Geneviève Fraisse(1948 — ?)
Geneviève Fraisse
France
5 min de lecture
Geneviève Fraisse, née en 1948, est une philosophe et historienne de la pensée féministe française. Directrice de recherche au CNRS, elle a fait de l'égalité des sexes et de la généalogie de l'émancipation des femmes un véritable objet philosophique.
Questions fréquentes
Citations célèbres
« Le service des biens n'est pas le service du bien. »
Faits marquants
- Née le 9 avril 1948 à Paris
- Directrice de recherche au CNRS en philosophie
- Publication de "Muse de la raison. La démocratie exclusive et la différence des sexes" en 1989
- Déléguée interministérielle aux droits des femmes en 1997-1998
- Députée européenne (1999-2004) sur la liste de la Gauche unie
Œuvres & réalisations
L'un de ses premiers livres, qui analyse le travail domestique des femmes comme une question historique et philosophique.
Œuvre majeure montrant que l'exclusion des femmes de la citoyenneté fut une décision délibérée des penseurs de la Révolution.
Essai qui pose la différence des sexes comme un véritable concept philosophique, ni nié ni transformé en destin.
Réflexion sur l'articulation entre pouvoir privé (la famille) et pouvoir public (la Cité) dans la question de l'égalité.
Recueil d'entretiens et de textes retraçant son parcours et la construction de sa pensée féministe.
Exploration du concept de genre, entre catégorie d'analyse et débordement des normes et des images.
Essai consacré aux femmes comme sujets agissants de l'histoire et de la création.
Anecdotes
Geneviève Fraisse aime rappeler qu'elle a longtemps travaillé dans les marges de la philosophie universitaire : ses recherches sur les femmes et l'égalité des sexes étaient jugées peu sérieuses dans les années 1970. Elle a fait de ce mépris un moteur, transformant le féminisme en un objet philosophique à part entière.
En 1989, pour le bicentenaire de la Révolution française, elle publie « Muse de la raison » et démontre que l'exclusion des femmes de la citoyenneté n'était pas un oubli, mais une décision réfléchie des penseurs de l'époque. Le livre change le regard des historiens sur la Révolution.
Entre 1997 et 1998, elle quitte un temps la recherche pour devenir déléguée interministérielle aux droits des femmes, puis conseillère du gouvernement : une philosophe au cœur de l'action politique, ce qui est rare en France.
En 2004, elle est élue députée européenne sur une liste de gauche, prouvant qu'on peut penser l'égalité dans les livres et la défendre dans les assemblées. Elle y siège jusqu'en 2009.
Fraisse insiste sur un point de vocabulaire : elle parle de « démocratie exclusive » pour désigner un régime qui se dit égalitaire tout en écartant la moitié de l'humanité. La formule est devenue célèbre dans les débats sur la parité.
Sources primaires
La démocratie moderne s'est construite sur l'exclusion des femmes : non par oubli, mais comme une condition de son fonctionnement même.
Penser la différence des sexes, c'est refuser à la fois de la nier et d'en faire un destin.
L'égalité des sexes ne se joue pas seulement dans la Cité, mais aussi dans le partage du pouvoir au sein de la famille.
Le genre n'est pas seulement une catégorie d'analyse ; c'est aussi un excès, quelque chose qui déborde les normes et les images.
Lieux clés
Ville de naissance de Geneviève Fraisse en 1948 et centre de sa vie intellectuelle et politique.
Institution où elle est directrice de recherche, menant ses travaux sur l'égalité des sexes et la généalogie du féminisme.
Lieu où elle siège comme députée européenne de 2004 à 2009, portant les questions d'égalité au niveau européen.
Siège du gouvernement où elle exerce ses fonctions de déléguée interministérielle aux droits des femmes à la fin des années 1990.
Lieu de ses recherches sur les archives révolutionnaires et l'histoire de la pensée sur les femmes.






