Frances Burney(1752 — 1840)
Frances Burney
royaume de Grande-Bretagne, Royaume-Uni de Grande-Bretagne et d'Irlande
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Romancière, dramaturge et diariste anglaise (1752-1840), Frances Burney publie anonymement Evelina en 1778, roman épistolaire qui connaît un succès immédiat. Précurseure de Jane Austen, elle documente avec finesse la société anglaise du XVIIIe siècle dans ses journaux et correspondances.
Questions fréquentes
Citations célèbres
« Nothing is a greater impediment to being on good terms with others than being ill at ease with yourself.»
Faits marquants
- 1778 : Publication anonyme d'Evelina, succès immédiat révélant la romancière
- 1786-1791 : Seconde garde-robe de la reine Charlotte, expérience de la vie de cour
- 1793 : Mariage avec le général français Alexandre d'Arblay, exil en France
- 1811 : Mastectomie sans anesthésie, décrite avec précision dans une lettre célèbre
- Ses journaux couvrent soixante-douze ans de vie sociale, politique et littéraire anglaise
Œuvres & réalisations
Premier roman de Burney, publié anonymement à 26 ans. Ce roman épistolaire suit une jeune femme dans les salons londoniens et connaît un succès immédiat auprès de figures comme Samuel Johnson, qui le lit en une seule nuit.
Roman plus ambitieux traitant de l'héritage, du mariage et des conventions sociales. Il contient l'expression 'pride and prejudice' qui inspirera directement le titre du roman de Jane Austen publié vingt ans plus tard.
Publié par souscription — Jane Austen figura parmi les souscripteurs — ce roman explore la vie de jeunes gens confrontés aux attentes sociales et aux erreurs de jugement, avec une verve satirique caractéristique.
Dernier roman de Burney, écrit pendant les années d'exil en France. Il explore les difficultés des femmes sans ressources dans la société anglaise à l'époque révolutionnaire et est considéré comme le plus politique de ses écrits.
Publication posthume de ses journaux intimes et correspondances couvrant plus de soixante ans, de 1768 à 1840. Ces textes constituent une source historique majeure sur la vie sociale, culturelle et politique en Angleterre et en France.
Anecdotes
Frances Burney écrivait en secret depuis l'enfance, craignant d'être moquée. À l'âge de quinze ans, elle brûla tous ses manuscrits, dont un roman intitulé The History of Caroline Evelyn, persuadée que l'écriture n'était pas convenable pour une jeune fille. Pourtant, elle continua à écrire en cachette et publia Evelina en 1778 sans en avoir informé son père au préalable.
Quand Evelina parut anonymement en 1778, le succès fut foudroyant. Des personnalités comme Samuel Johnson et Edmund Burke se disputèrent l'identité de l'auteur mystérieux. Lorsque l'on découvrit qu'il s'agissait de la fille du musicologue Charles Burney, la société littéraire londonienne fut stupéfaite qu'une jeune femme de vingt-six ans ait produit une œuvre aussi accomplie.
En 1786, Frances Burney fut nommée Seconde Gardienne des Robes de la reine Charlotte. Pendant cinq ans, elle vécut à la cour dans des conditions épuisantes, soumise à un cérémonial rigide et à une surveillance constante. Elle décrivit cette période comme une prison dorée dans son journal, évoquant son désespoir croissant jusqu'à ce qu'on lui accorde son congé en 1791, la santé très altérée.
En septembre 1811, Frances Burney subit une mastectomie pour soigner un cancer du sein, sans anesthésie générale — seulement un peu d'opium et de vin. Elle rédigea après l'opération une lettre de neuf pages à sa sœur Esther, décrivant l'intervention avec une précision saisissante. Ce témoignage est aujourd'hui considéré comme l'un des documents les plus poignants de l'histoire médicale.
En 1815, Frances Burney se trouvait à Bruxelles lorsque la bataille de Waterloo eut lieu à quelques kilomètres de là. Elle assista à la panique de la ville, au défilé des blessés et des réfugiés dans les rues. Ses lettres décrivent avec acuité ces journées historiques, offrant un témoignage civil précieux sur les événements qui entourent la chute de Napoléon.
Sources primaires
Lady Howard does me but too much honour in her most partial selection; since, all that I know of Evelina, is from a journal in my own possession, the property of her own pen.
Yet — when the dreadful steel was plunged into the breast — cutting through veins — arteries — flesh — nerves — I needed no injunctions not to restrain my cries. I began a scream that lasted unintermittingly during the whole time of the incision.
The whole of this unfortunate business has been the result of PRIDE and PREJUDICE.
O, how I long to be away! I could weep an hour at a time, for the heaviness of this captivity — I, who have always been mistress of my own time and actions.
The terror of the inhabitants was extreme, the streets filled with soldiers, wounded men, and fugitives, all in the utmost confusion and dismay.
Lieux clés
Ville natale de Frances Burney, où elle naît en 1752. La famille Burney y réside avant de s'installer à Londres.
Maison londonienne de la famille Burney, véritable salon intellectuel fréquenté par Samuel Johnson, David Garrick et les cercles des Lumières anglaises. Frances y passa ses années de formation et y écrivit Evelina.
Frances Burney y vécut comme Seconde Gardienne des Robes de la reine Charlotte entre 1786 et 1791, expérience qu'elle décrivit comme oppressante malgré son prestige apparent.
C'est à Mickleham que Frances rencontra l'émigré français Alexandre d'Arblay. Le couple s'installa ensuite à Great Bookham, où Frances écrivit Camilla et construisit sa maison familiale avec les revenus du roman.
Frances Burney y vécut de 1801 à 1812 avec son mari réintégré dans l'armée napoléonienne. C'est à Paris qu'elle subit en 1811 une mastectomie dont elle laissa un témoignage écrit saisissant.
En 1815, Frances Burney se trouve à Bruxelles lors de la campagne de Waterloo. Ses lettres témoignent de la panique et du chaos vécus dans la ville pendant ces journées décisives pour l'Europe.






