Démon de la luxure et de la colère dans les traditions judéo-chrétiennes et perse, Asmodeus est l'une des figures démoniaques les plus anciennes de la littérature religieuse. Il apparaît notamment dans le Livre de Tobie, texte deutérocanonique, sous le nom d'Asmodée.
Asmodeus
Asmodeus
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Questions fréquentes
Faits marquants
- Origine perse sous le nom d'Aeshma Daeva, démon de la colère dans le zoroastrisme (IVe s. av. J.-C.)
- Mentionné dans le Livre de Tobie (IIe s. av. J.-C.), texte deutérocanonique de la Bible
- Classé roi des démons dans la Goétie, grimoire de démonologie médiévale
- Associé à la luxure et à la destruction des couples dans la tradition rabbinique
- Repris dans la culture occidentale médiévale et moderne comme figure archétypale du vice
Œuvres & réalisations
Texte deutérocanonique où Asmodée apparaît nommément pour la première fois comme démon tuant les maris de Sara. Texte fondateur de toute la tradition ultérieure sur ce démon.
Cinq manuscrits araméens et un hébreu du Livre de Tobie retrouvés parmi les rouleaux de la Mer Morte, constituant les plus anciennes attestations matérielles du texte.
Texte pseudépigraphique grec décrivant Asmodée comme un démon interrogé par Salomon, révélant ses pouvoirs et ses faiblesses. Développe considérablement la démonologie autour de ce personnage.
Passage talmudique narrant les aventures d'Asmodée, roi des démons, soumis par Salomon pour construire le Temple, puis temporairement triomphant de son maître.
Traduction latine du Livre de Tobie qui canonise Asmodée dans la tradition catholique occidentale et en fait une figure centrale de la démonologie médiévale chrétienne.
Anecdotes
Dans le Livre de Tobie, texte deutérocanonique rédigé entre le IVe et le IIe siècle avant notre ère, Asmodée tue successivement les sept maris de Sara la nuit de leurs noces. Il est finalement repoussé par Tobie grâce aux conseils de l'archange Raphaël : brûler le cœur et le foie d'un poisson suffit à faire fuir le démon jusqu'en Égypte, où il est enchaîné.
Le nom Asmodée dérive très probablement du persan Aeshma Daeva, littéralement « le démon de la colère » dans le zoroastrisme. Cette figure iranienne ancienne a été intégrée dans la tradition juive lors de la période achéménide, quand les Juifs vivaient sous domination perse après l'exil babylonien, illustrant les échanges religieux entre ces deux civilisations.
Dans le Talmud de Babylone, Asmodée joue un rôle inattendu : le roi Salomon l'utilise pour construire le Temple de Jérusalem en taillant des pierres sans outils de fer, comme l'exigeait la loi mosaïque. Asmodée finit par renverser Salomon de son trône pendant plusieurs années avant d'être finalement soumis à nouveau.
Le Testament de Salomon, texte pseudépigraphique daté entre le Ier et le Ve siècle de notre ère, décrit Asmodée comme un démon capable de provoquer la jalousie et la discorde dans les couples. Salomon l'interroge et le démon révèle que son signe contraire est le nom de l'archange Raphaël et l'odeur du foie de poisson grillé.
Au Moyen Âge, les théologiens chrétiens ont intégré Asmodée dans leur hiérarchie démoniaque. Le démonologiste Johann Weyer, au XVIe siècle, s'appuie sur des sources plus anciennes pour le présenter comme « prince » des démons de la luxure, soulignant comment cette figure antique s'est transmise et transformée sur plus de deux millénaires de tradition religieuse.
Sources primaires
Et Asmodée, le mauvais démon, était épris d'elle et faisait périr tous les maris qu'elle prenait avant qu'ils aient vécu avec elle comme époux. (Tb 3,8)
Salomon fit venir Asmodée, roi des démons, pour l'aider à construire le Temple. Asmodée lui dit : « Tu veux me soumettre ? » Et Salomon lui montra son anneau gravé du Nom de Dieu.
Je suis Asmodée, et je sème la discorde et la jalousie parmi les époux. Je les sépare, je les fais se haïr. Mon ange est Raphaël, et mon signe est le foie de poisson fumant.
Aeshma au bras sanglant, le plus violent des démons de la colère, celui qui sème la destruction parmi les hommes et les troupeaux, celui que combat Sraosha le juste.
Lieux clés
Ville où se déroule une partie de l'histoire de Tobie selon le Livre de Tobie. C'est le cadre narratif dans lequel Asmodée exerce son pouvoir meurtrier sur les maris de Sara.
Ville perse où vit Sara, la femme tourmentée par Asmodée dans le Livre de Tobie. Ce choix géographique reflète l'origine persane de la figure démoniaque.
Centre de l'exil juif sous les Babyloniens puis les Perses, lieu de contact entre les traditions juives et iraniennes qui ont donné naissance à la figure d'Asmodée.
Site de la Mer Morte où ont été retrouvés des fragments araméens du Livre de Tobie datant du Ier siècle av. J.-C., confirmant l'ancienneté de la tradition sur Asmodée.
Centre intellectuel hellénistique où la Septante fut traduite et où le Livre de Tobie fut diffusé dans le monde grec, exportant la figure d'Asmodée hors du monde sémitique.
Objets typiques

Selon le Testament de Salomon, cet anneau gravé du nom de Dieu et d'un pentagramme permettait à Salomon de soumettre Asmodée et les autres démons à sa volonté.

Dans le Livre de Tobie, l'archange Raphaël conseille à Tobie de brûler ces organes pour produire une fumée qui met Asmodée en fuite, associant le démon à une vulnérabilité symbolique liée au feu purificateur.

Selon la tradition talmudique et le Testament de Salomon, Asmodée est enchaîné après avoir été soumis, symbolisant la maîtrise du mal par la puissance divine ou la sagesse royale.

Des tablettes mésopotamiennes et perses portant des formules contre les démons de la jalousie et de la luxure constituent le contexte matériel dans lequel la figure d'Asmodée a émergé.

Les fragments araméens retrouvés à Qumrân (Mer Morte) constituent la plus ancienne attestation matérielle du texte dans lequel Asmodée apparaît nommément.

Dans les rituels d'exorcisme de l'Antiquité tardive, les aromates brûlés servaient à éloigner les démons comme Asmodée, dont la présence était associée à la corruption charnelle.
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Vie quotidienne
Matin
En tant que figure mythologique, Asmodée n'a pas d'existence quotidienne au sens propre. Dans les textes, il est décrit comme errant la nuit, cherchant à s'emparer des âmes des humains livrés à la débauche ou à la colère. Il aurait passé ses nuits à rôder près des couches nuptiales.
Après-midi
Selon le Testament de Salomon, Asmodée s'activait lorsque le soleil est au plus haut pour troubler les esprits des hommes par des pensées de jalousie et de luxure. Il aurait parcouru les déserts perses et mésopotamiens, cherchant des âmes à corrompre.
Soir
Au coucher du soleil, selon les textes exorcistes de l'Antiquité, les démons comme Asmodée étaient censés gagner en puissance. C'est la nuit que, d'après le Livre de Tobie, il s'attaquait aux époux, les tuant avant la consommation du mariage.
Alimentation
La tradition démonologique associe Asmodée non pas à une nourriture terrestre mais à l'absorption de l'énergie vitale des humains, notamment leur désir charnel et leur colère. La fumée du foie de poisson brûlé était réputée lui être insupportable, comme un poison.
Vêtements
Aucun vêtement précis n'est décrit dans les sources. Les iconographies tardives représentent Asmodée comme une créature aux formes animales monstrueuses : trois têtes, pattes de coq, queue de serpent, reflétant son caractère composite hérité des traditions persane et juive.
Habitat
Selon le Livre de Tobie, après avoir été repoussé par la fumée du poisson, Asmodée fut exilé dans les régions les plus reculées de l'Égypte, où l'archange Raphaël le lia. La tradition le place dans les déserts et les lieux sauvages, associés dans l'Antiquité à la présence des démons.
Frise contextuelle
Vocabulaire d'époque
Style visuel
Iconographie démoniaque hybride mêlant l'art perse achéménide, les reliefs babyloniens et l'esthétique des manuscrits enluminés judéo-hellénistiques, dominée par le rouge sombre et l'indigo profond.
Ambiance sonore
Ambiance nocturne persane et mésopotamienne mêlant feux rituels, incantations araméennes et fumée d'aromates purificateurs, évoquant l'univers des textes exorcistes de l'Antiquité.
Liens externes & ressources
Références
Œuvres
Livre de Tobie (Tobit)
IVe–IIe siècle av. J.-C.
Fragments de Qumrân (4Q196-4Q200)
Ier siècle av. J.-C.
Testament de Salomon
Ier–Ve siècle apr. J.-C.
Talmud de Babylone — Tractate Guittin (68a-b)
Ve–VIe siècle apr. J.-C.
Vulgate latine de Jérôme — Liber Tobiae
390–405 apr. J.-C.






