Biographie

Hans Holbein le Jeune est un peintre et graveur allemand de la Renaissance, célèbre pour ses portraits d'une précision saisissante. Devenu peintre de la cour d'Henri VIII d'Angleterre, il immortalisa les grandes figures de l'époque Tudor et les humanistes de son temps.

Hans Holbein le Jeune(1497 — 1543)

Hans Holbein le Jeune

Suisse, France, Saint-Empire romain germanique

6 min de lecture

Arts visuelsArtisteRenaissanceRenaissance du Nord, première moitié du XVIe siècle, marquée par l'humanisme, la Réforme protestante et l'essor du portrait de cour

Questions fréquentes

Hans Holbein le Jeune est un peintre et graveur allemand de la Renaissance du Nord (1497-1543), surtout connu pour ses portraits d'une précision quasi photographique. Ce qu'il faut retenir, c'est qu'il a su capter l'âme des puissants de son époque : il devient peintre de cour d'Henri VIII et immortalise les figures clés de la cour Tudor et les humanistes comme Érasme. Son talent pour le détail des étoffes et des bijoux, allié à un sens aigu de la psychologie, fait de lui l'un des plus grands portraitistes de l'histoire.

Faits marquants

  • Né vers 1497 à Augsbourg en Allemagne, dans une famille de peintres
  • Travaille à Bâle dès 1515 et y côtoie l'humaniste Érasme, dont il réalise plusieurs portraits
  • Peint « Les Ambassadeurs » (1533), célèbre pour son anamorphose d'un crâne
  • Devient peintre officiel de la cour d'Henri VIII d'Angleterre à partir de 1536
  • Meurt à Londres en 1543, probablement de la peste

Œuvres & réalisations

Portrait d'Érasme de Rotterdam (1523)

Image de profil du plus grand humaniste de l'époque, écrivant à son pupitre. Le portrait diffusa le visage d'Érasme dans toute l'Europe.

La Danse des morts (gravures sur bois) (vers 1526)

Série de petites gravures où la Mort entraîne tous les états de la société. Un chef-d'œuvre de l'art graphique de la Renaissance.

Le Christ mort au tombeau (1521-1522)

Représentation crue et réaliste du corps du Christ allongé. Une œuvre saisissante qui marqua durablement les spectateurs.

Portrait de Thomas More (1527)

Portrait du célèbre humaniste et chancelier d'Angleterre, auteur de « L'Utopie ». Holbein y montre toute sa maîtrise du détail des étoffes.

Les Ambassadeurs (1533)

Double portrait de deux envoyés français entourés d'objets de savoir, avec un crâne en anamorphose. L'une des œuvres les plus analysées de l'histoire de l'art.

Portrait d'Henri VIII (vers 1537)

Image puissante et frontale du roi en majesté, qui fixa pour des siècles l'image du souverain Tudor.

Portrait d'Anne de Clèves (1539)

Portrait diplomatique réalisé pour le projet de mariage royal. Il joua un rôle direct dans une décision politique d'Henri VIII.

Portrait de Georg Gisze (1532)

Portrait d'un marchand allemand de la Hanse à Londres, entouré des outils de son métier. Un sommet de minutie et de symbolisme.

Anecdotes

Dans son tableau « Les Ambassadeurs » (1533), Holbein a peint au premier plan une étrange forme allongée et floue. Vue de côté, sous un certain angle, elle révèle un crâne humain : c'est une anamorphose, un rappel que la mort guette même les puissants, au milieu de leurs richesses et de leur savoir.

En 1539, Henri VIII envoya Holbein peindre Anne de Clèves pour décider s'il l'épouserait. Séduit par le portrait, le roi accepta le mariage, mais fut déçu en rencontrant la princesse en personne. L'union fut rapidement annulée ; Holbein, lui, conserva sa place de peintre de cour.

Lorsque Holbein arriva en Angleterre en 1526, il portait une lettre de recommandation du grand humaniste Érasme, qui l'adressait à son ami Thomas More. Grâce à ce réseau d'humanistes, le peintre allemand entra dans les meilleurs cercles de Londres.

Holbein ne peignait pas seulement : il dessinait aussi des bijoux, des coupes d'orfèvrerie, des reliures et des décors pour la cour. Beaucoup de ces objets précieux ont disparu, mais ses dessins préparatoires, eux, ont survécu.

Avant de devenir célèbre comme portraitiste, Holbein conçut à Bâle une série de gravures sur bois intitulée « La Danse des morts », où un squelette vient saisir tour à tour le pape, l'empereur, le marchand ou le paysan, rappelant que la mort n'épargne personne.

Sources primaires

Lettre d'Érasme de Rotterdam à Pieter Gillis (1526)
Ici, les arts sont transis de froid ; c'est pourquoi il [Holbein] se rend en Angleterre pour y ramasser quelques angelots.
Inscription du portrait d'Érasme par Holbein (1523)
Le portrait d'Érasme de Rotterdam, saisi sur le vif.
Karel van Mander, Le Livre des peintres (Schilder-boeck) (1604)
Holbein peignit le roi Henri VIII et de nombreux seigneurs de sa cour avec une telle vérité qu'on croyait les voir vivants.
Inscription des « Ambassadeurs » (1533)
Jean de Dinteville, seigneur de Polisy, âgé de vingt-neuf ans ; Georges de Selve, évêque de Lavaur, âgé de vingt-cinq ans.

Lieux clés

Augsbourg

Ville d'Empire prospère du sud de l'Allemagne où naquit Holbein, dans l'atelier de son père peintre. Un grand centre marchand et artistique.

Bâle

Cité suisse de l'imprimerie et de l'humanisme où Holbein se forma, devint maître et rencontra Érasme. Il y peignit portraits et gravures.

Londres

Capitale anglaise où Holbein s'établit et devint peintre de la cour d'Henri VIII. Il y mourut, sans doute de la peste, en 1543.

Palais de Whitehall

Résidence royale d'Henri VIII où Holbein réalisa la grande fresque de la dynastie Tudor, détruite dans un incendie au XVIIe siècle.

Voir aussi