Née en esclavage vers 1822, Harriet Tubman s'évade en 1849 et devient l'une des principales conductrices de l'Underground Railroad, aidant des centaines d'esclaves à fuir vers le Nord. Abolitionniste, espionne pour l'Union pendant la guerre de Sécession et militante pour le droit des femmes, elle est une figure majeure de la lutte pour la liberté aux États-Unis.
Harriet Tubman(1820 — 1913)
Harriet Tubman
États-Unis
8 min de lecture
Questions fréquentes
Citations célèbres
« Je n'ai jamais fait dérailler un train et je n'ai jamais perdu un passager.»
« J'aurais pu en libérer des milliers de plus, si seulement ils avaient su qu'ils étaient esclaves.»
Faits marquants
- Née vers 1822 dans le Maryland en esclavage sous le nom d'Araminta Ross
- S'évade de l'esclavage en 1849 et rejoint les États libres du Nord
- Effectue environ 13 missions entre 1850 et 1860, guidant plus de 70 esclaves vers la liberté via l'Underground Railroad
- Sert comme espionne, éclaireure et infirmière pour l'armée de l'Union pendant la guerre de Sécession (1861-1865)
- Meurt le 10 mars 1913 ; son portrait est prévu sur le billet de 20 dollars américains
Œuvres & réalisations
Harriet Tubman effectua une dizaine de missions sur l'Underground Railroad, libérant directement environ 70 personnes et inspirant des centaines d'autres. Ce réseau clandestin de maisons refuges s'étendait du Sud esclavagiste jusqu'au Canada.
Opération militaire unique dans l'histoire américaine, planifiée et menée par Harriet Tubman comme espionne et guide pour l'armée de l'Union en Caroline du Sud. Plus de 700 esclaves furent libérés en une seule nuit.
Premier récit biographique basé sur les témoignages directs d'Harriet Tubman, publié pour financer ses actions humanitaires. Source primaire fondamentale sur ses missions et sa vision du monde.
Seconde biographie autorisée d'Harriet Tubman, enrichie de nouveaux témoignages et anecdotes. Le titre 'Moïse de son peuple' reprend le surnom que lui avait donné le mouvement abolitionniste.
Harriet Tubman fonda à Auburn (New York) une maison d'accueil pour les personnes âgées et démunies, notamment d'anciens esclaves. Ce projet, géré avec l'Église Épiscopale Méthodiste Africaine, illustre son engagement social jusqu'à la fin de sa vie.
Anecdotes
Vers l'âge de douze ans, Harriet reçut un violent coup à la tête lorsqu'un contremaître lui lança un lingot de métal pour arrêter un esclave en fuite. Cette blessure lui causa des crises d'épilepsie tout au long de sa vie, pendant lesquelles elle tombait brusquement endormie. Malgré ce handicap, elle réussit à mener des dizaines de missions clandestines, parfois en pleine crise.
Harriet Tubman se vantait de n'avoir 'jamais perdu un seul passager' sur l'Underground Railroad. Pour s'en assurer, elle imposait une règle implacable : quiconque voulait rebrousser chemin mettait en danger l'ensemble du groupe et risquait de trahir tout le réseau. Elle portait un revolver et ne plaisantait pas avec cette règle.
En juin 1863, Harriet Tubman dirigea personnellement le raid de Combahee River en Caroline du Sud, guidant des soldats de l'Union à travers des zones minées que lui avaient signalées ses espions locaux. En une seule nuit, plus de 700 esclaves furent libérés — une opération militaire unique dans l'histoire américaine car dirigée par une femme.
Frederick Douglass, lui-même ancien esclave et grand abolitionniste, lui écrivit en 1868 : 'Je te connais depuis longtemps et, parmi tous les hommes ou femmes dont j'ai entendu parler, peu ont vécu des vies aussi héroïques que la tienne.' Cette lettre reste l'un des témoignages les plus éloquents sur son courage.
À la fin de sa vie, Harriet Tubman milita activement pour le droit de vote des femmes. En 1911, à plus de 80 ans, elle déclara à une assemblée suffragiste : 'J'ai souffert assez pour croire que les femmes méritent le droit de vote.' Elle mourut en 1913, sept ans avant le 19e amendement qui accordera enfin ce droit.
Sources primaires
Je te connais depuis longtemps, et depuis longtemps j'ai tenu ton œuvre sacrée. Je n'ai pas oublié que l'obscurité, qui était un handicap pour la plupart, était une aide pour toi. Le soleil ne t'éclairait que pour te trahir, la nuit était ton bouclier.
Quand je me suis évadée, j'avais droit à deux choses : la liberté ou la mort. Si on m'avait rattrapée et ramenée en esclavage, ils auraient pu prendre l'une ou l'autre, pas moi.
Elle dit qu'elle ne perdit jamais un seul passager, qu'elle ne permit jamais à une âme de faire demi-tour, et que jusqu'à ce jour, elle n'avait jamais couru le risque qu'on la prenne.
Harriet Tubman raconte qu'elle entendait la voix de Dieu lui indiquant le chemin à suivre et qu'elle faisait confiance à ces instructions pour guider ses fugitifs, quelles que soient les circonstances.
Lieux clés
Lieu de naissance et de vie en esclavage d'Harriet Tubman, jusqu'à son évasion en 1849. La région est aujourd'hui classée site historique national américain en sa mémoire.
Première destination libre d'Harriet Tubman lors de sa fuite en 1849 et base de départ de ses premières missions de sauvetage. La ville était un carrefour majeur du mouvement abolitionniste.
Ville canadienne où Harriet Tubman s'installa entre 1851 et 1857 pour mettre ses fugitifs hors de portée des lois américaines sur les esclaves fugitifs. Elle y organisa de nombreuses missions depuis cette base sécurisée.
Résidence permanente d'Harriet Tubman à partir de 1859, où elle vécut jusqu'à sa mort en 1913. Elle y fonda une maison d'accueil pour personnes âgées et démunies, transformée aujourd'hui en musée national.
Site du célèbre raid du 2 juin 1863, dirigé par Harriet Tubman accompagnée de soldats noirs de l'Union. En une seule nuit, plus de 700 esclaves furent libérés lors de cette opération militaire historique.
Objets typiques

Harriet Tubman portait toujours une arme lors de ses missions sur l'Underground Railroad. Elle s'en servait pour dissuader quiconque voulait abandonner le groupe, car un fugitif repris risquait sous la torture de trahir l'ensemble du réseau.
📷 CC BY 2.5 · Wikimedia Commons ↗
Cette lanterne à volet orientable permettait d'éclairer le chemin sans révéler la position du groupe aux chasseurs d'esclaves et aux patrouilles. Elle était un outil indispensable lors des longues marches nocturnes à travers forêts et marécages.

Harriet Tubman portait parfois cet opiacé liquide pour calmer les nourrissons et jeunes enfants lors des fuites, évitant que leurs pleurs n'alertent les patrouilles ou les voisins potentiellement hostiles.

Profondément croyante, Harriet Tubman s'appuyait sur sa foi pour guider ses décisions et maintenir le moral de ses fugitifs. Elle attribuait ses 'visions' — probablement liées à ses crises d'épilepsie — à des messages divins lui indiquant le chemin à suivre.
📷 CC BY-SA 2.0 · Wikimedia Commons ↗
Pour passer inaperçue, Harriet Tubman se déguisait parfois en homme, en vieille femme ou dissimulait son visage sous un large châle. Ces déguisements lui permettaient de circuler relativement librement dans des régions esclavagistes où elle était recherchée.

Documents falsifiés attestant qu'un esclave avait été légalement affranchi par son maître. Harriet et ses complices abolitionnistes utilisaient ces papiers pour permettre aux fugitifs de franchir les checkpoints sans être immédiatement arrêtés.
Programmes scolaires
Vocabulaire & tags
Vocabulaire clé
Tags
Vie quotidienne
Matin
Lors de ses missions clandestines, Harriet Tubman se levait avant l'aube pour profiter de l'obscurité. Le groupe se cachait ensuite en journée dans des granges, des caves ou des forêts denses, parfois chez des sympathisants abolitionnistes — Blancs et Noirs libres — qui faisaient partie du réseau.
Après-midi
Le jour, Harriet et ses fugitifs restaient immobiles et silencieux dans leurs cachettes, économisant leurs forces pour la nuit suivante. Elle étudiait les étoiles, notamment l'étoile polaire, et mémorisait les chemins et repères naturels pour guider l'étape suivante.
Soir
À la tombée de la nuit, le groupe reprenait sa marche vers le Nord, souvent sur plusieurs dizaines de kilomètres à travers forêts, marécages et rivières. Harriet chantait des spirituals codés ('Go Down Moses', 'Wade in the Water') pour communiquer des informations au groupe sans éveiller les soupçons des passants.
Alimentation
Pendant les fuites, l'alimentation était frugale et improvisée : baies sauvages, maïs cru ou cuit, nourriture discrètement apportée par des sympathisants lors des étapes. Une fois à destination, les anciens esclaves accédaient aux repas communautaires des familles abolitionnistes qui les hébergeaient.
Vêtements
Harriet Tubman portait des vêtements simples et robustes, adaptés aux longues marches en pleine nature et par tous les temps. Pour ses missions de déguisement, elle revêtait des habits d'homme, de vieille femme ou se couvrait d'un large châle pour dissimuler ses traits lors des passages en zones dangereuses.
Habitat
Harriet Tubman vécut successivement dans des cabanes de plantation en esclavage, puis dans des maisons de passage de l'Underground Railroad appartenant à des abolitionnistes, et enfin dans sa propre maison à Auburn (New York) achetée grâce à l'aide du sénateur William Henry Seward. Cette demeure est aujourd'hui classée monument historique national.
Frise contextuelle
Vocabulaire d'époque
Liens externes & ressources
Références
Œuvres
Underground Railroad — réseau de filières clandestines
1849-1860
Scenes in the Life of Harriet Tubman, recueillis par Sarah Bradford
1869
Harriet Tubman: The Moses of Her People, par Sarah Bradford
1886
Harriet Tubman Home — maison d'accueil pour personnes âgées
1896






