Gabriel Péri(1902 — 1941)

Gabriel Péri

France

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PolitiqueSociétéJournalistePolitiqueRésistant(e)XXe siècleEntre-deux-guerres et Seconde Guerre mondiale

Journaliste et député communiste français, Gabriel Péri s'oppose avec véhémence au nazisme et au fascisme dans les années 1930. Arrêté par la Gestapo en mai 1941, il est fusillé au Mont-Valérien le 15 décembre 1941, devenant l'un des martyrs emblématiques de la Résistance française.

Questions fréquentes

Gabriel Péri (1902-1941) était un journaliste et député communiste français, l'une des voix les plus lucides contre le nazisme et le fascisme dans les années 1930. Ce qui le rend singulier, c'est qu'il a su conjuguer deux formes d'engagement : une plume acérée à L'Humanité pour alerter l'opinion, et un mandat parlementaire pour dénoncer les accords de Munich ou voter contre les pleins pouvoirs à Pétain le 10 juillet 1940. Moins un théoricien qu'un homme d'action, il devient un martyr de la Résistance après avoir été fusillé au Mont-Valérien le 15 décembre 1941. Ce qu'il faut retenir, c'est que son parcours illustre la figure du « résistant de la première heure ».

Citations célèbres

« Mes dernières pensées seront pour la France et pour vous… Je crois que nous préparons de belles lendemains.»

Faits marquants

  • Né le 9 février 1902 à Toulon, fils d'un militant socialiste
  • Rédacteur en chef de la rubrique politique étrangère de L'Humanité dans les années 1930
  • Élu député communiste de Seine-et-Oise en 1932 et réélu en 1936
  • Arrêté par la Gestapo le 18 mai 1941 après l'entrée en clandestinité
  • Fusillé au Mont-Valérien le 15 décembre 1941, il devient un symbole de la Résistance communiste

Œuvres & réalisations

Chroniques des affaires étrangères dans L'Humanité (1924-1939) (1924-1939)

Des centaines d'articles analysant la montée du nazisme, la guerre d'Espagne et les ambitions expansionnistes de l'Axe. Ces textes font de Péri l'un des journalistes français les plus engagés contre le fascisme avant la guerre.

Les Soviets en 1928 (1928)

Ouvrage de reportage rédigé après un voyage en URSS, dans lequel Péri présente la société soviétique au lecteur français. Il reflète l'enthousiasme des intellectuels communistes de l'époque envers le « pays du socialisme ».

Discours parlementaires contre les accords de Munich (octobre 1938)

Péri est l'un des rares parlementaires à dénoncer publiquement la capitulation de Daladier face à Hitler. Ses interventions prévoient avec lucidité que l'abandon de la Tchécoslovaquie ne fera qu'encourager l'agresseur.

Lettre testamentaire avant l'exécution (14 décembre 1941)

Document historique dans lequel Péri exprime ses convictions, son amour de la France et sa certitude d'un avenir meilleur. Transmise clandestinement, cette lettre est devenue l'un des textes fondateurs de la mémoire résistante communiste.

Anecdotes

La nuit précédant son exécution, le 14 décembre 1941, Gabriel Péri écrit une dernière lettre à ses camarades. Il y déclare mourir pour que « vive la France » et exprime sa certitude que les idéaux pour lesquels il combat triompheront. Cette lettre, devenue un texte emblématique de la Résistance, est encore lue dans les cérémonies commémoratives.

Lors du vote du 10 juillet 1940 à Vichy, Gabriel Péri fait partie des 80 parlementaires qui refusent d'accorder les pleins pouvoirs au maréchal Pétain. Ce vote courageux, alors que la grande majorité des députés capitule, illustre son opposition absolue à toute forme de régime autoritaire, quelques mois seulement avant son arrestation.

Responsable des affaires étrangères au journal L'Humanité depuis les années 1930, Gabriel Péri est l'un des premiers journalistes français à alerter le grand public sur les dangers du nazisme. Ses articles décrivent avec précision les persécutions en Allemagne et la montée des régimes fascistes en Europe, à une époque où beaucoup préfèrent encore croire à la paix.

Arrêté par la Gestapo le 18 mai 1941 à Paris, Gabriel Péri est emprisonné à la prison de la Santé puis au fort de Romainville. Durant sa détention, il refuse de donner des informations sur ses camarades résistants malgré les pressions, témoignant d'un courage qui impressionne jusqu'à ses geôliers. Il est fusillé au Mont-Valérien avec d'autres résistants le 15 décembre 1941.

Fils d'un modeste employé des postes de Toulon, Gabriel Péri milite dès l'adolescence au sein des Jeunesses communistes. Brillant élève, il aurait pu poursuivre des études supérieures, mais choisit le journalisme et l'engagement politique pour défendre les classes populaires. Ce parcours, des quais de Toulon aux colonnes de L'Humanité, illustre la trajectoire d'un militant issu du peuple.

Sources primaires

Lettre de Gabriel Péri avant son exécution (14 décembre 1941)
Je vais mourir pour la France. Mes camarades de combat sauront que je suis tombé fidèle à mes idéaux communistes et à ma patrie. Je fais confiance à la France pour l'avenir, pour des lendemains qui chantent.
Article de Gabriel Péri dans L'Humanité : « Le IIIe Reich et ses ambitions » (1933)
Hitler ne cache pas ses intentions : il veut la domination de l'Europe. Les démocraties qui ferment les yeux sur les persécutions en Allemagne préparent leur propre malheur.
Discours de Gabriel Péri à la Chambre des députés sur l'Espagne (1936)
La République espagnole est attaquée par des forces que l'Italie fasciste et l'Allemagne nazie soutiennent ouvertement. La non-intervention n'est qu'un mensonge qui prépare la capitulation des démocraties.
Intervention parlementaire de Gabriel Péri contre les accords de Munich (octobre 1938)
Nous abandonnons la Tchécoslovaquie à Hitler. Ceux qui croient avoir acheté la paix en livrant un peuple à l'agresseur se trompent lourdement : ils n'ont acheté que du temps, et au prix de leur honneur.

Lieux clés

Toulon (Var)

Ville natale de Gabriel Péri, née le 9 février 1902. Fils d'un employé modeste, il grandit dans un milieu ouvrier qui forge ses convictions politiques précoces.

Rédaction de L'Humanité, Paris

Gabriel Péri y travaille à partir des années 1920 comme responsable des affaires étrangères. C'est depuis cette salle de rédaction qu'il alerte l'opinion publique française sur les dangers du fascisme européen.

Palais Bourbon, Paris

Siège de la Chambre des députés, où Péri siège comme élu de Seine-et-Oise à partir de 1932. Il y prononce de nombreux discours contre l'Axe fasciste et fait partie des 80 qui votent non à Pétain le 10 juillet 1940.

Fort de Romainville, Les Lilas

Prison militaire transformée en lieu de détention par les Allemands pendant l'Occupation. Gabriel Péri y est incarcéré avant son exécution, aux côtés d'autres résistants et otages.

Mont-Valérien, Suresnes

Site d'exécution principal des résistants et otages fusillés par les Allemands en région parisienne. Gabriel Péri y est fusillé le 15 décembre 1941 ; une clairière commémorative rappelle aujourd'hui le sacrifice de plus de 1 000 victimes.

Voir aussi