Homme d'État tunisien, fondateur de la Tunisie moderne. Artisan de l'indépendance de la Tunisie en 1956, il devient le premier président de la République tunisienne en 1957 et dirige le pays jusqu'à sa destitution en 1987.
Habib Bourguiba(1903 — 2000)
Habib Bourguiba
Tunisie, protectorat français de Tunisie
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Questions fréquentes
Faits marquants
- Fonde le parti du Néo-Destour en 1934 pour lutter contre le protectorat français
- Obtient l'indépendance de la Tunisie le 20 mars 1956
- Devient le premier président de la République tunisienne le 25 juillet 1957
- Promulgue le Code du statut personnel en 1956, émancipant les femmes tunisiennes
- Est destitué le 7 novembre 1987 par Zine el-Abidine Ben Ali pour raisons de santé
Œuvres & réalisations
Création d'un parti nationaliste moderne et populaire qui devint le moteur de l'indépendance tunisienne.
Aboutissement de décennies de lutte ; la Tunisie devient un État souverain le 20 mars 1956.
Réforme révolutionnaire abolissant la polygamie et instaurant l'égalité dans le mariage et le divorce, pionnière dans le monde arabe.
Abolition de la monarchie beylicale et instauration de la République, dont Bourguiba devient le premier président.
Politique massive de scolarisation gratuite et obligatoire, faisant de l'éducation une priorité nationale.
Première Constitution de la Tunisie indépendante, définissant un régime présidentiel et les institutions de l'État.
Départ des dernières troupes françaises, achevant la souveraineté territoriale de la Tunisie.
Ensemble de réformes (droit de vote, accès à l'éducation et au travail) faisant de la Tunisie un modèle régional pour les droits des femmes.
Anecdotes
En 1934, le jeune avocat Habib Bourguiba rompt avec le vieux parti Destour et fonde le Néo-Destour lors du congrès de Ksar Hellal. Plus moderne et populaire, ce nouveau parti deviendra le moteur de la lutte pour l'indépendance.
Bourguiba passa de longues années en prison et en résidence surveillée, déplacé par les autorités françaises de geôle en geôle, parfois jusqu'au fort Saint-Nicolas à Marseille. Loin de le briser, ces emprisonnements firent de lui un héros national surnommé le « Combattant suprême ».
En 1956, peu après l'indépendance, Bourguiba fit adopter le Code du statut personnel qui abolit la polygamie et la répudiation et instaura le divorce judiciaire. C'était l'une des législations les plus audacieuses du monde arabe en matière de droits des femmes.
Pendant le mois de Ramadan, Bourguiba osa boire publiquement un verre de jus d'orange à la télévision pour inciter les Tunisiens à ne pas jeûner, estimant que le développement du pays était un « djihad » qui dispensait du jeûne. Le geste provoqua un immense scandale.
En 1987, âgé et affaibli, Bourguiba fut destitué par son Premier ministre Zine el-Abidine Ben Ali au moyen d'un « coup d'État médical » : des médecins le déclarèrent inapte à gouverner. Il finit ses jours en résidence surveillée à Monastir, sa ville natale.
Sources primaires
La femme, comme l'homme, est un être humain doué de raison et de dignité ; elle ne saurait être traitée comme un objet ou une mineure perpétuelle.
La polygamie est interdite. Quiconque, étant engagé dans les liens du mariage, en contracte un autre avant la dissolution du précédent, est passible d'un an d'emprisonnement.
L'Assemblée nationale constituante proclame l'abolition du régime monarchique et la République comme régime de l'État tunisien.
La Tunisie est un État libre, indépendant et souverain : sa religion est l'Islam, sa langue l'arabe et son régime la République.
Lieux clés
Ville natale de Bourguiba sur la côte tunisienne, où il naquit en 1903 et où repose aujourd'hui son mausolée. Il y finit aussi ses dernières années en résidence surveillée.
Petite ville du Sahel tunisien où Bourguiba fonda le Néo-Destour en 1934. Lieu fondateur de son combat politique.
Capitale de la Tunisie où Bourguiba exerça le pouvoir présidentiel et fit son entrée triomphale lors de l'indépendance en 1956. Centre de la vie politique du pays.
Bourguiba y étudia le droit et les sciences politiques à la Sorbonne dans les années 1920. Il y forgea sa pensée politique et y mena plus tard des négociations.
Forteresse française où Bourguiba fut emprisonné par les autorités coloniales. L'un des nombreux lieux de détention de sa longue lutte.
Port stratégique du nord tunisien, théâtre en 1961 d'une crise sanglante avec la France qui y conservait une base navale. Son évacuation en 1963 acheva l'indépendance.
Objets typiques

Coiffe traditionnelle tunisienne en feutre rouge que Bourguiba portait pour affirmer son ancrage dans la culture nationale. Elle devint un symbole de l'identité tunisienne.

Tunique longue traditionnelle portée lors des cérémonies officielles. Bourguiba alternait entre costume occidental et tenue traditionnelle selon le message politique qu'il souhaitait envoyer.

La radio fut l'arme de propagande favorite de Bourguiba, qui galvanisait les Tunisiens par ses discours. Sa voix devint l'un des instruments de l'unification nationale.

Recueil de lois promulgué en 1956 réformant le droit de la famille. Document fondateur de la modernisation de la société tunisienne.

Bourguiba arborait souvent le costume-cravate à l'européenne pour incarner la modernité et le progrès qu'il voulait pour la Tunisie. Ce choix vestimentaire était un message politique délibéré.

En buvant publiquement pendant le Ramadan, Bourguiba transforma un simple verre en objet de controverse nationale. Il symbolise sa volonté de privilégier le développement sur les contraintes religieuses.
Programmes scolaires
Vocabulaire & tags
Vocabulaire clé
Vie quotidienne
Matin
Président travailleur et méthodique, Bourguiba commençait tôt sa journée par la lecture de la presse et des rapports de ses ministres. Il accordait une grande importance à son apparence et soignait sa tenue avant les audiences officielles.
Après-midi
Ses après-midi étaient rythmés par des conseils des ministres, des réceptions de dignitaires et la préparation de ses discours. Orateur né, il pesait soigneusement chaque mot destiné à mobiliser le peuple.
Soir
Le soir, Bourguiba recevait parfois des conseillers ou des chefs d'État étrangers lors de dîners au palais de Carthage. Il aimait aussi se retirer pour réfléchir à la stratégie politique du pays.
Alimentation
Bourguiba appréciait une cuisine tunisienne plutôt sobre, mêlant influences méditerranéennes et plats locaux comme le couscous. Soucieux de sa santé, surtout avec l'âge, il suivait un régime surveillé par ses médecins.
Vêtements
Il alternait stratégiquement entre le costume occidental, symbole de modernité, et les vêtements traditionnels tunisiens comme la chéchia et la jebba lors des cérémonies. Sa garde-robe était un langage politique à part entière.
Habitat
Devenu président, il résidait au palais présidentiel de Carthage, près des ruines antiques surplombant la mer. Il conservait aussi un fort attachement à sa ville natale de Monastir, où il fit édifier un palais et un mausolée.
Frise contextuelle
Vocabulaire d'époque
Liens externes & ressources
Références
Œuvres
Fondation du Néo-Destour
1934
Indépendance de la Tunisie
1956
Code du statut personnel
1956
Proclamation de la République
1957
Généralisation de l'enseignement
années 1958-1970
Constitution de 1959
1959
Évacuation de Bizerte
1963






