Hannie Schaft(1920 — 1945)

Hannie Schaft

Royaume des Pays-Bas

6 min de lecture

MilitairePolitiqueRésistant(e)XXe siècleSeconde Guerre mondiale et occupation allemande des Pays-Bas (1940-1945)

Résistante néerlandaise pendant l'occupation nazie des Pays-Bas. Surnommée « la fille aux cheveux roux », elle participa à des sabotages et à l'exécution de collaborateurs avant d'être arrêtée et fusillée à 24 ans, trois semaines avant la libération.

Questions fréquentes

Hannie Schaft était une jeune étudiante en droit à Amsterdam qui, refusant de signer la déclaration de loyauté aux nazis en 1943, plongea dans la clandestinité. Ce qu'il faut retenir, c'est qu'elle incarna une résistance armée menée par des femmes, aux côtés des sœurs Oversteegen, exécutant des collaborateurs et sabotant l'occupant. Ce qui la rend singulière, c'est qu'elle fut fusillée à seulement 24 ans, trois semaines avant la libération des Pays-Bas, et que la reine Wilhelmine la désigna officiellement comme « symbole de la résistance ».

Faits marquants

  • Née le 16 septembre 1920 à Haarlem (Pays-Bas), elle étudie le droit à Amsterdam
  • Rejoint le Raad van Verzet (Conseil de la Résistance) après le début de l'occupation en 1940
  • Participe à des sabotages et à des actions armées contre des collaborateurs et des occupants nazis
  • Arrêtée en mars 1945, elle est exécutée le 17 avril 1945 près de Bloemendaal, peu avant la fin de la guerre
  • Devient un symbole national de la Résistance néerlandaise ; une commémoration annuelle lui est dédiée depuis 1945

Œuvres & réalisations

Aide aux Juifs persécutés (1941-1943)

Avant la lutte armée, Hannie vola des cartes d'identité et aida des amies juives à se cacher, premier engagement contre l'occupant.

Refus de la déclaration de loyauté (1943)

Son refus public de signer le serment nazi exigé des étudiants fut un acte de résistance civique qui la fit basculer dans la clandestinité.

Sabotages et transports d'armes (1943-1944)

Au sein du Conseil de la résistance, elle participa à des sabotages et au convoyage d'armes et de documents clandestins.

Exécutions de collaborateurs et d'occupants (1944-1945)

Avec les sœurs Oversteegen, elle mena des actions ciblées contre des collaborateurs néerlandais et des nazis, parmi les opérations les plus risquées de la résistance.

Symbole posthume de la résistance (1945)

Désignée « symbole de la résistance » par la reine Wilhelmine, elle devint une figure nationale honorée chaque année aux Pays-Bas.

Inspiration du roman et du film « La fille aux cheveux roux » (1956-1982)

Son histoire inspira le roman de Theun de Vries (1956) puis un film (1982), diffusant sa mémoire bien au-delà des Pays-Bas.

Anecdotes

Hannie Schaft était surnommée « la fille aux cheveux roux » (het meisje met het rode haar) par les Allemands, qui la recherchaient activement. Pour brouiller les pistes lors de ses missions, elle teignit ses cheveux roux caractéristiques en noir et porta des lunettes, mais sa couleur naturelle finit par la trahir au moment de son arrestation.

Étudiante en droit à Amsterdam, Hannie refusa de signer la déclaration de loyauté que les nazis imposaient aux étudiants en 1943. Ce refus mit fin à ses études et la poussa définitivement dans la clandestinité et la résistance armée.

Hannie agissait souvent aux côtés des sœurs Truus et Freddie Oversteegen, deux jeunes résistantes. Ensemble, elles attiraient parfois des officiers nazis ou des collaborateurs hors des bars avant de les abattre, des actions extrêmement dangereuses menées par des femmes de moins de 25 ans.

Arrêtée à un barrage le 21 mars 1945 alors qu'elle transportait des journaux clandestins, Hannie fut exécutée le 17 avril 1945, à peine trois semaines avant la libération des Pays-Bas. Selon le récit transmis, un premier tireur la blessa seulement, et elle aurait lancé « Je tire mieux que vous » avant d'être achevée.

En 1951, la mémoire de Hannie Schaft devint un enjeu politique : la commémoration annuelle organisée par d'anciens résistants communistes fut interdite et encadrée par l'armée en pleine Guerre froide. La reine Wilhelmine l'avait pourtant qualifiée de « symbole de la résistance ».

Sources primaires

Het meisje met het rode haar — Theun de Vries (roman documenté, 1956) (1956)
Le roman, fondé sur des témoignages de résistants ayant connu Hannie Schaft, retrace son passage de l'étudiante en droit à la combattante clandestine de la résistance néerlandaise.
Témoignage de Truus Menger-Oversteegen, compagne de résistance (années 1980-1990)
Truus Oversteegen, qui combattit aux côtés de Hannie, a décrit dans ses mémoires les sabotages et les actions menées par leur groupe de résistance armée à Haarlem.
Registres de la prison et procès-verbaux allemands, Overveen (mars-avril 1945)
Les documents administratifs allemands mentionnent l'arrestation à un barrage le 21 mars 1945 et l'exécution dans les dunes d'Overveen le 17 avril 1945.
Discours et hommage attribués à la reine Wilhelmine (1945)
Hannie Schaft fut désignée comme « symbole de la résistance » lors de sa réinhumation officielle au cimetière d'honneur d'Overveen en novembre 1945.

Lieux clés

Haarlem

Ville natale de Hannie Schaft et théâtre principal de ses actions de résistance. C'est aussi là qu'elle fut arrêtée en mars 1945.

Université d'Amsterdam

Lieu de ses études de droit, interrompues par son refus de signer la déclaration de loyauté aux nazis en 1943.

Dunes d'Overveen

Lieu de son exécution par les nazis le 17 avril 1945. Elle y repose aujourd'hui au cimetière d'honneur (Eerebegraafplaats).

Cimetière d'honneur d'Overveen

Nécropole nationale néerlandaise où Hannie fut réinhumée solennellement en novembre 1945, en présence de la reine Wilhelmine.

Kenaupark, Haarlem

Parc de Haarlem où se dresse depuis 1982 une statue de Hannie Schaft, point central des commémorations annuelles.

Voir aussi