Portrait de Hegel

Hegel

Hegel

1770 — 1831

royaume de Prusse

PhilosophiePhilosopheTemps modernesFin du XVIIIe siècle et début du XIXe siècle (époque romantique et post-révolutionnaire)

Philosophe allemand (1770-1831), Hegel est l'un des plus grands penseurs de l'idéalisme allemand. Il a développé une méthode dialectique et une philosophie de l'histoire influente, particulièrement exposée dans la Phénoménologie de l'Esprit.

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Citations célèbres

« Ce qui est rationnel est réel, et ce qui est réel est rationnel »

Faits marquants

  • 1807 : Publication de la PhĂ©nomĂ©nologie de l'Esprit, ouvrage fondateur
  • 1816-1817 : EncyclopĂ©die des sciences philosophiques, synthèse de sa pensĂ©e
  • DĂ©veloppement de la mĂ©thode dialectique (thèse, antithèse, synthèse)
  • Élaboration d'une philosophie de l'histoire comme progrès de la libertĂ©
  • 1818 : Professeur Ă  l'UniversitĂ© de Berlin, influence majeure en Allemagne

Œuvres & réalisations

Phénoménologie de l'Esprit (1807)

Première grande œuvre de Hegel, elle trace le parcours de la conscience humaine depuis la perception sensible jusqu'au savoir absolu. C'est l'un des textes fondateurs de la philosophie moderne, influençant Marx, Sartre et de nombreux penseurs du XXe siècle.

Science de la Logique (1812-1816)

Exposé systématique de la logique dialectique en trois volumes, comprenant la doctrine de l'Être, de l'Essence et du Concept. Cette œuvre constitue le cœur métaphysique du système hégélien.

Encyclopédie des sciences philosophiques (1817)

Synthèse du système hégélien en trois parties : logique, philosophie de la nature et philosophie de l'Esprit. Conçue comme manuel pour ses cours, elle offre la vision la plus complète et structurée de la philosophie de Hegel.

Principes de la philosophie du droit (1821)

Traité de philosophie politique exposant la théorie hégélienne de la famille, de la société civile et de l'État. Cette œuvre a profondément influencé la pensée politique du XIXe et XXe siècles, notamment par son analyse du rôle de l'État rationnel.

Leçons sur la philosophie de l'histoire (1837 (posthume))

Recueil de cours publiés après la mort de Hegel, exposant sa vision de l'histoire universelle comme déploiement de la Raison. Ce texte est l'une des introductions les plus accessibles à la pensée hégélienne.

Leçons sur l'esthétique (1835 (posthume))

Cours sur la philosophie de l'art, reconstituant la théorie hégélienne du beau et de l'art comme expression sensible de l'Idée absolue. Ces leçons ont fondé l'esthétique philosophique comme discipline académique.

Anecdotes

Hegel était tellement absorbé par la rédaction de sa Phénoménologie de l'Esprit qu'il termina le manuscrit la nuit précédant la bataille d'Iéna en octobre 1806, alors que les canons de Napoléon tonnaient aux portes de la ville. Il écrivit à son ami Niethammer qu'il avait vu 'l'Esprit du monde à cheval' en apercevant Napoléon traverser la ville.

Hegel était un professeur réputé pour l'obscurité de ses cours à l'université de Berlin. Ses étudiants prenaient des notes frénétiques mais avouaient souvent ne comprendre qu'après de longues heures de relecture. On rapporte qu'il lui arrivait de s'arrêter au milieu d'une phrase, de rester silencieux plusieurs minutes, avant de reprendre son développement comme si rien ne s'était passé.

Jeune étudiant au Stift de Tübingen, Hegel partageait sa chambre avec le poète Hölderlin et le philosophe Schelling. Les trois jeunes gens, enthousiastes par la Révolution française, auraient planté ensemble un 'arbre de la liberté' dans un pré voisin en signe de solidarité avec les révolutionnaires parisiens, vers 1793.

Hegel fut nommé recteur du Gymnasium de Nuremberg en 1808. Il se révéla un administrateur rigoureux et soucieux de la formation des jeunes, rédigeant lui-même des discours annuels aux élèves pour les exhorter à l'effort intellectuel et à la discipline morale, convaincu que l'éducation était la clé du progrès de l'Esprit.

À sa mort en 1831, vraisemblablement du choléra qui ravageait Berlin, Hegel laissa une œuvre si dense que ses disciples se divisèrent immédiatement en deux camps : les 'vieux-hégéliens' conservateurs et les 'jeunes-hégéliens' progressistes, parmi lesquels se trouvait un certain Karl Marx.

Sources primaires

Phénoménologie de l'Esprit – Préface (1807)
Le vrai est le tout. Mais le tout n'est que l'essence s'accomplissant par son développement. De l'Absolu, il faut dire qu'il est essentiellement résultat.
Principes de la philosophie du droit – Préface (1821)
Ce qui est rationnel est réel, et ce qui est réel est rationnel.
Leçons sur la philosophie de l'histoire – Introduction (1837 (posthume))
La seule pensée que la philosophie apporte, c'est la simple idée de la Raison : la Raison gouverne le monde, et par conséquent l'histoire universelle s'est déroulée rationnellement.
Lettre Ă  Friedrich Niethammer (13 octobre 1806) (1806)
J'ai vu l'Empereur – cette âme du monde – sortir de la ville pour aller en reconnaissance. C'est effectivement une sensation merveilleuse de voir un tel individu qui, concentré ici en un point, assis sur un cheval, s'étend sur le monde et le domine.
Encyclopédie des sciences philosophiques – §18 (1817)
On peut définir la philosophie, provisoirement, comme la science pensante des choses. Elle s'oppose à une saisie non pensante, c'est-à-dire sensible et représentative, de ces choses.

Lieux clés

Stuttgart, Wurtemberg

Ville natale de Hegel, alors capitale d'un duché d'empire allemand. C'est dans ce milieu bourgeois protestant souabe qu'il reçut sa première éducation et développa son rapport à la religion luthérienne.

Stift de TĂĽbingen

Séminaire protestant où Hegel étudia la théologie et la philosophie de 1788 à 1793. C'est là qu'il noua sa profonde amitié avec Hölderlin et Schelling, formant l'un des trios intellectuels les plus féconds de l'histoire de la philosophie.

Université d'Iéna

Hegel y enseigna de 1801 à 1807 et y rédigea la Phénoménologie de l'Esprit. Cette ville fut aussi le théâtre de la bataille napoléonienne qui fascina le philosophe et nourrit sa conception de l'histoire.

Gymnasium de Nuremberg

Établissement scolaire dont Hegel fut directeur de 1808 à 1816. Il y élabora une pédagogie fondée sur la rigueur et l'effort, et y rédigea une partie de la Science de la Logique.

Université de Berlin (Humboldt-Universität)

Institution fondée en 1810 par Wilhelm von Humboldt où Hegel obtint la chaire de philosophie en 1818. Il y connut la gloire, attirant des étudiants de toute l'Europe jusqu'à sa mort en 1831.

Objets typiques

Plume d'oie et encrier

Instrument quotidien de Hegel, qui rédigea à la main des milliers de pages de philosophie dense. La lenteur de l'écriture à la plume correspondait à son style de pensée laborieux et méthodique.

Gazette de Bamberg (Bamberger Zeitung)

Journal dont Hegel fut rédacteur entre 1807 et 1808 pour subvenir à ses besoins. Cette expérience journalistique confirma son intérêt pour l'actualité politique comme manifestation de l'Esprit dans l'histoire.

Pipe en porcelaine

Comme beaucoup de bourgeois allemands de l'époque, Hegel fumait la pipe lors de ses moments de réflexion et de discussion avec ses collègues. C'était un rituel social important dans les cercles intellectuels de Berlin.

Redingote noire et chapeau haut-de-forme

Tenue caractéristique du professeur d'université prussien de l'époque Biedermeier. Le portrait le plus célèbre de Hegel, peint par Schlesinger en 1831, le montre vêtu de ce costume sobre de notable.

Cahiers de cours annotés

Hegel préparait ses leçons sur des cahiers couverts de notes manuscrites et de corrections. Ses étudiants retranscrivaient ces cours, constituant ainsi les Vorlesungen publiés après sa mort.

Bouteille de vin du Rhin

Hegel appréciait le vin rhénan et en offrait souvent à ses hôtes lors de ses dîners à Berlin. Il accordait une importance au convivium, ce moment de partage qui, selon lui, favorisait l'échange d'idées.

Programmes scolaires

LycéePhilosophie — La philosophie de l'histoire
LycéePhilosophie — La dialectique comme méthode philosophique
LycéePhilosophie — La conscience et l'auto-conscience
LycéePhilosophie — La liberté et la nécessité
LycéePhilosophie — L'État et la réalisation de la liberté
LycéePhilosophie — L'idéalisme et ses critiques

Vocabulaire & tags

Vocabulaire clé

dialectiquephénoménologieconscienceabsoluesprit (Geist)réalitélibertéÉtat

Tags

Mouvement

Concept

Hegeldialectiquephénoménologieconscienceabsoluesprit (Geist)réalitéÉtatFin du XVIIIe siècle et début du XIXe siècle (époque romantique et post-révolutionnaire)

Vie quotidienne

Matin

Hegel se levait tôt et commençait sa journée par une lecture des journaux, notamment la Gazette d'Augsbourg, à laquelle il était abonné. Il attachait une grande importance à l'actualité politique, y voyant la manifestation concrète de l'Esprit dans l'histoire. Il prenait ensuite un petit-déjeuner frugal avant de s'installer à son bureau pour travailler.

Après-midi

Les après-midis étaient consacrés à l'enseignement : Hegel donnait ses cours à l'université de Berlin devant un auditorium souvent bondé. Il lisait ses notes à voix basse, s'interrompant fréquemment pour reformuler ses pensées. Après ses cours, il recevait parfois des étudiants avancés ou des collègues pour des discussions philosophiques.

Soir

Les soirées à Berlin étaient pour Hegel un temps de sociabilité intellectuelle et bourgeoise. Il recevait chez lui ou fréquentait les salons littéraires et les cercles de discussion. Il appréciait le vin rhénan, jouait parfois aux cartes et discutait politique et philosophie jusqu'à une heure avancée de la nuit.

Alimentation

La cuisine de Hegel était celle d'un bourgeois souabe transplantré en Prusse : plats consistants à base de viande, de légumes et de pain, accompagnés de bière ou de vin. Il n'était pas particulièrement gourmet mais aimait les bons dîners en compagnie. À Nuremberg, il adopta les spécialités locales franconniennes.

VĂŞtements

Hegel portait la tenue sobre du professeur prussien : redingote noire boutonnée, cravate blanche nouée strictement, gilet et culotte ou pantalon. Son portrait par Schlesinger le montre vêtu avec une austérité qui reflétait son appartenance à la haute bourgeoisie protestante. Il ne recherchait pas l'élégance mais la respectabilité.

Habitat

À Berlin, Hegel habitait un appartement bourgeois confortable dans le centre de la ville, proche de l'université. Son cabinet de travail était au cœur de la maison, envahi de livres et de manuscrits. Il vivait avec son épouse Marie von Tucher, qu'il avait épousée en 1811, et ses enfants dans un foyer ordonné qui reflétait ses idéaux de vie familiale exposés dans la Philosophie du droit.

Frise contextuelle

1770Naissance de Georg Wilhelm Friedrich Hegel à Stuttgart, dans le duché de Wurtemberg.
1788Hegel entre au Stift théologique de Tübingen, où il rencontre Hölderlin et Schelling.
1789Début de la Révolution française, qui enthousiasme profondément Hegel et ses camarades.
1793Après ses études, Hegel devient précepteur à Berne, en Suisse, et poursuit ses lectures philosophiques.
1801Hegel rejoint Schelling à l'université d'Iéna et commence à y enseigner comme privatdozent.
1806Bataille d'Iéna : Napoléon écrase la Prusse ; Hegel achève la Phénoménologie de l'Esprit dans la ville occupée.
1807Publication de la Phénoménologie de l'Esprit, première grande œuvre systématique de Hegel.
1808Hegel est nommé directeur du Gymnasium de Nuremberg, poste qu'il occupe jusqu'en 1816.
1812Publication du premier tome de la Science de la Logique, exposant la logique dialectique hégélienne.
1817Hegel publie l'Encyclopédie des sciences philosophiques et obtient une chaire à Heidelberg.
1818Hegel est appelé à l'université de Berlin, alors la plus prestigieuse d'Allemagne, où il enseignera jusqu'à sa mort.
1821Publication des Principes de la philosophie du droit, synthèse de sa philosophie politique et sociale.
1830Hegel est élu recteur de l'université de Berlin ; les révolutions de Juillet en France le préoccupent.
1831Mort de Hegel à Berlin, probablement du choléra, le 14 novembre.
1841Feuerbach publie L'Essence du christianisme, amorçant la critique matérialiste du hégélianisme qui inspirera Marx.

Vocabulaire d'époque

Dialectique (Dialektik) — Méthode philosophique fondée sur le mouvement thèse-antithèse-synthèse. Pour Hegel, c'est le mouvement même de la pensée et de la réalité, non une simple technique de raisonnement.
Aufhebung (dépassement) — Terme intraduisible signifiant à la fois 'supprimer', 'conserver' et 'élever'. C'est le mouvement par lequel quelque chose est nié mais aussi conservé à un niveau supérieur dans la dialectique hégélienne.
Geist (Esprit) — Concept central de la philosophie de Hegel désignant la conscience, la raison ou l'esprit universel qui se déploie dans l'histoire. Ce n'est pas simplement l'esprit individuel mais la dimension collective et absolue de la pensée.
Sittlichkeit (éthicité) — Concept hégélien désignant la morale concrète et vécue dans les institutions sociales (famille, société civile, État), par opposition à la morale abstraite de Kant. C'est l'éthique incarnée dans les mœurs d'une communauté.
Privatdozent — Statut universitaire allemand du début du XIXe siècle désignant un enseignant non rémunéré par l'université, vivant des honoraires versés directement par ses étudiants. Hegel occupa ce statut précaire à Iéna avant d'obtenir une chaire.
Idéalisme allemand (Deutscher Idealismus) — Courant philosophique dominant en Allemagne entre 1780 et 1830, représenté par Kant, Fichte, Schelling et Hegel. Ces penseurs considèrent que la réalité est fondamentalement déterminée par la pensée ou l'esprit plutôt que par la matière.
Weltgeist (Esprit du monde) — Expression hégélienne désignant la raison universelle qui se manifeste dans l'histoire à travers les grands événements et les grands individus. Hegel voyait Napoléon comme une incarnation de ce principe historique en action.
Biedermeier — Courant culturel et artistique allemand et autrichien entre 1815 et 1848, valorisant la vie bourgeoise simple, l'intérieur domestique confortable et l'ordre politique conservateur. Hegel vécut la majeure partie de sa vie d'adulte dans ce contexte culturel.
Stift — Désigne en Allemagne un internat ou séminaire, souvent de tradition religieuse, destiné à la formation des clercs ou des élites intellectuelles. Le Stift de Tübingen, où étudia Hegel, était un séminaire protestant réputé.
Phénoménologie — Étude des phénomènes tels qu'ils apparaissent à la conscience. Hegel donna à ce terme un sens spécifique : le parcours de l'esprit humain à travers ses différentes formes de conscience jusqu'à la connaissance absolue.

Galerie


German:  Bildnis des Philosophen Georg Wilhelm Friedrich Hegel, Berlin 1831The Philosopher Georg Friedrich Wilhelm Hegeltitle QS:P1476,de:"Bildnis des Philosophen Georg Wilhelm Friedrich Hegel, Berli

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Style visuel

Esthétique allemande Biedermeier et romantique, mêlant l'austérité sombre des intérieurs bourgeois prussiens à la grandeur néoclassique des institutions universitaires berlinoises.

#2C1F0E
#5C4A2A
#8B7355
#C4A882
#E8DCC8
Prompt IA
Early 19th century German Romantic and Biedermeier aesthetic. Dark, austere study lined with leather-bound volumes, candlelight casting warm shadows on wooden furniture. Oil portrait style reminiscent of Schlesinger or Friedrich: precise brushwork, somber palette with deep browns, blacks and muted grays, occasional warm ochre. Prussian Berlin architecture in the background: neoclassical columns, stone facades. Dense manuscript pages covered in Gothic script. Contrasting atmosphere between intimate bourgeois interiors and grand Napoleonic historical panoramas suggesting the drama of history.

Ambiance sonore

Atmosphère studieuse et austère d'une ville universitaire prussienne du début du XIXe siècle, mêlant le silence du cabinet de travail aux bruits de la rue berlinoise et aux débats des cercles intellectuels.

Prompt IA
Early 19th century German university city ambiance. Quill scratching on paper in a quiet study, pages turning slowly. Distant church bells ringing the hours in a Protestant Prussian city. Street noise of Berlin: horse hooves on cobblestones, vendors calling, carriage wheels. University lecture hall with a professor's deliberate voice echoing under high ceilings, students writing hurriedly. Evening: a heated philosophical discussion around a table, wine being poured, candlelight crackling. In the background, faint echoes of military drums and Napoleonic era marches from a nearby parade ground.

Source du portrait

Wikimedia Commons — CC BY-SA 3.0 — Joachim Schmid, FG RZ, FA Geisenheim — 2009