Geronimo(1829 — 1909)

Geronimo

États-Unis, Mexique

6 min de lecture

MilitairePolitiqueSociétéRésistant(e)XIXe siècleConquête de l'Ouest américain et guerres indiennes au XIXe siècle

Chef de guerre et homme-médecine apache chiricahua, Geronimo mena la résistance armée contre l'expansion des États-Unis et du Mexique dans le Sud-Ouest américain. Sa reddition en 1886 marqua la fin des grandes guerres indiennes.

Questions fréquentes

Pour comprendre qui était Geronimo, il faut imaginer un chef de guerre et homme-médecine apache chiricahua qui a résisté pendant plus de trente ans à l'expansion américaine et mexicaine dans le Sud-Ouest. Ce qui le rend singulier, c'est qu'avec une poignée de guerriers, il a tenu tête à des milliers de soldats, jusqu'à sa reddition en 1886 qui marque la fin des grandes guerres indiennes. Ce qu'il faut retenir, c'est que son nom est devenu un symbole de la résistance amérindienne, mais aussi un mythe de l'Ouest « pacifié ».

Citations célèbres

« I was born on the prairies where the wind blew free and there was nothing to break the light of the sun. »

Faits marquants

  • Né vers 1829 dans la région de la haute rivière Gila (actuel Nouveau-Mexique/Arizona)
  • En 1858, sa famille est massacrée par des soldats mexicains, déclenchant sa lutte armée
  • Mène pendant des décennies des raids contre les forces mexicaines et américaines
  • Se rend définitivement au général Nelson Miles le 4 septembre 1886, dernière grande reddition apache
  • Meurt prisonnier de guerre à Fort Sill (Oklahoma) le 17 février 1909

Œuvres & réalisations

Résistance contre le Mexique (à partir de 1851)

Après le massacre de sa famille, Geronimo mène de nombreux raids contre les villes et l'armée mexicaines, devenant un chef de guerre redouté.

Guerres apaches aux côtés de Cochise (1861-1872)

Il combat l'expansion américaine dans le Sud-Ouest, participant aux affrontements qui suivent l'affaire Bascom et la bataille d'Apache Pass.

Évasions de la réserve de San Carlos (1878-1886)

Refusant l'enfermement, il s'enfuit à plusieurs reprises vers la Sierra Madre, tenant tête à des milliers de soldats avec une poignée de combattants.

Reddition finale de 1886 (4 septembre 1886)

Sa reddition au général Miles à Skeleton Canyon met un terme aux grandes guerres indiennes, événement majeur de l'histoire de l'Ouest américain.

Geronimo's Story of His Life (mémoires) (1906)

Récit autobiographique dicté à S. M. Barrett, témoignage rare du point de vue d'un chef amérindien sur la conquête de ses terres.

Apparition au défilé présidentiel de 1905 (1905)

Sa participation à l'investiture de Theodore Roosevelt fait de lui une célébrité nationale, symbole ambigu d'un Ouest « pacifié ».

Anecdotes

Le vrai nom de Geronimo était Goyahkla, « celui qui bâille ». Le nom « Geronimo » lui fut donné par des soldats mexicains : pris de panique pendant ses attaques, ils invoquaient saint Jérôme en criant « Jeronimo ! ». Le surnom resta toute sa vie.

En 1851, alors qu'il revient d'un village avec d'autres guerriers, Geronimo apprend que des soldats mexicains ont attaqué son campement à Janos. Sa mère, sa femme Alope et ses trois jeunes enfants ont été tués. Cette tragédie nourrit sa haine et sa résistance pendant des décennies.

Geronimo avait une réputation de pouvoir surnaturel parmi les Apaches : on disait qu'il pouvait pressentir le danger et que les balles ne pouvaient l'atteindre. À la fin de sa carrière, les armées américaine et mexicaine durent mobiliser des milliers de soldats pour capturer sa petite bande d'une trentaine de personnes.

En 1905, devenu prisonnier célèbre, Geronimo défila à cheval lors de l'investiture du président Theodore Roosevelt à Washington. La même année, il dicta ses mémoires et demanda en vain au président l'autorisation de rentrer mourir sur sa terre natale d'Arizona.

Geronimo mourut prisonnier de guerre en 1909, à Fort Sill, sans jamais avoir pu revenir chez lui. Il était tombé de cheval une nuit froide et passa des heures au sol avant d'être retrouvé, contractant la pneumonie qui l'emporta.

Sources primaires

Geronimo's Story of His Life, mémoires dictés à S. M. Barrett (1906)
Je suis né dans le cañon de No-doyohn, en Arizona, en juin 1829.
Geronimo's Story of His Life — récit du massacre de Kas-ki-yeh (1906)
Des troupes mexicaines avaient attaqué notre camp, tué les guerriers de la garde, capturé nos chevaux et tué beaucoup de nos femmes et de nos enfants.
Paroles de reddition rapportées au général Nelson Miles, Skeleton Canyon (septembre 1886)
Autrefois je me déplaçais comme le vent. Maintenant je me rends à vous, et c'est tout.
Geronimo's Story of His Life — sur la perte de sa terre (1906)
Il n'existe pas de meilleur pays au monde que celui des White Mountains ; je désire ardemment y retourner.

Lieux clés

Vallée du haut Gila (No-doyohn Canyon)

Région des sources du fleuve Gila où Geronimo naquit et grandit, au cœur du territoire chiricahua, entre l'Arizona et le Nouveau-Mexique actuels.

Janos (Chihuahua, Mexique)

Ville proche du lieu du massacre de Kas-ki-yeh en 1851, où des soldats mexicains tuèrent la famille de Geronimo.

Réserve de San Carlos (Arizona)

Réserve aride et insalubre où les Apaches furent regroupés de force ; Geronimo s'en évada à plusieurs reprises pour reprendre la lutte.

Skeleton Canyon (Arizona)

Lieu de la reddition finale de Geronimo au général Nelson Miles, le 4 septembre 1886, marquant la fin des grandes guerres indiennes.

Fort Marion, Saint Augustine (Floride)

Ancien fort espagnol transformé en lieu de détention où les Apaches prisonniers furent envoyés, loin de leur désert d'origine.

Fort Sill (Oklahoma)

Dernier lieu de captivité de Geronimo, où il vécut ses dernières années et mourut en 1909, toujours prisonnier de guerre. Il y est enterré.

Voir aussi