Georg Henrik von Wright(1916 — 2003)
Georg Henrik von Wright
Finlande, grand-duché de Finlande
8 min de lecture
Philosophe finlandais (1916-2003), successeur de Wittgenstein à Cambridge, fondateur de la logique déontique. Il a contribué de manière décisive à la philosophie analytique, à la philosophie de l'action et à l'éthique formelle.
Questions fréquentes
Citations célèbres
« La logique déontique est la logique des normes et des obligations.»
« Comprendre une action, c'est saisir son intention.»
Faits marquants
- Né le 14 juin 1916 à Helsinki, Finlande
- Succède à Ludwig Wittgenstein à la chaire de philosophie de Cambridge en 1948
- Fonde la logique déontique en 1951 avec son article 'Deontic Logic'
- Publie 'Norm and Action' en 1963, œuvre majeure de philosophie des normes
- Décède le 16 juin 2003 à Helsinki
Œuvres & réalisations
Article publié dans la revue Mind, considéré comme l'acte fondateur de la logique déontique. Von Wright y introduit un calcul formel des normes (obligations, permissions, interdictions), ouvrant un champ entier de la logique et de la philosophie du droit.
Ouvrage qui systématise et compare les principaux systèmes de logique modale. Von Wright y explore les modalités de nécessité et de possibilité, posant des bases formelles qui influenceront durablement logiciens et philosophes.
Œuvre majeure où von Wright développe une théorie logique complète des normes et de l'action humaine. Il distingue soigneusement les différents types de normes et analyse leur structure logique, unissant philosophie morale et formalisme.
Analyse philosophique des différentes significations du concept de 'bien' (bien moral, bien instrumental, bien hédonique, bien médicinal…). Von Wright y montre la richesse et la complexité du vocabulaire éthique.
Von Wright y confronte deux grandes traditions méthodologiques : l'explication causale des sciences naturelles et la compréhension intentionnelle des sciences humaines. Cet ouvrage reste une référence en philosophie des sciences sociales.
Réflexion sur le libre arbitre et le déterminisme à la lumière de la logique et de la philosophie de l'action. Von Wright y articule la causalité, l'intention et la liberté dans une perspective analytique rigoureuse.
Recueil d'essais dans lequel von Wright, en fin de carrière, interroge les limites du progrès scientifique et technique. Il y exprime une vision pessimiste quant à la capacité de la raison instrumentale à guider sagement l'humanité.
Anecdotes
En 1948, Ludwig Wittgenstein, l'un des plus grands philosophes du XXe siècle, choisit personnellement von Wright comme son successeur à la chaire de philosophie de Cambridge. Von Wright n'avait que 32 ans. Ce choix stupéfia le monde académique : Wittgenstein, réputé pour son exigence extrême, ne désignait presque jamais ses pairs à sa propre hauteur.
Von Wright fut l'un des trois exécuteurs littéraires de Wittgenstein après sa mort en 1951. Il consacra des années à déchiffrer, classer et éditer les milliers de feuillets manuscrits laissés par son maître, permettant la publication posthume d'œuvres majeures comme les Recherches philosophiques. Sans lui, une grande partie de la pensée de Wittgenstein serait restée inaccessible.
En 1951, von Wright publia un article de quelques pages intitulé 'Deontic Logic' dans la revue Mind. En introduisant un calcul formel pour raisonner sur les obligations, les permissions et les interdictions, il fonda de toutes pièces un nouveau domaine logique. Ce texte, écrit en quelques semaines, est aujourd'hui l'un des articles philosophiques les plus cités du XXe siècle.
Contrairement à beaucoup de philosophes analytiques de son époque, von Wright s'interrogea dans ses dernières décennies sur les dangers de la rationalité technique et du progrès aveugle. Dans La Vérité et la Connaissance humaine (1993), il avertissait que la civilisation occidentale courait à sa perte si elle ne réconciliait pas raison scientifique et sagesse éthique — une prise de position qui surprit certains de ses collègues.
Von Wright entretenait une amitié profonde et durable avec Wittgenstein, malgré la différence d'âge de 27 ans. Leurs échanges épistolaires et leurs promenades à Cambridge étaient légendaires dans les cercles philosophiques. Après la mort de Wittgenstein, von Wright écrivit sa biographie intellectuelle, restée une référence indispensable pour comprendre l'homme autant que le penseur.
Sources primaires
It is the purpose of this paper to sketch an outline of a logic of norms… We shall use the letter O as a symbol for the operator 'it ought to be the case that', and P for 'it is permitted that'.
The present essay is an attempt to give a systematic account of the most important systems of modal logic and to examine their mutual relations.
Norms are not true or false. They are not descriptions of fact, but prescriptions, evaluations, or expressions of will… A logic of norms is therefore not a logic of truth, but a logic of validity.
There are two main traditions in the methodology of the sciences… One is connected with Galileo… The other tradition is connected with Aristotle… Understanding, in this second sense, is linked with intentionality and teleology.
The Enlightenment idea that science leads mankind to liberation and happiness has been shattered by the experience of the twentieth century. We must ask ourselves whether reason, as the West has practised it, has not become a threat to humanity itself.
Lieux clés
Ville natale et dernière demeure de von Wright. Il y fit ses études, y enseigna toute sa vie à l'université et y mourut en 2003. Helsinki reste le centre de sa vie intellectuelle et personnelle.
C'est à Cambridge que von Wright rencontra Wittgenstein en 1941, puis qu'il lui succéda comme professeur de philosophie en 1948. Il y exerça pendant plusieurs années avant de revenir en Finlande.
Von Wright y fut professeur invité à plusieurs reprises à partir des années 1960, notamment en 1965. Cornell contribua à diffuser ses travaux sur la logique déontique et la philosophie de l'action dans le monde académique américain.
Bien que von Wright n'ait pas appartenu au Cercle de Vienne, il fut profondément influencé par ses idées (positivisme logique, vérificationisme). Vienne représente le creuset intellectuel dont est issue la philosophie analytique qu'il pratiqua toute sa vie.






