Journaliste et militante féministe américaine, Gloria Steinem est l'une des figures emblématiques du mouvement des femmes des années 1960-1970. Cofondatrice du magazine Ms. en 1972, elle a consacré sa vie à défendre l'égalité des sexes et les droits civiques.
Gloria Steinem(1934 — ?)
Gloria Steinem
États-Unis
8 min de lecture
Questions fréquentes
Citations célèbres
« A woman needs a man like a fish needs a bicycle.»
« The truth will set you free, but first it will piss you off.»
Faits marquants
- Née en 1934 à Toledo, Ohio
- Cofonde le magazine Ms. en 1972, premier magazine féministe grand public aux États-Unis
- Participe activement à la campagne pour l'Equal Rights Amendment (ERA) dans les années 1970
- Cofonde la National Women's Political Caucus en 1971 avec Bella Abzug et Betty Friedan
- Publie l'essai Outrageous Acts and Everyday Rebellions en 1983
Œuvres & réalisations
Enquête d'infiltration publiée dans Show Magazine où Steinem se fait embaucher comme serveuse dans un Playboy Club pour dénoncer les conditions de travail des employées. Article fondateur du journalisme d'investigation féministe.
Premier magazine féministe grand public aux États-Unis, cofondé avec Dorothy Pitman Hughes. Steinem en dirige la rédaction pendant des décennies et en fait la tribune incontournable du mouvement des femmes.
Recueil d'essais rassemblant vingt ans de journalisme et de militantisme. Cet ouvrage consolide sa pensée féministe et devient un texte de référence pour le mouvement des femmes à travers le monde.
Essai explorant le lien entre estime de soi et émancipation politique, qui devient un best-seller international. Steinem y soutient que la libération intérieure est le préalable indispensable à la libération collective.
Recueil d'essais critiques sur la culture populaire et les représentations des femmes dans les médias, illustrant la continuité de son engagement journalistique et théorique.
Mémoires retraçant ses décennies de militantisme itinérant à travers les États-Unis. Saluées pour leur style vivant, ces mémoires offrent une plongée dans l'histoire du féminisme américain vue de l'intérieur.
Anecdotes
En 1963, Gloria Steinem se fait embaucher sous couverture comme serveuse 'Bunny' dans un club Playboy de New York. Elle révèle dans son article 'A Bunny's Tale' les salaires dérisoires, le harcèlement et les conditions de travail humiliantes subies par les employées. Cette enquête d'infiltration, pionnière du journalisme gonzo, lui vaut une renommée nationale mais aussi l'étiquette de 'journaliste qui s'est déshabillée pour un article', qu'elle mettra des années à dépasser.
Le 26 août 1970, pour le 50e anniversaire du droit de vote des femmes aux États-Unis, Steinem marche à New York dans la Women's Strike for Equality aux côtés de dizaines de milliers de manifestantes. Ce défilé, organisé notamment par Betty Friedan et Dorothy Height, est l'une des plus grandes manifestations féministes de l'histoire américaine. Steinem y prononce un discours qui la propulse définitivement au rang de porte-parole du mouvement.
Quand elle cofonde le magazine Ms. en 1972 avec Dorothy Pitman Hughes, personne ne croit au succès d'un magazine féministe grand public. Le numéro de lancement, mis en kiosque en janvier 1972, est épuisé en huit jours — 300 000 exemplaires vendus. La rédaction reçoit 26 000 lettres de lectrices en quelques semaines, preuve qu'un immense public attendait cette tribune.
Connue pour son style élégant et ses longues lunettes rondes, Steinem a longtemps souffert d'être réduite à son apparence physique dans les médias masculins. Un journaliste ayant écrit qu'elle 'ne ressemblait pas à une féministe', elle répliqua : 'Voilà maintenant à quoi ressemble une féministe.' Cette phrase est devenue un slogan repris par des générations de militantes.
En 2013, Barack Obama lui remet la Presidential Medal of Freedom, la plus haute distinction civile américaine. À 79 ans, Steinem reste une militante active : elle participe à la Women's March à Washington le 21 janvier 2017, au lendemain de l'investiture de Donald Trump, devant une foule estimée à 500 000 personnes.
Sources primaires
The Playboy Club is not a restaurant. It is not a nightclub. It is a massive and lush tribute to all-male supremacy... The Bunnies are supposed to be sexy, and to inspire that feeling in the patrons, but they are not supposed to feel sexy themselves.
Women's liberation is finally being taken seriously... The women's movement is not just a white middle-class phenomenon; it speaks to the lives of all women, of every class and race.
Wonder Woman for President... We need to take her seriously again because the current female image is a backlash against women's power, an attempt to make us believe we are less than we are.
I have met brave women who are exploring the outer edge of human possibility, with no real role models to follow out there in the frontier... and courage is often just stubbornness in disguise.
This is no simple reform. It really is a revolution. Sex and race, because they are easy visible differences, have been the primary ways of organizing human beings into superior and inferior groups.
Lieux clés
Ville natale de Gloria Steinem, née le 25 mars 1934. Son enfance marquée par la pauvreté et un père semi-nomade vendant des antiquités lui forge très tôt un sens profond de l'indépendance.
Université féminine prestigieuse où Steinem obtient son diplôme en sciences politiques en 1956, magna cum laude. C'est là qu'elle aiguise ses convictions intellectuelles et politiques.
Capitale de sa carrière journalistique et militante : c'est à New York qu'elle travaille pour New York Magazine, cofonde Ms. Magazine et anime le mouvement féministe de deuxième vague.
Théâtre de ses grands combats politiques : la Women's Strike for Equality, les auditions pour l'Equal Rights Amendment, et la Women's March de 2017 où elle prend la parole devant 500 000 personnes.
Après son diplôme, Steinem passe deux ans en Inde (1957-1959) grâce à une bourse Chester Bowles. Cette expérience la confronte à la pauvreté systémique et aux inégalités de genre à l'échelle mondiale, nourrissant sa vision internationaliste du féminisme.
Objets typiques

Outil quotidien de son travail de reporter pour New York Magazine et Show Magazine, le carnet de notes est l'instrument avec lequel Steinem consigne ses enquêtes de terrain et ses observations militantes.

Créé en 1972, ce magazine cofondé par Steinem devient son instrument principal de militantisme et de diffusion des idées féministes auprès du grand public américain.
📷 Wikimedia · Wikimedia Commons ↗
Sa signature visuelle reconnaissable entre toutes, ces lunettes accompagnent toutes ses prises de parole publiques depuis les années 1960 et sont devenues un symbole de son identité militante.

Lors de la Women's Strike for Equality (1970) et des nombreuses marches auxquelles elle participe, la pancarte peinte à la main est l'outil collectif par excellence de la mobilisation féministe de rue.
📷 CC BY-SA 4.0 · Wikimedia Commons ↗
Compagne de voyage des journalistes des années 1960-70, elle permet à Steinem de rédiger ses articles et essais depuis n'importe où aux États-Unis lors de ses tournées militantes.

Steinem distribue régulièrement des copies de ses discours lors de ses interventions dans les universités et les rassemblements féministes, pour que les militantes locales puissent reprendre et diffuser ses arguments.
Programmes scolaires
Vocabulaire & tags
Vocabulaire clé
Tags
Vie quotidienne
Matin
Dans les années 1970, Steinem commence souvent sa journée très tôt, en parcourant les journaux et les courriers de lectrices adressés à Ms. Magazine. Elle rédige éditoriaux et discours à la machine à écrire dans son appartement new-yorkais, souvent en pyjama, avant d'enchaîner sur des appels téléphoniques avec des militantes d'autres États.
Après-midi
Les après-midis sont consacrés aux réunions de rédaction de Ms., aux rendez-vous avec des responsables politiques ou syndicales, et à la préparation de ses nombreuses conférences dans les universités américaines. Steinem voyage constamment en avion ou en voiture pour rejoindre des groupes de consciousness-raising locaux et soutenir des campagnes électorales féministes.
Soir
Les soirées sont rarement de repos : dîners de collecte de fonds pour l'ERA ou le NOW, débats télévisés, lectures publiques, ou réunions stratégiques avec des figures comme Bella Abzug ou Shirley Chisholm. Steinem rentre souvent tard et prépare ses interventions du lendemain avant de dormir.
Alimentation
Pragmatique et souvent en déplacement, Steinem mange simplement : sandwichs et café lors des longues journées de rédaction, dîners partagés avec des militantes dans des appartements d'amis à travers le pays. Elle n'accordait guère d'importance aux repas formels, préférant la convivialité informelle des cercles militants.
Vêtements
Son style est resté constant pendant des décennies : jean, veste structurée, et ses célèbres lunettes rondes. Elle privilégie des tenues pratiques adaptées aux déplacements constants, refusant délibérément les codes vestimentaires féminins 'séducteurs' que la presse lui reprochait parfois d'ignorer.
Habitat
Steinem vit dans un appartement de Manhattan, quartier Upper East Side, qu'elle partage un temps avec des colocataires. Son logement est réputé chaleureux mais modeste, envahi de livres, de dossiers et de correspondances militantes — davantage un bureau de campagne qu'une résidence bourgeoise.
Frise contextuelle
Vocabulaire d'époque
Liens externes & ressources
Références
Œuvres
A Bunny's Tale
1963
Ms. Magazine (cofondation)
1972
Outrageous Acts and Everyday Rebellions
1983
Revolution from Within: A Book of Self-Esteem
1992
Moving Beyond Words
1994
My Life on the Road
2015






