Glycérius fut un empereur romain d'Occident qui régna brièvement de 473 à 474, durant la période d'effondrement de l'Empire. Porté au pouvoir par le général burgonde Gondebaud, il fut déposé par Julius Nepos et contraint de devenir évêque de Salone.
Glycère(430 — 480)
Glycérius
Rome antique
5 min de lecture
Questions fréquentes
Faits marquants
- Proclamé empereur romain d'Occident en mars 473 avec l'appui du général burgonde Gondebaud
- Aurait repoussé une incursion des Wisigoths et détourné une menace ostrogothe durant son règne
- Déposé en 474 par Julius Nepos, soutenu par l'empereur d'Orient Léon Ier
- Contraint d'abandonner le trône pour devenir évêque de Salone en Dalmatie
Œuvres & réalisations
Proclamé Auguste à Ravenne grâce au soutien du général burgonde Gondebaud. Son règne illustre la mainmise des chefs barbares sur le pouvoir romain.
Par la diplomatie et des présents, il dissuada les Ostrogoths de Vidimir d'envahir l'Italie et les orienta vers la Gaule, épargnant la péninsule.
Frappe de solidi et de monnaies de bronze à Ravenne et Milan, seuls témoignages matériels durables de son règne très court.
Devenu évêque de la capitale de la Dalmatie après sa déposition, il poursuivit une seconde carrière dans l'Église.
Selon Jean d'Antioche, il aurait été promu archevêque de Milan en récompense de son rôle dans la mort de Julius Nepos.
Anecdotes
Glycérius ne fut pas choisi par l'empereur romain d'Orient ni par le Sénat, mais imposé par Gondebaud, un chef burgonde devenu maître de la milice. Cela montre à quel point, au Ve siècle, le véritable pouvoir en Occident était passé aux mains des généraux barbares qui faisaient et défaisaient les empereurs.
Quand Julius Nepos débarqua en Italie en 474 pour le renverser, Glycérius n'opposa quasiment aucune résistance : il fut capturé près de Rome, à Portus, et déposé sans combat. Plutôt que de l'exécuter, on le força à devenir évêque de Salone, en Dalmatie.
Devenir évêque était une façon habile de neutraliser un rival : un homme d'Église ne pouvait plus régner ni lever d'armée. Glycérius passa ainsi du trône impérial à la mitre épiscopale, échangeant la pourpre contre la fonction religieuse.
Selon certaines sources tardives, Glycérius aurait pris sa revanche : en 480, c'est peut-être avec sa complicité que Julius Nepos, celui qui l'avait déposé, fut assassiné. Glycérius aurait même été récompensé en obtenant l'archevêché de Milan.
Le règne de Glycérius dura à peine plus d'un an (473-474). Il fait partie de cette longue série d'empereurs éphémères de la fin de l'Empire d'Occident, dont la plupart ne régnèrent que quelques mois avant la chute définitive de Rome en 476.
Sources primaires
Glycérius, devenu empereur à Ravenne plus par usurpation que par élection, fut peu après chassé du pouvoir et ordonné évêque dans la cité de Salone.
Glycérius prit le pouvoir à Ravenne et fut bientôt déposé, puis établi évêque.
Nepos, ayant abordé en Italie, déposa Glycérius sans effusion de sang et le fit ordonner évêque de Salone.
Sous le consulat de Léon, Glycérius fut fait empereur à Ravenne le 3 mars.
Lieux clés
Capitale de l'Empire romain d'Occident depuis 402, protégée par ses marais. C'est là que Glycérius fut proclamé empereur en mars 473.
Grand port à l'embouchure du Tibre, près d'Ostie. Glycérius y fut capturé puis déposé par Julius Nepos en 474.
Grande cité romaine de Dalmatie, capitale de la province. Glycérius y fut envoyé comme évêque après sa déposition.
Ancienne capitale de l'Empire, devenue surtout un symbole religieux et sénatorial au Ve siècle. Glycérius fut emmené à proximité lors de sa chute.
Cité majeure du nord de l'Italie et ancienne résidence impériale. Glycérius en aurait obtenu l'archevêché vers 480 selon certaines sources.
Objets typiques

Bandeau orné de perles et de pierres précieuses ceignant le front de l'empereur. Au Ve siècle, il avait remplacé la simple couronne de laurier comme symbole suprême du pouvoir romain tardif.

Monnaie d'or stable créée par Constantin, frappée au nom de chaque empereur, même éphémère. Des solidi à l'effigie de Glycérius furent émis à Ravenne et à Milan durant son bref règne.

Long manteau de pourpre agrafé à l'épaule, réservé à l'empereur en sa qualité de chef des armées. "Revêtir la pourpre" signifiait accéder au trône.

Insignes de la fonction d'évêque que Glycérius dut endosser après sa déposition. Ces objets symbolisaient son passage forcé du pouvoir temporel à l'autorité spirituelle.

Épée de cavalerie à longue lame adoptée par l'armée romaine tardive sous influence barbare. Elle équipait les soldats burgondes et germaniques sur lesquels reposait le pouvoir de Glycérius.

Livre fait de feuillets reliés, ayant remplacé le rouleau antique. Utilisé pour la correspondance impériale, les édits et surtout les textes chrétiens qu'un évêque devait connaître.
Programmes scolaires
Vocabulaire & tags
Vocabulaire clé
Vie quotidienne
Matin
En tant qu'empereur à Ravenne, Glycérius commençait la journée par la salutatio, l'audience matinale où courtisans, officiers et ambassadeurs venaient le saluer. Il traitait ensuite la correspondance impériale et les requêtes des provinces avec ses secrétaires.
Après-midi
L'après-midi était consacré aux affaires de l'État : recevoir les chefs militaires comme Gondebaud, négocier avec les peuples barbares, et rendre la justice. Le pouvoir réel se jouait souvent dans ces discussions avec les généraux.
Soir
Le soir, des banquets réunissaient l'entourage impérial autour de mets et de vins, occasions de tisser alliances et fidélités. Devenu évêque, ses soirées changèrent radicalement, rythmées par la prière et les offices.
Alimentation
La table impériale tardive offrait pain, viandes, poissons, fruits, fromages et vins importés, parfois épicés. Une fois évêque, Glycérius adopta une nourriture plus sobre, marquée par les jeûnes chrétiens.
Vêtements
Empereur, il portait la pourpre et le diadème serti de perles, vêtements brodés d'or symbolisant son rang. Évêque, il revêtit la tunique et les insignes ecclésiastiques, abandonnant tout signe du pouvoir impérial.
Habitat
À Ravenne, il résidait dans le palais impérial, ensemble somptueux orné de mosaïques et de marbres. À Salone, il logeait dans la résidence épiscopale, près des basiliques chrétiennes de la cité.
Frise contextuelle
Vocabulaire d'époque
Liens externes & ressources
Références
Œuvres
Accession au trône impérial d'Occident
3 mars 473
Détournement de l'invasion ostrogothe
473
Émission monétaire à son effigie
473-474
Épiscopat de Salone
474-vers 480
Archevêché de Milan (attribué)
vers 480






