Federico da Montefeltro(1422 — 1482)
Frédéric III de Montefeltro
duché d'Urbino
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Condottiere et seigneur d'Urbin (1422-1482), Federico da Montefeltro fut l'un des princes les plus cultivés de la Renaissance italienne. Mécène exceptionnel, il fit d'Urbin un foyer artistique majeur, commandant son célèbre portrait de profil à Piero della Francesca.
Questions fréquentes
Faits marquants
- 1422 : naissance à Gubbio, fils illégitime du comte de Montefeltro
- 1444 : devient seigneur d'Urbin après l'assassinat de son demi-frère
- Vers 1472 : Piero della Francesca peint son célèbre diptyque avec son épouse Battista Sforza
- 1474 : élevé au rang de duc d'Urbin par le pape Sixte IV
- 1482 : mort à Ferrare, laissant un des plus riches palais-bibliothèques d'Europe
Œuvres & réalisations
Conçu par Luciano Laurana puis Francesco di Giorgio Martini, ce palais est l'un des chefs-d'œuvre de l'architecture Renaissance. Il symbolise la volonté de Federico de faire d'Urbino un modèle de cité humaniste et est aujourd'hui classé au patrimoine mondial de l'UNESCO.
Federico réunit plus de mille manuscrits enluminés, constituant l'une des bibliothèques les plus riches d'Europe. À sa mort, la collection fut transférée à Rome et forma le noyau de la Bibliothèque Apostolique Vaticane.
Cabinet de travail intime orné d'intarsies en trompe-l'œil et de 28 portraits de figures illustres peints par Juste de Gand et Pedro Berruguete. Il incarne l'idéal humaniste du prince lettré alliant les armes et les lettres.
Federico attira à Urbino les plus grands artistes de son temps. Le célèbre diptyque peint par Piero della Francesca représentant Federico et son épouse Battista Sforza (conservé aux Offices de Florence) est l'un des portraits les plus emblématiques de la Renaissance.
Federico réforma la discipline et la logistique de ses armées mercenaires, lui permettant de remporter de nombreuses campagnes sans jamais essuyer de défaite majeure et d'imposer ses méthodes comme modèle militaire en Italie.
Anecdotes
Lors d'un tournoi en 1450, Federico perdit l'usage de son œil droit et se fit tailler l'arête du nez par un chirurgien pour améliorer sa vision périphérique. C'est pourquoi tous ses portraits le représentent de profil gauche : aucun peintre de son temps n'osa immortaliser cette blessure de face, et ce profil est devenu l'une des silhouettes les plus reconnaissables de la Renaissance.
Éduqué dès l'âge de douze ans à l'école de Vittorino da Feltre à Mantoue, Federico apprit le grec, le latin, la philosophie et les arts aux côtés des enfants de l'aristocratie italienne. Cette formation humaniste forgea en lui un amour des livres qu'il conserva toute sa vie : il constitua l'une des plus grandes bibliothèques d'Europe, avec plus de mille manuscrits enluminés copiés à la main.
Federico était réputé pour n'avoir jamais perdu une bataille rangée ni échoué à prendre une ville assiégée. Cette réputation lui valait d'être le condottiere le mieux payé d'Italie : Florence, Naples, Milan et la papauté se disputaient ses services, et il accumula une fortune considérable qu'il consacra entièrement à l'embellissement d'Urbino.
Le Studiolo du Palazzo Ducale, petit cabinet de travail personnel de Federico, est entièrement recouvert d'intarsies (marqueteries de bois) représentant en trompe-l'œil des livres ouverts, des instruments scientifiques et des armes posées. Cet espace intime symbolisait la double nature du duc : un guerrier qui lisait Cicéron, un prince qui commandait des armées tout en débattant de philosophie.
En 1474, le pape Sixte IV éleva Federico au rang de duc d'Urbino — titre exceptionnel pour un condottiere. Peu après, le roi d'Angleterre Édouard IV lui décerna l'Ordre de la Jarretière, l'une des plus hautes distinctions chevaleresques d'Europe, signe que sa renommée militaire et culturelle avait largement dépassé les frontières italiennes.
Sources primaires
Era Federico signore di tal natura che, avendo da combattere col nimico, non voleva mai avere vantaggio di quello, ma sempre uguale ; e se 'l nimico era inferiore di numero, aspettava ch'egli avesse rinforzato le genti sue.
Alla excellentia del signore Federico duca d'Urbino, luce della Italia, allo quale per la sua singular virtù et singular dottrina questa opera è dedicata con ogni reverentia.
Tra gli altri suoi laudevoli costumi nel duro esercizio della guerra, aveva Federico costantissimamente osservato di non volere che nelle sue terre si facesse danno alcuno ai poveri lavoratori dei campi.
Tra i libri latini et greci che ha la Signoria sua, i quali sono scripti a mano et miniati, si trovano Tito Livio, Plinio, Cicerone, Virgilio, et molti altri auctori antichi, tutti in carta di capretto finissima.
Lieux clés
Ville natale de Federico (7 février 1422), il y fit également construire un palais ducal, témoignant de son attachement à cette cité ombrienne placée sous son autorité.
Chef-d'œuvre de l'architecture Renaissance conçu par Luciano Laurana, ce palais fut la résidence principale et le centre rayonnant de la cour humaniste de Federico. Classé au patrimoine mondial de l'UNESCO, il abrite aujourd'hui la Galleria Nazionale delle Marche.
Federico y reçut sa formation humaniste à la célèbre Casa Giocosa de Vittorino da Feltre, où étudièrent ensemble les enfants des grandes familles princières d'Italie, forgeant des réseaux durables.
Federico y commanda le siège et le sac de la ville en 1472, au service de Laurent de Médicis. Cet épisode brutal contraste avec son image de prince éclairé et reste l'une des pages sombres de sa biographie.
Federico mourut dans cette ville le 10 septembre 1482, lors de la guerre de Ferrare, alors qu'il commandait les forces de la Ligue italienne contre Venise, mettant fin à une carrière militaire de quarante ans.






