Friedrich List(1789 — 1846)
Friedrich List
États-Unis, Royaume du Wurtemberg
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Économiste et publiciste allemand, théoricien du protectionnisme éducateur. Il défendit la protection temporaire des industries naissantes pour permettre aux nations en retard de développement de rattraper l'Angleterre.
Questions fréquentes
Faits marquants
- Né en 1789 à Reutlingen (Wurtemberg) et mort en 1846 à Kufstein
- Publie en 1841 son œuvre majeure, le Système national d'économie politique
- Développe la théorie du protectionnisme éducateur (protection temporaire des industries naissantes)
- Partisan de l'union douanière allemande (Zollverein) et du développement des chemins de fer
- Émigre aux États-Unis dans les années 1820 où il affine ses idées protectionnistes
Œuvres & réalisations
Son chef-d'œuvre, fondement de la pensée protectionniste et de l'économie nationale ; il y oppose l'intérêt des nations à l'« école » libre-échangiste de Smith.
Série de lettres rédigées aux États-Unis défendant la protection des industries naissantes face à l'Angleterre.
Mémoire rédigé en France, première formulation systématique de ses idées, esquisse de son grand ouvrage de 1841.
Idée centrale selon laquelle un État doit protéger temporairement ses industries jeunes pour leur permettre de mûrir avant la concurrence internationale.
Projets et campagnes en faveur d'un réseau de chemins de fer unifié, vu comme outil d'unité économique et nationale de l'Allemagne.
Combat précoce contre les barrières douanières internes allemandes, anticipant l'union douanière de 1834.
Anecdotes
Friedrich List fut élu député au parlement du Wurtemberg, mais ses idées réformatrices déplurent tant qu'il fut condamné en 1822 à dix mois de forteresse pour agitation. Il préféra l'exil et finit par émigrer aux États-Unis en 1825.
En Amérique, List ne se contenta pas de théoriser : il devint exploitant de mines de charbon en Pennsylvanie et participa à la construction d'une petite ligne de chemin de fer. C'est là qu'il observa concrètement comment un pays jeune protégeait ses industries pour rattraper l'Angleterre.
List aimait comparer les nations à des enfants : un pays industriellement « mineur » avait besoin d'être temporairement protégé, comme on protège un enfant, avant d'affronter seul la concurrence des adultes. C'est l'image du « protectionnisme éducateur ».
Passionné de chemins de fer, List milita ardemment pour un réseau ferroviaire allemand unifié dès les années 1830, voyant dans le rail un outil d'unité nationale autant qu'économique. Il publia même des projets de lignes reliant les villes allemandes.
Ruiné, malade et désespéré, List mit fin à ses jours en novembre 1846 à Kufstein, dans le Tyrol, sous la neige. Sa reconnaissance vint surtout après sa mort, quand l'Allemagne unifiée s'inspira de ses idées de marché national.
Sources primaires
Le pouvoir de produire des richesses est donc infiniment plus important que la richesse elle-même.
Une nation qui sacrifie l'industrie au commerce libre, quand ses manufactures ne sont pas encore mûres, sacrifie son avenir à son présent.
Le système qui convient à l'Angleterre, déjà parvenue à la suprématie manufacturière, ne saurait convenir aux nations qui aspirent encore à l'industrie.
Lieux clés
Ville du Wurtemberg où Friedrich List naquit en 1789, fils d'un tanneur.
Université où List fut nommé professeur d'administration et de politique en 1817, avant que ses idées ne lui valent des ennuis.
Région où List, émigré, exploita des mines de charbon et observa le protectionnisme américain dans les années 1820.
List y séjourna et y rédigea en 1837 un mémoire d'économie politique pour l'Académie des sciences morales et politiques.
Ville autrichienne où List, ruiné et malade, mit fin à ses jours en novembre 1846.






