Chief Joseph(1840 — 1904)

Chef Joseph

États-Unis

7 min de lecture

PolitiqueMilitaireSociétéRésistant(e)XIXe siècleConquête de l'Ouest américain et guerres indiennes de la seconde moitié du XIXe siècle, marquées par la dépossession des terres amérindiennes et leur déportation dans des réserves.

Chef de la tribu amérindienne des Nez-Percés. En 1877, il mena son peuple dans une retraite désespérée de près de 1700 km pour échapper à l'armée américaine et gagner le Canada, avant de se rendre à quelques kilomètres de la frontière.

Questions fréquentes

Le chef Joseph (1840-1904) était le chef de la bande des Nez-Percés de la vallée de la Wallowa. Ce qu'il faut retenir, c'est qu'il est devenu un symbole de la résistance amérindienne non pas par ses talents militaires, mais par son rôle de protecteur de son peuple lors de la célèbre retraite de 1877. Moins un stratège qu'un gardien des familles, il mena les siens sur près de 1 700 km à travers montagnes et rivières pour tenter d'atteindre le Canada, avant de se rendre à une soixantaine de kilomètres de la frontière. Son discours de reddition conclu par « Je ne combattrai plus jamais » est devenu l'un des textes amérindiens les plus cités.

Citations célèbres

« Je ne combattrai plus jamais.»

Faits marquants

  • Né vers 1840 dans la vallée de la Wallowa (Oregon actuel)
  • Refuse en 1877 de céder les terres ancestrales des Nez-Percés à l'armée américaine
  • Mène en 1877 une retraite d'environ 1700 km vers le Canada, échappant plusieurs fois aux troupes
  • Se rend en octobre 1877 près des Bear Paw Mountains, à une soixantaine de kilomètres de la frontière canadienne
  • Meurt en 1904 dans une réserve de l'État de Washington

Œuvres & réalisations

La retraite des Nez-Percés (juin-octobre 1877)

Une fuite de près de 1700 km à travers montagnes et rivières pour échapper à l'armée. Cette épopée, ponctuée de batailles, frappa l'opinion publique américaine.

Discours de reddition aux Bear Paw (5 octobre 1877)

Bref discours conclu par « Je ne combattrai plus jamais », devenu l'un des textes amérindiens les plus cités. Il symbolise la fin tragique de la résistance nez-percée.

« An Indian's View of Indian Affairs » (1879)

Texte publié dans la North American Review où Joseph expose le point de vue de son peuple et réclame l'égalité des droits. C'est un rare témoignage amérindien diffusé à grande échelle à l'époque.

Voyage de plaidoyer à Washington (1879)

Démarche diplomatique auprès du président Hayes et des responsables fédéraux pour obtenir le retour de son peuple. Elle fit connaître sa cause au-delà de l'Ouest.

Le maintien de l'unité de sa bande en exil (1877-1885)

Pendant la déportation au Territoire indien puis à Colville, Joseph s'efforça de protéger les survivants et de préserver leur cohésion. Son rôle fut surtout politique et moral.

Combat pour le retour dans la Wallowa (1885-1904)

Jusqu'à sa mort, Joseph multiplia les demandes pour ramener son peuple sur ses terres ancestrales. Cette revendication resta sans réponse mais marqua durablement la mémoire.

Anecdotes

Le vrai nom de Chef Joseph en langue nez-percée était Hin-mah-too-yah-lat-kekt, ce qui signifie « Tonnerre roulant du haut de la montagne ». Le prénom « Joseph » lui vient des missionnaires qui avaient baptisé son père, surnommé « Vieux Joseph ».

En octobre 1877, après une fuite de près de 1700 km, Joseph se rendit à l'armée à seulement une soixantaine de kilomètres de la frontière canadienne. Ses mots, rapportés par le lieutenant Charles Wood, sont restés célèbres : « D'où le soleil se tient maintenant, je ne combattrai plus jamais. »

Les journaux américains le surnommèrent le « Napoléon rouge », croyant qu'il était un génie militaire. En réalité, les décisions de guerre étaient prises collectivement par plusieurs chefs comme Looking Glass et White Bird ; Joseph veillait surtout sur les familles, les vieillards et les troupeaux pendant la retraite.

En 1879, Joseph se rendit à Washington pour plaider la cause de son peuple. Il y rencontra le président Rutherford Hayes et fit publier dans une grande revue un texte où il réclamait l'égalité : « Traitez tous les hommes de la même façon. »

Les Nez-Percés étaient réputés pour élever les chevaux appaloosa, reconnaissables à leur robe tachetée. Lorsqu'ils se rendirent, l'armée confisqua et dispersa une grande partie de ces troupeaux, ce qui faillit faire disparaître la race.

Joseph mourut en 1904 dans la réserve de Colville, loin de sa vallée natale de la Wallowa où on ne l'avait jamais autorisé à revenir. Le médecin de la réserve aurait écrit qu'il était mort « le cœur brisé ».

Sources primaires

Discours de reddition de Chef Joseph (rapporté par le lieutenant C. E. S. Wood) (5 octobre 1877)
Je suis fatigué de combattre. Nos chefs sont tués... Il fait froid et nous n'avons pas de couvertures... Écoutez-moi, mes chefs, je suis fatigué ; mon cœur est malade et triste. D'où le soleil se tient maintenant, je ne combattrai plus jamais.
« An Indian's View of Indian Affairs », North American Review (avril 1879)
Laissez-moi être un homme libre — libre de voyager, libre de m'arrêter, libre de travailler, libre de commercer où je choisis, libre de suivre la religion de mes pères, libre de penser, de parler et d'agir par moi-même.
Dernières paroles du Vieux Joseph, rapportées par Chef Joseph (1871 (publié en 1879))
Souviens-toi toujours que ton père n'a jamais vendu son pays. Bouche-toi les oreilles chaque fois qu'on te demandera de signer un traité vendant ta terre natale.
Plaidoyer de Joseph devant les responsables, North American Review (1879)
Traitez tous les hommes de la même façon. Donnez-leur à tous la même loi. Donnez-leur à tous une chance égale de vivre et de grandir.

Lieux clés

Vallée de la Wallowa (Oregon)

Terre natale de Joseph et de sa bande, dans le nord-est de l'Oregon. Il défendit toute sa vie le droit d'y revenir, sans jamais l'obtenir.

White Bird Canyon (Idaho)

Site de la première bataille de la guerre de 1877, en juin. Les Nez-Percés y infligèrent une lourde défaite à l'armée américaine.

Champ de bataille de Big Hole (Montana)

Lieu d'une attaque surprise de l'armée contre le campement nez-percé en août 1877. De nombreuses femmes et enfants y furent tués.

Champ de bataille des Bear Paw (Montana)

Lieu de l'ultime affrontement et de la reddition de Joseph en octobre 1877, à une soixantaine de kilomètres de la frontière canadienne.

Washington D.C.

Capitale où Joseph se rendit en 1879 pour plaider la cause de son peuple et rencontra le président Hayes.

Réserve de Colville, Nespelem (Washington)

Réserve de l'État de Washington où Joseph fut assigné après l'exil, loin de la Wallowa. Il y mourut en 1904.

Voir aussi