Frédéric Chopin(1810 — 1849)

Frédéric Chopin

duché de Varsovie, royaume du Congrès, Empire russe, France

8 min de lecture

MusiqueCompositeur/triceMusicien(ne)XIXe sièclePoète du piano, génie du romantisme musical

compositeur et pianiste franco-polonais

Questions fréquentes

Frédéric Chopin (1810-1849) est un compositeur et pianiste d'origine polonaise, figure majeure du romantisme musical. Ce qu'il faut retenir, c'est qu'il a presque exclusivement composé pour le piano, renouvelant profondément son langage. Sa musique mêle une virtuosité délicate à une expressivité intense, mêlant nostalgie de sa patrie et influences des salons parisiens. Il est surnommé le poète du piano pour la qualité lyrique et intime de ses œuvres.

Faits marquants

  • Né en 1810 dans le duché de Varsovie, Frédéric Chopin est considéré comme un enfant prodige : il donne ses premiers concerts publics dès l'âge de 8 ans.
  • En 1830, il quitte définitivement la Pologne pour Paris, où il s'installe et devient l'un des pianistes et compositeurs les plus célèbres des salons romantiques.
  • Il compose exclusivement ou presque pour le piano seul : préludes, nocturnes, mazurkas, polonaises et études, qui renouvellent profondément le répertoire pianistique.
  • Sa relation avec l'écrivaine George Sand, de 1838 à 1847, marque durablement sa vie personnelle et créatrice ; ils séjournent notamment à Majorque en 1838-1839.
  • Mort de la tuberculose à Paris en 1849, à l'âge de 39 ans, il est enterré au cimetière du Père-Lachaise, mais son cœur est rapporté en Pologne selon sa volonté.

Œuvres & réalisations

24 Préludes, op. 28 (1839)

Recueil de vingt-quatre pièces brèves, une dans chaque tonalité majeure et mineure. Considérés comme un sommet de la musique pour piano, ils synthétisent toute la palette expressive de Chopin.

Ballade n°1 en sol mineur, op. 23 (1835)

Première des quatre ballades pour piano, inspirée de la poésie épique polonaise d'Adam Mickiewicz. C'est l'une des œuvres les plus dramatiques et les plus célèbres du répertoire romantique.

Nocturnes (op. 9, 15, 27, 32, 37, 48, 55, 62) (1830–1846)

Une vingtaine de pièces nocturnes, rêveuses et mélancoliques, qui ont défini un genre musical. Chopin y développe un lyrisme pianistique unique, d'une expressivité incomparable.

Polonaises (op. 26, 40, 44, 53…) (1836–1846)

Danses d'inspiration patriotique polonaise, tantôt héroïques, tantôt mélancoliques. La Polonaise op. 53 en la bémol majeur est surnommée « Héroïque » et incarne la résistance de l'âme polonaise.

Mazurkas (op. 6, 7, 17, 24…) (1830–1849)

Plus de cinquante pièces inspirées des danses populaires polonaises. Elles constituent le journal intime de Chopin, empreint de nostalgie pour sa patrie perdue.

Sonate pour piano n°2 en si bémol mineur, op. 35 (1839)

Cette sonate contient la célèbre Marche funèbre, l'une des mélodies les plus connues au monde. Elle fut jouée lors des funérailles de Chopin lui-même.

Anecdotes

Chopin n'a donné qu'une trentaine de concerts publics en toute sa carrière, préférant jouer dans les salons parisiens devant de petites assemblées triées sur le volet. Il souffrait d'une timidité maladive et d'une santé fragile qui lui rendaient les grandes salles insupportables. Pourtant, ses récitals privés éblouissaient les plus grands esprits de l'époque.

Lors de son départ définitif de Pologne en 1830, ses amis lui remirent une urne contenant de la terre de sa patrie. Chopin emporta ce précieux récipient partout avec lui jusqu'à sa mort, et la terre polonaise fut répandue sur sa tombe à Paris, selon ses dernières volontés.

Chopin avait une relation tumultueuse et passionnée avec l'écrivaine George Sand, qui s'habillait en homme et fumait le cigare — une provocation pour l'époque. Ils vécurent ensemble près de neuf ans, et c'est durant les hivers à Majorque et les étés à Nohant, dans le Berry, que Chopin composa certaines de ses œuvres les plus célèbres.

Chopin était un professeur de piano très recherché à Paris, donnant des leçons à la haute société pour assurer ses revenus. Il exigeait de ses élèves une technique irréprochable mais détestait la virtuosité gratuite et le jeu mécanique, insistant toujours sur l'expression musicale et la subtilité du toucher.

À sa mort en 1849, à seulement 39 ans, Chopin demanda que son cœur soit ramené en Pologne après son enterrement à Paris. Sa sœur Ludwika exauça ce vœu : le cœur du compositeur est conservé depuis dans un pilier de l'église Sainte-Croix de Varsovie, symbole éternel de son attachement à sa patrie.

Sources primaires

Lettres de Frédéric Chopin à sa famille (1830)
Je suis décidé à partir, mais quand ? c'est ce que je ne sais pas encore. Ici je ne fais rien, là-bas je ferai peut-être quelque chose.
Lettre de Chopin à Julian Fontana (1838)
Je suis malade comme un chien. Malgré tout, ma Prélude est presque finie. Tu seras content de la Ballade, du Scherzo et des Préludes.
George Sand, Histoire de ma vie (1855)
Il avait une nature exquise, un génie incomparable, et une bonté angélique ; mais sa santé était si délicate, ses nerfs si irritables, qu'il souffrait de tout.
Témoignage de Franz Liszt, Frédéric Chopin (1852)
Son jeu était comme une confidence chuchotée, d'une douceur infinie, mais d'une précision absolue ; chaque note semblait une perle sonore tombant dans le silence.
Carnet de cours de Chopin (notes pédagogiques) (1840)
Le but n'est pas de jouer fort ou vite, mais de jouer avec âme. La main doit s'adapter à la musique, non la musique à la main.

Lieux clés

Żelazowa Wola, Pologne

Lieu de naissance de Chopin en 1810, aujourd'hui transformé en musée. La maison familiale, entourée d'un parc, accueille des concerts en plein air chaque été.

Place Vendôme, Paris (appartement et lieu de mort)

Chopin vécut ses dernières années au 12, place Vendôme, l'un des quartiers les plus élégants de Paris. Il y mourut le 17 octobre 1849.

Nohant, Berry, France

Propriété de George Sand où Chopin séjourna de nombreux étés entre 1839 et 1846. C'est là qu'il composa dans la sérénité la majeure partie de ses grandes œuvres.

Chartreuse de Valldemossa, Majorque

Chopin et George Sand y passèrent l'hiver 1838-1839 dans des conditions difficiles. Chopin y acheva ses 24 Préludes malgré une santé très dégradée.

Cimetière du Père-Lachaise, Paris

Chopin y est enterré, mais son cœur repose à Varsovie selon ses vœux. Sa tombe est l'une des plus visitées du cimetière et toujours fleurie.

Voir aussi