes sont nombreuses à faire la guerre pour une seule d'entre elles. »
Faits marquants
- Remporte son premier prix au concours dramatique d'Athènes en 441 av. J.-C.
- Crée Médée en 431 av. J.-C., tragédie révolutionnaire centrant le drame sur la passion d'une femme
- Compose Les Troyennes en 415 av. J.-C., critique implicite de la brutalité de la guerre de Péloponnèse
- Meurt exilé en Macédoine vers 406 av. J.-C., après avoir quitté Athènes
- Laisse une œuvre d'environ 18-19 pièces complètes conservées sur plus de 90 écrites
Œuvres & réalisations
Tragédie racontant la vengeance terrible de Médée, épouse répudiée par Jason. Chef-d'œuvre de la psychologie féminine, cette pièce reste l'une des plus jouées au monde.
Tragédie explorant la passion destructrice de Phèdre pour son beau-fils Hippolyte. L'une des rares pièces qui valurent à Euripide le premier prix aux Dionysies.
Dénonciation poignante des horreurs de la guerre à travers le sort des femmes de Troie après la chute de la cité. Considérée comme l'une des premières œuvres pacifistes de la littérature.
Relecture du mythe des Atrides où Euripide humanise ses personnages et questionne la légitimité de la vengeance. La pièce contraste avec les versions d'Eschyle et de Sophocle.
Dernière grande tragédie d'Euripide, représentée après sa mort. Elle met en scène le sacrifice d'Iphigénie par son père Agamemnon et interroge le prix de la gloire militaire.
Œuvre ultime d'Euripide sur le culte de Dionysos et la folie destructrice du roi Penthée. Chef-d'œuvre sur le conflit entre raison et forces irrationnelles.
Pièce où l'épouse Alceste accepte de mourir à la place de son mari Admète. Mêlant tragique et éléments comiques, elle illustre l'originalité d'Euripide dans le traitement des genres.
Tragédie montrant la transformation de la reine Hécube, de mère éplorée en figure vengeresse, après la chute de Troie. Réflexion puissante sur la souffrance et la déshumanisation.
Anecdotes
Euripide était connu pour sa nature solitaire. Selon la tradition, il se retirait dans une grotte sur l'île de Salamine pour écrire ses pièces, loin du tumulte d'Athènes. Cette grotte, face à la mer, lui aurait servi de cabinet de travail pendant de nombreuses années.
Euripide ne remporta que quatre victoires aux concours dramatiques des Grandes Dionysies de son vivant, bien moins que Sophocle qui en obtint dix-huit. Une cinquième victoire lui fut décernée à titre posthume, pour la trilogie incluant Les Bacchantes, présentée par son fils après sa mort.
Aristophane, le célèbre auteur comique, se moqua régulièrement d'Euripide dans ses comédies. Dans Les Grenouilles, représentée en 405 av. J.-C., Aristophane met en scène un concours entre Eschyle et Euripide aux Enfers pour déterminer le meilleur tragédien. Eschyle l'emporte, mais la pièce témoigne paradoxalement de l'immense notoriété d'Euripide.
Vers la fin de sa vie, Euripide quitta Athènes pour s'installer à la cour du roi Archélaos de Macédoine, à Pella. Selon une légende antique, il serait mort déchiré par des chiens de chasse du roi, mais cette histoire est probablement inventée. Il mourut en 406 av. J.-C. en Macédoine, quelques mois avant Sophocle.
La mère d'Euripide, Clitô, aurait été marchande de légumes selon Aristophane, qui utilisait ce détail pour le ridiculiser. Cependant, cette affirmation est très probablement une invention comique, car d'autres sources indiquent qu'Euripide était issu d'une famille relativement aisée de Salamine.
Sources primaires
« De toutes les créatures qui ont vie et pensée, nous, les femmes, sommes la race la plus misérable. D'abord, il nous faut acheter un époux à prix d'or et donner un maître à notre corps. »
« Le dieu, fils de Zeus, se réjouit des banquets, et il aime la Paix, dispensatrice de richesses, déesse nourricière de la jeunesse. Il accorde également au pauvre et au riche la joie sans douleur du vin. »
« Parmi les mortels, nul n'est libre. L'un est esclave de l'argent, l'autre du destin ; tantôt la foule, tantôt les lois écrites empêchent de vivre selon sa volonté. »
« J'ai rendu la tragédie démocratique : j'ai fait parler la femme, l'esclave, le maître, la jeune fille et la vieille. » Aristophane prête ces mots à Euripide pour résumer sa révolution théâtrale.
Lieux clés
Grand théâtre en plein air au pied de l'Acropole, pouvant accueillir environ 17 000 spectateurs. C'est là qu'Euripide présenta la grande majorité de ses tragédies lors des concours des Grandes Dionysies.
Île du golfe Saronique où Euripide serait né. La tradition rapporte qu'il s'y retirait dans une grotte face à la mer pour composer ses œuvres, loin de l'agitation de la cité.
Place centrale de la vie politique et intellectuelle athénienne. Euripide y côtoyait les philosophes, notamment Socrate et Anaxagore, dont les idées influencèrent profondément son théâtre.
Capitale du royaume de Macédoine où Euripide s'exila à la fin de sa vie, accueilli par le roi Archélaos. C'est là qu'il composa ses dernières pièces, dont Les Bacchantes, et qu'il mourut en 406 av. J.-C.
Temple consacré à Dionysos, adjacent au théâtre, où se déroulaient les cérémonies religieuses précédant les représentations dramatiques auxquelles participait Euripide.
Objets typiques
Masque en lin rigidifié ou en bois, couvrant tout le visage, avec une bouche ouverte servant de porte-voix. Euripide a utilisé des masques variés pour ses nombreux personnages féminins et ses héros déchus.
Support d'écriture sur lequel Euripide composait ses tragédies. Sa bibliothèque personnelle, l'une des premières connues à Athènes, était célèbre dans l'Antiquité.
Dispositif mécanique de levage permettant de faire apparaître les dieux au-dessus de la scène. Euripide en fit un usage si fréquent qu'il donna naissance à l'expression « deus ex machina ».
Chaussures montantes à semelles épaisses portées par les acteurs tragiques pour paraître plus grands. Elles contribuaient à la stature imposante des personnages sur la scène du théâtre.
Instruments d'écriture courante pour les brouillons et les notes. Euripide pouvait y esquisser des dialogues avant de les transcrire sur papyrus.
Instrument à cordes accompagnant les chants choraux des tragédies. Euripide était réputé pour ses innovations musicales, intégrant des mélodies plus complexes et expressives.
Programmes scolaires
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Vocabulaire clé
Vie quotidienne
Matin
Euripide se levait à l'aube, comme la plupart des Athéniens. Après une toilette sommaire et un petit déjeuner frugal composé de pain d'orge trempé dans du vin dilué et de quelques figues, il se retirait probablement pour écrire, profitant de la lumière matinale. Ses matinées étaient consacrées à la composition et à la lecture.
Après-midi
L'après-midi pouvait être consacré aux répétitions avec les acteurs et le chœur lorsqu'un concours approchait, ou aux discussions philosophiques. Euripide fréquentait les cercles intellectuels d'Athènes, notamment les sophistes Protagoras et Prodicos, ainsi que le philosophe Anaxagore et Socrate, avec qui il débattait de questions morales.
Soir
Le soir venu, Euripide participait parfois à des symposia (banquets), mais sa réputation de solitaire suggère qu'il préférait la tranquillité de sa demeure. Le repas du soir, le deipnon, était le plus copieux de la journée. Il continuait probablement à travailler à la lueur d'une lampe à huile.
Alimentation
L'alimentation d'Euripide était typique d'un citoyen athénien aisé : pain d'orge ou de blé, olives, figues, fromage de chèvre, poisson grillé, légumes et légumineuses. La viande était réservée aux jours de sacrifice. Le vin, toujours coupé d'eau, accompagnait les repas et les discussions.
Vêtements
Euripide portait le chiton, tunique de lin ou de laine retenue aux épaules par des fibules, et l'himation, un grand manteau drapé par-dessus. En tant que citoyen athénien, il allait généralement pieds nus ou portait des sandales de cuir. Sa barbe, selon les représentations antiques, était fournie.
Habitat
Euripide vivait dans une maison athénienne typique en briques crues sur fondations de pierre, organisée autour d'une cour intérieure avec un autel domestique. Les pièces étaient modestes et peu meublées : lits, coffres, tabourets. Il possédait une bibliothèque personnelle remarquable pour l'époque, remplie de rouleaux de papyrus.
Frise contextuelle
Vocabulaire d'époque
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Style visuel
Style visuel inspiré de l'esthétique athénienne classique du Ve siècle av. J.-C., évoquant la céramique attique à figures rouges, l'architecture du théâtre de Dionysos et la lumière dorée de la Méditerranée.
Prompt IA
Classical Athenian aesthetic of the 5th century BCE. Warm Mediterranean sunlight casting long shadows across limestone architecture. Figures draped in flowing white and saffron-dyed chitons with geometric border patterns. Theatrical masks with exaggerated expressions, painted in terracotta and ochre tones. The grand semicircular theater carved into the Acropolis hillside, with the orchestra circle and skene visible. Red-figure pottery style influences: elegant black backgrounds with terracotta figures in dramatic poses. Olive groves and cypress trees framing marble temples. A palette inspired by Attic pottery, sun-baked stone, and the deep Aegean blue sky.
Ambiance sonore
L'ambiance sonore du théâtre de Dionysos lors d'une représentation tragique : voix déclamées et chants choraux accompagnés de l'aulos, mêlés aux bruits lointains de la cité athénienne et au vent méditerranéen.
Prompt IA
Ancient Greek theater ambience during a dramatic performance. A solo male voice chants in rhythmic ancient Greek verse, resonant and projected, echoing against stone seating. A chorus of twelve voices responds in unison, their song accompanied by a double aulos flute playing a haunting modal melody. Cicadas buzz in the warm Mediterranean air. Distant sounds of Athens: potters hammering, merchants calling, donkeys braying on stone paths. Wind carries across the open-air theater carved into the hillside. Occasional murmurs and gasps from thousands of spectators seated on limestone benches. The wooden stage creaks under cothurni footsteps. A bronze thunder-sheet rumbles to signal divine intervention.
Source du portrait
Wikimedia Commons — domaine public — Marie-Lan Nguyen — 2006
Aller plus loin
Références
Œuvres
Médée
431 av. J.-C.
Hippolyte porte-couronne
428 av. J.-C.
Les Troyennes
415 av. J.-C.
Électre
vers 413 av. J.-C.
Iphigénie à Aulis
405 av. J.-C. (posthume)
Les Bacchantes
405 av. J.-C. (posthume)
Alceste
438 av. J.-C.




