Empereur du Saint-Empire romain germanique de 1155 à 1190, figure majeure de la dynastie des Hohenstaufen. Il chercha à restaurer l'autorité impériale en Italie face aux communes lombardes et à la papauté, et mourut noyé lors de la troisième croisade.
Frédéric Barberousse(1122 — 1190)
Frédéric Barberousse
Saint-Empire romain germanique
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Questions fréquentes
Faits marquants
- Élu roi des Romains (roi de Germanie) en 1152
- Couronné empereur du Saint-Empire romain germanique par le pape en 1155
- Défaite face à la Ligue lombarde à la bataille de Legnano en 1176
- Paix de Constance reconnaissant l'autonomie des communes lombardes en 1183
- Mort noyé dans le fleuve Saleph (Asie Mineure) lors de la troisième croisade en 1190
Œuvres & réalisations
Frédéric ajoute l'adjectif « saint » à l'Empire, affirmant que sa dignité vient directement de Dieu, sans dépendre de la consécration du pape.
Codification des droits régaliens de l'empereur en Italie, avec l'aide des juristes de Bologne ; tentative de fonder l'autorité impériale sur le droit romain.
Le rasement de Milan illustre sa volonté de mater les communes ; il échouera finalement à les soumettre durablement.
Fin du schisme et réconciliation avec la papauté après des années de soutien à des antipapes, restaurant la paix religieuse de l'Empire.
Compromis reconnaissant l'autonomie des cités lombardes tout en maintenant la souveraineté formelle de l'empereur : modèle d'équilibre politique.
Mariage de son fils Henri avec Constance de Sicile, qui prépare l'union du Saint-Empire et du royaume normand de Sicile sous ses descendants.
Frédéric lève et conduit la plus grande armée croisée d'Occident vers la Terre sainte, par voie terrestre à travers les Balkans et l'Anatolie.
Anecdotes
Son surnom « Barberousse » (Barbarossa en italien) lui fut donné par les habitants des cités italiennes à cause de sa barbe rousse flamboyante. En Allemagne, on le surnommait plutôt « Rotbart », qui signifie la même chose. Le surnom italien est resté parce que c'est en Italie qu'il mena ses campagnes les plus marquantes.
En 1176, à la bataille de Legnano, l'armée des chevaliers de Frédéric fut écrasée par les milices à pied de la Ligue lombarde. On crut un moment l'empereur mort sur le champ de bataille : il réapparut plusieurs jours plus tard à Pavie, à la stupeur générale. Cette défaite l'obligea à reconnaître l'autonomie des communes italiennes.
En 1190, lors de la troisième croisade, Frédéric se noya en traversant le fleuve Saleph (l'actuel Göksu, en Turquie), peut-être victime d'une crise cardiaque dans l'eau glacée. Sa mort soudaine désorganisa l'immense armée allemande, dont la plupart rebroussa chemin sans atteindre Jérusalem.
Une légende allemande raconte que Barberousse ne serait pas vraiment mort, mais endormi dans une grotte de la montagne du Kyffhäuser, sa barbe rousse poussant à travers la table de pierre. Le jour où les corbeaux cesseront de tourner autour de la montagne, il se réveillerait pour rendre sa grandeur à l'Allemagne.
En 1155, pour se faire couronner empereur à Rome, Frédéric refusa d'abord de tenir l'étrier du cheval du pape Adrien IV, un geste symbolique de soumission. Le pape repoussa alors le baiser de paix. Après deux jours de tensions, Frédéric finit par céder et accomplir le rite, montrant à quel point chaque geste protocolaire était un enjeu de pouvoir.
Sources primaires
Notre prince Frédéric, par la grâce de Dieu auguste empereur des Romains, est de la lignée des Henri par sa mère et des Welf par son père ; en lui ces deux familles longtemps rivales se trouvent réconciliées.
Sont reconnus comme droits régaliens appartenant à l'empereur : les voies publiques, les fleuves navigables, les ports, les péages, les monnaies, ainsi que les revenus tirés des cités et des forteresses.
Nous accordons à vous, cités de la Ligue lombarde, les régales et les coutumes que vous avez exercées, tant à l'intérieur des villes qu'au-dehors ; vous élirez vos consuls, sauf le serment de fidélité dû à l'Empire.
Sachez que, par la faveur divine et le consentement unanime des princes, nous avons été élevé au sommet du royaume, et que nous nous appliquons à rétablir l'honneur de l'Empire dans son antique dignité.
Lieux clés
Région du sud-ouest de l'Allemagne, berceau de la dynastie des Hohenstaufen dont Frédéric était duc avant de devenir empereur. Le cri de guerre « Waiblingen » donna le nom italien des partisans de l'empereur, les gibelins.
Capitale de la chrétienté où Frédéric fut couronné empereur par le pape Adrien IV en 1155. La ville fut le théâtre récurrent de ses conflits avec la papauté et la commune romaine.
Plus puissante des communes lombardes, rivale acharnée de l'empereur. Frédéric la fit assiéger et raser en 1162 avant qu'elle ne se relève et ne mène la résistance de la Ligue lombarde.
Ville de Lombardie où, en 1176, la cavalerie impériale fut vaincue par l'infanterie communale. Cette bataille marqua l'échec de la politique italienne de Frédéric.
Rivière d'Asie Mineure, dans l'actuelle Turquie, où Frédéric se noya en 1190 pendant la troisième croisade. Sa mort y brisa l'élan de la grande armée allemande.
Grande cathédrale romane, nécropole des empereurs saliens et lieu lié à la mémoire impériale germanique. Elle incarne le prestige du Saint-Empire que Frédéric voulut restaurer.
Objets typiques

Couronne octogonale en or sertie de pierres et de plaques d'émail, symbole suprême de la dignité impériale chrétienne. Frédéric en fit l'emblème de la « sainteté » de l'Empire qu'il proclama Sacrum Imperium.

Longue épée droite à double tranchant, arme et insigne du chevalier adoubé. Pour un empereur guerrier comme Frédéric, elle symbolisait aussi le « glaive » du pouvoir temporel confié par Dieu.

Armure souple faite de milliers d'anneaux de fer entrelacés, couvrant le torse et les bras du chevalier. C'était la protection standard des combattants nobles lors des croisades et des campagnes italiennes.

Matrice de métal servant à imprimer dans la cire l'image de l'empereur trônant, qui authentifiait chaque acte officiel (diplôme, charte). Sans lui, un document n'avait aucune valeur légale.

Étendard portant l'aigle, emblème hérité de l'Empire romain et rallié par les troupes au combat. Sur le champ de bataille de Legnano, c'est autour de l'étendard impérial (le carroccio adverse) que se concentra la lutte.

Document de parchemin rédigé en latin par la chancellerie impériale, accordant droits, privilèges ou possessions. Les diplômes de Roncaglia codifièrent les droits régaliens revendiqués par Frédéric.
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Vocabulaire clé
Vie quotidienne
Matin
L'empereur commence sa journée par la messe dans la chapelle de son palais ou de son campement, car le pouvoir impérial se veut sacré. Vient ensuite le conseil avec ses princes et ses chanceliers pour examiner les affaires de l'Empire, lire les lettres et dicter des réponses en latin.
Après-midi
L'après-midi est consacré à gouverner : recevoir les ambassadeurs des villes ou du pape, rendre la justice, sceller des chartes. En campagne, Frédéric passe en revue ses chevaliers, inspecte les machines de siège et planifie les marches de son armée.
Soir
Le soir, l'empereur tient banquet dans la grande salle, entouré de sa cour, où l'on chante les exploits guerriers et où jongleurs et ménestrels animent la table. C'est aussi le moment des discussions politiques informelles et de la distribution des faveurs aux vassaux fidèles.
Alimentation
La table impériale est abondante : viandes rôties (sanglier, cerf, volaille), poissons les jours maigres, pain blanc et vins d'Allemagne et d'Italie. Les épices coûteuses comme le poivre et la cannelle, signe de richesse, relèvent les plats lors des grandes fêtes.
Vêtements
Frédéric porte des tuniques de soie et de laine fine, un manteau bordé de fourrure et, lors des cérémonies, les ornements impériaux : couronne, sceptre et globe. En campagne, il revêt le haubert de mailles, le heaume et la surcotte aux armes de l'Empire.
Habitat
L'empereur n'a pas de capitale fixe : il gouverne en se déplaçant de palais en palais (les Pfalzen) à travers l'Empire. Ces résidences fortifiées, comme celles de Kaiserslautern ou Hagenau, abritent la cour itinérante ; en guerre, il vit sous de vastes tentes de campagne.
Frise contextuelle
Vocabulaire d'époque
Liens externes & ressources
Références
Œuvres
Proclamation du Sacrum Imperium (Saint-Empire)
vers 1157
Constitutions de Roncaglia
1158
Destruction puis reconstruction de l'ordre lombard
1162
Paix de Venise avec le pape Alexandre III
1177
Paix de Constance
1183
Politique matrimoniale Hohenstaufen-Sicile
1186
Organisation de la troisième croisade
1189





