Général français engagé dans les guerres révolutionnaires puis napoléoniennes, il se distingue à Zurich, Wagram et en Espagne. Élevé à la dignité de maréchal de France en 1823 après la campagne d'Espagne sous la Restauration.
Gabriel Molitor(1770 — 1849)
Gabriel Jean Joseph Molitor
France
9 min de lecture
Questions fréquentes
Faits marquants
- 1791 : s'engage comme volontaire dans les armées de la Révolution
- 1799 : se distingue à la bataille de Zurich sous Masséna
- 1809 : participe à la bataille de Wagram
- 1823 : commande un corps d'armée lors de l'intervention française en Espagne (Cent Mille Fils de Saint Louis)
- 1823 : élevé à la dignité de maréchal de France par Charles X
Œuvres & réalisations
Pendant plusieurs jours, Molitor tint la position de Zurich contre les forces russes supérieures en nombre, permettant à Masséna de préparer la manœuvre victorieuse décisive. Cet exploit militaire est considéré comme le fait d'armes fondateur de sa réputation de général solide et fiable.
À la tête de sa division d'infanterie lors de la bataille décisive de Wagram, Molitor contribua à la victoire française sur l'armée autrichienne de l'archiduc Charles. Napoléon salua personnellement sa conduite dans les bulletins officiels de la Grande Armée.
Molitor commanda l'un des quatre corps de l'armée des Pyrénées lors de l'intervention française en Espagne sous la Restauration. Sa colonne pénétra en Catalogne et obtint la capitulation des forces constitutionnelles espagnoles, lui valant le maréchalat de France.
Après son élévation au maréchalat, Molitor siégea à la Chambre des pairs et exerça diverses fonctions de commandement sous la Restauration et la monarchie de Juillet. Sa carrière tardive illustre la capacité des anciens soldats de la Révolution et de l'Empire à s'intégrer dans la France post-napoléonienne.
Anecdotes
Lors de la deuxième bataille de Zurich en septembre 1799, Molitor reçut l'ordre de défendre la tête de pont de la ville avec une poignée d'hommes face aux troupes russes du maréchal Souvorov. Pendant plusieurs jours, il résista à des assauts répétés, tenant sa position jusqu'à l'arrivée de Masséna qui remporta une victoire décisive sur les coalisés. Cet épisode fit de Molitor l'un des héros de la campagne de Suisse et lança définitivement sa carrière.
Lors de la bataille de Wagram en juillet 1809, Molitor commandait une division d'infanterie et dut faire face à de violentes contre-attaques autrichiennes sous un feu d'artillerie meurtrier. Son sang-froid et sa fermeté impressionnèrent ses supérieurs au point que Napoléon lui accorda des éloges dans les bulletins de la Grande Armée. C'est ce type d'endurance au combat qui forgea sa réputation de général solide sur lequel on pouvait compter dans les moments les plus difficiles.
En 1823, Molitor commanda l'une des quatre colonnes de l'armée des Pyrénées lors de l'intervention française en Espagne, destinée à rétablir Ferdinand VII sur son trône constitutionnel. Sa colonne franchit les Pyrénées, balaya les troupes espagnoles en Catalogne et contribua à la chute rapide du régime libéral de Madrid. En récompense de ce succès, Louis XVIII lui décerna le bâton de maréchal de France en septembre 1823, couronnant ainsi une carrière militaire de plus de trente ans.
Issu d'une famille modeste de Lorraine, Molitor gravit tous les échelons de la hiérarchie militaire par le seul mérite, passant de simple soldat à maréchal de France en un demi-siècle. Son itinéraire illustre parfaitement la méritocratie militaire née de la Révolution, où la valeur au combat primait sur la noblesse de naissance. Il incarne cette génération de soldats sortis du rang que les guerres révolutionnaires propulsèrent aux plus hautes dignités de l'État.
Sources primaires
Nous avons tenu nos positions pendant cinq jours contre des forces très supérieures en nombre, repoussant chaque attaque avec la dernière énergie. Les soldats ont fait des prodiges de valeur et méritent les plus grands éloges de la République.
Le Roi, voulant donner au lieutenant-général comte Molitor un témoignage éclatant de sa satisfaction pour les services éminents qu'il a rendus à la tête de son corps d'armée en Espagne, l'a nommé maréchal de France par ordonnance du 19 septembre 1823.
La division Molitor s'est distinguée par la fermeté de sa résistance et l'énergie de ses attaques ; le général a montré dans cette journée toutes les qualités qui caractérisent un grand chef militaire.
Je dois une mention toute particulière au général Molitor, dont la résistance opiniâtre à la tête de pont de Zurich a rendu possible la manœuvre qui a décidé de la journée en notre faveur.
Lieux clés
Ville de Lorraine où Gabriel Molitor naquit le 26 novembre 1770. Cette région frontalière, historiquement disputée entre la France et l'Empire germanique, façonna le caractère combatif et tenace du futur maréchal.
Théâtre du fait d'armes fondateur de la réputation de Molitor : en septembre 1799, il défendit la tête de pont de la ville pendant plusieurs jours contre les forces russes du maréchal Souvorov, permettant à Masséna de remporter une victoire décisive.
Sur les plaines de Wagram, en juillet 1809, Molitor commanda une division lors de l'une des plus grandes batailles de l'ère napoléonienne. Sa tenue sous le feu lui valut les éloges personnels de Napoléon dans les bulletins de la Grande Armée.
En 1823, Molitor franchit les Pyrénées à la tête d'un corps d'armée pour rétablir Ferdinand VII sur le trône d'Espagne. Sa campagne rapide en Catalogne contre les forces constitutionnelles lui valut le bâton de maréchal de France.
Capitale où Molitor résida en fin de carrière, exerça diverses fonctions officielles sous la Restauration et s'éteignit le 28 janvier 1849. Il fut inhumé au cimetière du Père-Lachaise, panthéon des gloires de la France.
Objets typiques

Insigne suprême de la dignité militaire française, le bâton de maréchal fut remis à Molitor en 1823. Recouvert de velours bleu semé d'étoiles d'or, il symbolisait la récompense d'une carrière entière au service de la France.

Arme portée par Molitor tout au long de ses campagnes, le sabre à lame légèrement courbe était le symbole visible de l'autorité du général sur le champ de bataille et lors des revues de troupes.

Outil indispensable du général napoléonien, la longue-vue permettait à Molitor d'observer les mouvements ennemis depuis son poste de commandement. C'est avec cet instrument qu'il dirigeait ses divisions lors des grandes batailles comme Zurich ou Wagram.

L'habit bleu à épaulettes dorées et le bicorne à plumet blanc caractéristiques des généraux de l'Empire donnaient à Molitor une silhouette reconnaissable au milieu du chaos de la bataille et renforçaient son autorité visuelle sur ses troupes.

Les cartes topographiques étaient l'outil de travail quotidien du général Molitor pour préparer ses opérations et choisir ses itinéraires. L'école cartographique napoléonienne avait considérablement amélioré la précision de ces représentations du terrain.

Créée par Napoléon en 1802, la Légion d'honneur récompensait les services civils et militaires rendus à la nation. Molitor, élevé aux grades les plus hauts de cet ordre, portait la plaque étoilée lors des cérémonies officielles sous l'Empire et la Restauration.
Programmes scolaires
Vocabulaire & tags
Vocabulaire clé
Vie quotidienne
Matin
Lors des campagnes, Molitor se levait avant l'aube pour recevoir les rapports de ses officiers d'état-major et examiner les cartes avec eux avant tout mouvement. Il inspectait personnellement les avant-postes, vérifiait l'état de ses troupes et donnait ses ordres pour la journée. Ces matinées studieuses, souvent dans le froid du bivouac, étaient essentielles à la préparation tactique de ses opérations.
Après-midi
L'après-midi était consacré aux opérations militaires proprement dites : déplacements de colonnes, reconnaissance du terrain, engagement ou poursuite de l'ennemi. Depuis un point surélevé, longue-vue en main, Molitor observait le déroulement de la bataille et transmettait ses ordres par estafettes à cheval. En dehors des combats, il recevait les rapports de ses généraux de brigade et planifiait les mouvements du lendemain.
Soir
Le soir au bivouac, Molitor réunissait son état-major pour faire le bilan de la journée et arrêter les dispositions du lendemain. Il rédigeait ou dictait ses rapports à ses supérieurs et sa correspondance officielle à la lueur d'une lanterne. Ces soirées se terminaient tôt, car l'aube militaire recommençait toujours avant le lever du soleil.
Alimentation
Au camp, le général partageait souvent la condition de ses soldats : soupe de légumes, pain de campagne, viande salée ou boucanée. Lors des étapes en ville, il bénéficiait des ressources locales réquisitionnées, avec du vin, de la viande fraîche et du pain blanc. La table d'un général napoléonien oscillait constamment entre l'austérité du bivouac et l'abondance des villes traversées.
Vêtements
En campagne, Molitor portait l'habit bleu de général de division orné d'épaulettes à franges dorées et de broderies réglementaires, complété par les bottes à l'écuyère et le bicorne à plumet. Après 1823, l'uniforme de maréchal de France, encore plus chargé d'insignes et de broderies, fut réservé aux grandes cérémonies de la Restauration et de la monarchie de Juillet. Ces tenues coûteuses représentaient un investissement considérable pour les officiers généraux.
Habitat
Sur le terrain, Molitor logeait dans une tente de commandement dressée au plus près de ses troupes, ou dans une maison réquisitionnée transformée en quartier général. Lors des campagnes de longue durée comme en Espagne, il occupait les demeures des notables locaux, adaptées aux besoins du commandement. De retour à Paris en fin de carrière, il résidait dans un hôtel particulier correspondant à son rang de maréchal et de pair de France.
Frise contextuelle
Vocabulaire d'époque
Liens externes & ressources
Références
Œuvres
Défense de la tête de pont de Zurich
Septembre 1799
Commandement d'une division à la bataille de Wagram
5-6 juillet 1809
Campagne d'Espagne — Corps de Catalogne
Avril-septembre 1823
Pair de France et gouvernorat militaire
1823-1849






