Romancière sud-coréenne née en 1970, Han Kang est l'une des voix les plus importantes de la littérature contemporaine asiatique. Son œuvre explore la violence, la mémoire traumatique et la fragilité du corps humain. Elle est la première autrice asiatique à recevoir le prix Nobel de littérature.
Han Kang(1970 — ?)
Han Kang
Corée du Sud
8 min de lecture
Questions fréquentes
Citations célèbres
« L'être humain est fondamentalement fragile.»
« J'écris pour comprendre ce que je ne comprends pas.»
Faits marquants
- Née le 27 novembre 1970 à Gwangju, Corée du Sud
- Publication de 'La Végétarienne' en 2007, traduit en français en 2015, Man Booker International Prize 2016
- Publication de 'Actes humains' en 2014, roman sur le massacre de Gwangju de 1980
- Prix Nobel de littérature 2024, première autrice asiatique à recevoir cette distinction
- Son œuvre est traduite dans plus de 40 langues
Œuvres & réalisations
Roman en trois parties sur une femme qui refuse de manger de la viande après un rêve traumatisant et aspire à devenir une plante. Traduit dans plus de 40 langues, il a valu à Han Kang le Man Booker International Prize en 2016.
Roman sur deux êtres qui perdent progressivement leurs sens — une femme le langage, un homme la vue — et se retrouvent dans cette vulnérabilité partagée. Une méditation sur la fragilité du corps et de la communication.
Roman polyphonique sur le soulèvement de Gwangju de mai 1980, racontant les destins de victimes, de survivants et de bourreaux. Considéré comme son œuvre la plus politique et la plus déchirante.
Méditation poétique sur la couleur blanche, le deuil et une sœur aînée morte deux heures après sa naissance. Texte hybride mêlant prose et fragments poétiques, finaliste du Man Booker International Prize 2018.
Roman sur la transmission entre générations de la mémoire du massacre de l'île de Jeju (1948). Han Kang y poursuit son exploration de la violence politique et des fantômes de l'histoire coréenne.
Anecdotes
Han Kang est née à Gwangju le 27 novembre 1970, ville qui connut en mai 1980 un soulèvement démocratique brutalement réprimé par l'armée sud-coréenne. Enfant installée à Séoul, elle découvrit dans les livres de son père des photographies bouleversantes des victimes du massacre — des corps, des visages anonymes. Ces images l'ont hantée toute sa vie et sont devenues le fondement de son roman 'Actes humains' (2014).
L'idée de 'La Végétarienne' (2007) a germé après que Han Kang lut une phrase du poète coréen Yi Sang : 'Je crois que les êtres humains devraient être des plantes.' Elle médita pendant des années sur l'image d'un corps humain qui se nierait pour devenir végétal. Ce roman, traduit en anglais par Deborah Smith, lui valut le Man Booker International Prize en 2016 — une première pour un auteur coréen.
Han Kang est la fille de Han Seung-won, l'un des romanciers les plus respectés de Corée du Sud. Grandir dans un foyer où les livres et les écrivains étaient omniprésents l'a naturellement orientée vers la littérature, mais elle a forgé un style radicalement personnel — poétique, sombre, centré sur le corps et la douleur intérieure — très différent de celui de son père.
En octobre 2024, Han Kang apprit par téléphone qu'elle venait de recevoir le prix Nobel de littérature alors qu'elle travaillait avec son fils. Elle devint ainsi la première Coréenne et la première autrice asiatique à recevoir cette distinction. L'Académie suédoise salua 'sa prose poétique intense qui confronte les traumatismes historiques et expose la fragilité de la vie humaine'.
Han Kang a confié dans plusieurs entretiens qu'elle écrit ses premiers jets à la main, dans des carnets, avant de les retranscrire sur ordinateur. Ce geste physique la maintient en contact avec les émotions de ses personnages. Ce rapport au corps — à la fois sujet, instrument et métaphore — traverse toute son œuvre, de la femme qui aspire à se transformer en plante à l'âme du garçon mort qui erre parmi les vivants.
Sources primaires
Avant que ma femme devienne végétarienne, je l'avais toujours considérée comme une femme tout à fait ordinaire. Elle n'était ni particulièrement belle ni laide, ni très intelligente ni stupide, et ses opinions n'avaient rien de remarquable.
Tu cherchais le visage de ton ami parmi les corps alignés dans la salle de sport transformée en morgue. Des bougies brûlaient aux extrémités de la pièce. Tu avais quinze ans et tu ne savais pas encore ce que tu voyais.
Le lange. Blanc. La petite chemise de naissance. Blanche. Le sel. Blanc. La neige. Blanche. La lune. Blanche. Le riz. Blanc. Les fleurs de poirier. Blanches. La page vierge. Blanche.
Je voulais comprendre comment des êtres humains peuvent infliger de telles souffrances à d'autres êtres humains. Et si cette compréhension était possible. C'est de cette question que sont nés mes livres.
Le prix Nobel de littérature 2024 est décerné à Han Kang pour sa prose poétique intense qui confronte les traumatismes historiques et expose la fragilité de la vie humaine.
Lieux clés
Ville natale de Han Kang et lieu du soulèvement démocratique de mai 1980. Les images du massacre, découvertes dans les livres de son père, constituent le traumatisme fondateur de son roman 'Actes humains'.
Capitale où Han Kang a grandi après le déménagement de sa famille, où elle a étudié la littérature coréenne à l'Université Yonsei, et où elle réside et travaille depuis le début de sa carrière.
L'une des universités les plus prestigieuses de Corée du Sud, où Han Kang a étudié la littérature coréenne et acquis les lectures fondatrices qui nourrissent son écriture.
Cadre de son roman 'L'impossible adieu' (2021), qui évoque les mémoires du massacre de 1948. Han Kang y a effectué des recherches pour documenter les traces de ce traumatisme collectif longtemps censuré.
Ville où Han Kang a reçu le prix Nobel de littérature en décembre 2024, lors d'une cérémonie qui a mis en lumière la littérature coréenne devant le monde entier.
Objets typiques

Han Kang écrit systématiquement ses premiers jets à la main dans des carnets avant de les retranscrire sur ordinateur. Ce rituel lui permet de maintenir un contact physique et émotionnel direct avec ses textes.

Grande lectrice de poésie, notamment de Yi Sang, Kim Hyesoon et Choi Seungja, Han Kang puise dans ces œuvres l'inspiration de ses images les plus frappantes. Un vers de Yi Sang est à l'origine du concept de 'La Végétarienne'.

Pour écrire 'Actes humains', Han Kang a longuement consulté des photographies et des témoignages documentant les événements de mai 1980. Ces images ont hanté son processus d'écriture pendant des années.

Han Kang pratique le piano et considère la musique comme un langage parallèle à l'écriture. Le rythme musical influence directement la cadence lente et méditée de sa prose.
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La préparation et la dégustation du thé vert rythment les longues journées d'écriture solitaire de Han Kang, une pratique ancrée dans la culture quotidienne coréenne.
📷 CC BY 4.0 · Wikimedia Commons ↗
Han Kang travaille avec une grande précision le choix de chaque mot, consciente des couches de sens historiques portées par la langue coréenne dans ses emprunts au chinois classique. Sa prose est réputée pour son exactitude lexicale.
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Lieu
Vie quotidienne
Matin
Han Kang commence sa journée tôt, souvent avant le lever du soleil. Après un thé vert et un petit-déjeuner léger, elle s'installe à son bureau pour écrire à la main dans ses carnets, profitant du silence matinal qu'elle considère comme le moment le plus propice à la concentration créatrice.
Après-midi
L'après-midi est consacré à la lecture, à la recherche archivistique ou à la retranscription et révision de ses textes sur ordinateur. Pour ses romans historiques, elle consulte longuement des témoignages de survivants et des archives photographiques. Elle peut aussi rencontrer éditeurs ou traducteurs.
Soir
Le soir, Han Kang s'accorde du temps pour jouer du piano ou se promener dans Séoul. Elle lit de la poésie avant de dormir, un rituel qu'elle considère essentiel pour maintenir la sensibilité nécessaire à l'écriture. Elle préfère une vie retirée aux mondanités littéraires.
Alimentation
Han Kang suit une alimentation simple et peu carnée, en résonance avec les thèmes de son œuvre. Elle mange du riz, des légumes fermentés (kimchi, namul), du tofu et des bouillons légers, typiques de la cuisine coréenne traditionnelle, sans pour autant se définir comme végétarienne dans la vie réelle.
Vêtements
Han Kang adopte une tenue sobre et discrète au quotidien, en accord avec sa personnalité réservée. Elle privilégie des vêtements confortables et neutres pour ses longues journées d'écriture, et des tenues élégantes mais toujours simples pour ses apparitions publiques et remises de prix.
Habitat
Han Kang vit à Séoul dans un appartement modeste et dépouillé, propice au travail intellectuel. Elle a décrit son espace d'écriture comme un lieu calme où les livres et les carnets occupent la place centrale, loin de tout ostentation, en accord avec sa conception de la vie intérieure.
Frise contextuelle
Vocabulaire d'époque
Liens externes & ressources
Références
Œuvres
La Végétarienne (채식주의자)
2007
Leçons de grec (희랍어 시간)
2011
Actes humains (소년이 온다)
2014
Le Livre blanc (흰)
2016
L'impossible adieu (작별하지 않는다)
2021






