Harpies
Harpies
Les Harpies sont des créatures de la mythologie grecque, mi-femmes mi-oiseaux, personnifiant les vents violents et dévastateurs. Envoyées par les dieux pour tourmenter le devin Phinée, elles souillaient ou dérobaient sa nourriture. Elles furent chassées par les Argonautes Zétès et Calaïs, fils du vent Borée.
Faits marquants
- Les Harpies (Ἅρπυιαι) signifie 'celles qui ravissent' en grec ancien
- Nommées principalement Aéllo, Ocypète et Célaéno selon Hésiode (VIIIe-VIIe s. av. J.-C.)
- Filles du Titan Thaumas et de l'Océanide Électre
- Elles tourmentent le roi Phinée de Thrace sur ordre des dieux, souillant chaque repas
- Repoussées par Zétès et Calaïs lors de l'expédition des Argonautes (mythe de la Toison d'or)
Œuvres & réalisations
Première mention littéraire des Harpies, présentées comme filles de Thaumas et d'Électre, sœurs d'Iris. Hésiode insiste sur leur vitesse extraordinaire sans leur prêter encore un caractère monstrueux.
Récit le plus complet et le plus vivant de l'épisode Phinée-Harpies. Apollonios décrit avec précision la délivrance du devin par Zétès et Calaïs, constituant la version canonique du mythe.
Virgile transpose le mythe dans le contexte troyen : les Harpies attaquent Énée aux Strophades, et Céléno y formule une prophétie menaçante, renforçant leur dimension funeste et oraculaire.
Frise sculptée lycienne montrant des créatures ailées emportant de petits personnages représentant des âmes. Ce monument atteste de la diffusion du motif harpesque bien au-delà de la Grèce continentale.
Synthèse mythographique rassemblant les principales versions du mythe des Harpies, source de référence pour les historiens modernes sur l'ensemble des variantes antiques du récit.
Anecdotes
Les Harpies doivent leur nom au grec « harpazein », qui signifie « saisir » ou « ravir de force ». Hésiode en dénombre deux — Aello (« Tourbillon ») et Ocypète (« Aile rapide ») — et affirme qu'elles surpassent en vitesse les oiseaux comme les vents eux-mêmes. Leur seule présence était annonciatrice de tempêtes dévastatrices et de malheurs soudains.
Le devin Phinée, roi de Thrace, fut puni par Zeus pour avoir révélé trop de secrets divins : les dieux lui envoyèrent les Harpies pour souiller ou dérober chaque repas. Aucun aliment ne pouvait l'atteindre sans être contaminé d'une odeur pestilentielle insupportable, le condamnant à une faim et une misère perpétuelles malgré sa royauté.
Lors de l'expédition des Argonautes, les héros Zétès et Calaïs — fils du dieu du vent Borée, donc demi-frères ailés des Harpies — intervinrent pour délivrer Phinée. Ils poursuivirent les créatures à travers le ciel jusqu'aux îles Strophades, où la déesse Iris les arrêta en promettant que les Harpies ne tourmenteraient plus jamais Phinée.
Dans l'Énéide de Virgile, les Harpies réapparaissent aux îles Strophades et attaquent Énée et ses compagnons en souillant leurs festins. Leur chef, Céléno, prononce alors une prophétie menaçante annonçant une famine aux Troyens, ajoutant une dimension oraculaire à leur rôle de créatures maléfiques issues de la mythologie grecque.
Chez Homère, les Harpies sont simplement des vents ravisseurs qui emportent les filles de Pandarée — sans apparence monstrueuse. C'est dans la tradition ultérieure qu'elles deviennent des êtres hybrides à visage de femme et corps d'oiseau, reflétant l'anxiété grecque face aux forces naturelles incontrôlables et à la violence soudaine des tempêtes.
Sources primaires
Aello et Ocypète, les Harpies aux belles chevelures, qui suivent de leurs ailes rapides les souffles des vents et les oiseaux ; car elles volent haut dans les airs.
Les Harpies fondaient soudain des nuages comme des vents rapides ou comme des éclairs, et d'un seul coup elles enlevaient les mets ; le vieillard à peine put saisir quelque nourriture ; et ce qui restait exhalait une odeur infecte et insupportable.
Soudain, avec un bruit horrible d'ailes, les Harpies fondent des montagnes et battent l'air de leurs ailes ; elles souillent tout de leurs mains immondes, répandant une odeur infecte, poussant des cris affreux.
Phinée était tourmenté par les Harpies : quand on lui apportait de la nourriture, elles s'abattaient du haut des airs et en emportaient la plus grande partie ; ce qui restait, elles le rendaient si infect par leur contact qu'il était impossible d'en approcher.
Lieux clés
Royaume du devin Phinée, théâtre principal du tourment infligé par les Harpies. C'est là que les Argonautes délivrèrent Phinée en chassant définitivement les créatures.
Refuge ultime des Harpies selon Apollonios de Rhodes et Virgile. C'est sur ces îles rocheuses et désolées qu'elles se posèrent après leur fuite devant Zétès et Calaïs, et qu'elles attaquèrent ensuite Énée.
Demeure des dieux olympiens qui ordonnèrent aux Harpies de punir Phinée. Zeus décida leur mission depuis l'Olympe, et la déesse Iris intervint de là pour y mettre fin.
Cité lycienne où fut érigé le célèbre Monument des Harpies (IVe s. av. J.-C.), dont les frises sculptées montrent des figures ailées emportant des âmes, aujourd'hui exposées au British Museum de Londres.
Galerie
Laocoon. An essay upon the limits of painting and poetry. With remarks illustrative of various points in the history of ancient art
Wikimedia Commons, Public domain — Lessing, Gotthold Ephraim, 1729-1781 Frothingham, Ellen, 1835-1902
The portrait
Wikimedia Commons, Public domain — Pierpont, John, 1785-1866 Washington Benevolent Society (Newburyport, Mass.)
The portrait : a poem delivered before the Washington Benevolent Society of Newburyport, on the evening of October 27, 1812
Wikimedia Commons, Public domain — Pierpont, John, 1785-1866
Descriptive catalogue of the casts from Greek and Roman sculpture
Wikimedia Commons, Public domain — Museum of Fine Arts, Boston Robinson, Edward, 1858-1931
An outline history of sculpture for beginners and students, with complete indexes and numerous illustrations
Wikimedia Commons, Public domain — Waters, Clara Erskine Clement, 1834-1916
Romanesque sculpture of the pilgrimage roads
Wikimedia Commons, Public domain — Porter, Arthur Kingsley, 1883-1933







