Friedrich Hayek(1899 — 1992)

Friedrich Hayek

Autriche, Royaume-Uni

6 min de lecture

ÉconomiePhilosophiePolitiqueÉconomistePhilosopheXXe siècleXXe siècle, marqué par les deux guerres mondiales, la montée des totalitarismes et l'affrontement idéologique entre économies de marché et planification socialiste.

Économiste et philosophe autrichien, figure majeure du libéralisme classique et de l'école autrichienne d'économie. Prix Nobel d'économie en 1974, il a défendu l'ordre spontané du marché et critiqué la planification centralisée.

Questions fréquentes

Friedrich Hayek (1899-1992) était un économiste et philosophe autrichien, figure majeure du libéralisme classique et de l'école autrichienne d'économie. Ce qu'il faut retenir, c'est qu'il a passé sa vie à défendre l'idée que le marché est un ordre spontané – un système complexe qui émerge des actions individuelles sans planification centrale. Il a critiqué la planification centralisée, qu'il voyait comme une menace pour la liberté, et a reçu le prix Nobel d'économie en 1974 pour ses travaux sur la monnaie et les cycles économiques.

Faits marquants

  • Né en 1899 à Vienne, mort en 1992 à Fribourg-en-Brisgau
  • Publication de 'La Route de la servitude' (The Road to Serfdom) en 1944, critique de la planification étatique
  • Fondateur de la Société du Mont-Pèlerin en 1947, réseau d'intellectuels libéraux
  • Prix Nobel d'économie en 1974 (partagé avec Gunnar Myrdal)
  • Publication de 'La Constitution de la liberté' en 1960

Œuvres & réalisations

Prix et production (Prices and Production) (1931)

Ouvrage sur la théorie autrichienne des cycles économiques qui le fit connaître et le mena à la London School of Economics.

La Route de la servitude (The Road to Serfdom) (1944)

Son livre le plus célèbre, où il avertit que la planification centralisée mène à la perte des libertés. Best-seller mondial.

L'utilisation de la connaissance dans la société (1945)

Article fondateur montrant que le savoir est dispersé entre tous les individus et que le marché coordonne mieux que la planification.

La Constitution de la liberté (The Constitution of Liberty) (1960)

Grande synthèse de sa philosophie politique sur la liberté individuelle et l'État de droit.

Droit, législation et liberté (Law, Legislation and Liberty) (1973-1979)

Trilogie sur l'ordre spontané et les fondements juridiques d'une société libre.

Fondation de la Société du Mont-Pèlerin (1947)

Réseau international de penseurs libéraux qu'il créa pour défendre les idées de liberté pendant la Guerre froide.

Prix Nobel d'économie (1974)

Distinction reçue pour ses travaux sur la monnaie, les cycles économiques et l'analyse des institutions.

Anecdotes

En 1944, Hayek publie « La Route de la servitude », un livre qui devient un best-seller inattendu. Le magazine américain Reader's Digest en publie une version condensée, ce qui le fait connaître de millions de lecteurs et lui vaut une tournée triomphale aux États-Unis.

Jeune homme, Hayek combat sur le front italien pendant la Première Guerre mondiale comme officier d'artillerie de l'armée austro-hongroise. Il y attrape la malaria et frôle la mort, une expérience qui le pousse, à son retour, à étudier l'économie pour comprendre comment éviter de telles catastrophes.

En 1947, Hayek réunit dans un hôtel suisse, près du Mont-Pèlerin, une quarantaine de penseurs libéraux pour défendre les idées de liberté face au socialisme triomphant. Cette « Société du Mont-Pèlerin » existe encore aujourd'hui.

Pendant des décennies, Hayek a mené un débat intellectuel passionné avec l'économiste britannique John Maynard Keynes, son grand rival. Les deux hommes défendaient des visions opposées du rôle de l'État, mais se respectaient et entretenaient des relations cordiales.

En 1974, alors que ses idées étaient passées de mode, Hayek reçoit le prix Nobel d'économie. Cette récompense relance brusquement sa carrière et son influence, au moment même où des dirigeants comme Margaret Thatcher et Ronald Reagan s'apprêtaient à s'inspirer de ses thèses.

Sources primaires

La Route de la servitude (The Road to Serfdom) (1944)
Le pouvoir économique aux mains d'autrui ne signifie pas seulement le pouvoir sur notre subsistance, mais un pouvoir absolu sur toute notre vie.
L'utilisation de la connaissance dans la société (The Use of Knowledge in Society) (1945)
Le problème économique de la société n'est pas simplement de savoir comment allouer des ressources données : c'est un problème d'utilisation d'une connaissance qui n'est donnée à personne dans sa totalité.
Discours de réception du prix Nobel — La prétention du savoir (The Pretence of Knowledge) (1974)
Si l'homme ne veut pas faire plus de mal que de bien dans ses efforts pour améliorer l'ordre social, il devra apprendre que, là comme dans tous les domaines où prévaut la complexité essentielle, il ne pourra pas acquérir la pleine connaissance qui rendrait la maîtrise possible.
La Constitution de la liberté (The Constitution of Liberty) (1960)
La liberté n'est pas seulement un système particulier parmi d'autres, c'est la source et la condition de la plupart des valeurs morales.

Lieux clés

Vienne, Autriche

Ville natale de Hayek et berceau de l'école autrichienne d'économie, où il fit ses études de droit et de sciences politiques.

London School of Economics, Londres

Hayek y enseigna à partir de 1931 et y mena ses débats célèbres avec Keynes sur les cycles économiques et le rôle de l'État.

Université de Chicago, États-Unis

Il y travailla à partir de 1950 au sein du Comité de pensée sociale, dans un milieu intellectuel favorable au libéralisme économique.

Mont-Pèlerin, Suisse

Lieu de la première réunion en 1947 de la société libérale qu'il fonda, près de Montreux au bord du lac Léman.

Fribourg-en-Brisgau, Allemagne

Ville où Hayek enseigna en fin de carrière et où il mourut en 1992.

Voir aussi