Compositeur allemand (1770-1827) qui a marqué la transition entre le classicisme et le romantisme musical. Malgré sa surdité progressive, il a créé des œuvres majeures qui ont révolutionné la musique occidentale, dont la célèbre 9e Symphonie.
Ludwig van Beethoven(1770 — 1827)
Ludwig van Beethoven
empire d'Autriche, électorat de Cologne
8 min de lecture
Questions fréquentes
Citations célèbres
« La musique est la médiatrice entre la vie de l'esprit et la vie sensuelle»
Faits marquants
- 1792 : s'installe à Vienne pour étudier auprès de Haydn
- 1801 : commence à souffrir de surdité progressive, événement qui marque profondément sa vie
- 1808 : création de la 5e et 6e symphonies lors d'un concert mémorable à Vienne
- 1824 : création de la 9e Symphonie avec le choeur, incluant l'Ode à la joie de Schiller
- 1827 : décès à Vienne, reconnu comme l'un des plus grands compositeurs de l'histoire
Œuvres & réalisations
Œuvre révolutionnaire par sa durée et son ambition, elle marque le tournant vers le style héroïque et romantique de Beethoven. Sa dédicace à Napoléon, effacée après la proclamation impériale, illustre les idéaux républicains du compositeur.
L'une des œuvres musicales les plus célèbres au monde, ouvrant sur quatre notes emblématiques (ta-ta-ta-TAA). Elle symbolise le destin que l'homme affronte et surmonte, reflet du combat de Beethoven contre la surdité.
Première symphonie à programme, décrivant en cinq mouvements les émotions ressenties dans la campagne. Elle illustre l'amour profond de Beethoven pour la nature, sa source d'inspiration et de refuge.
Parmi les sonates pour piano les plus jouées au monde, son premier mouvement en arpèges mélancoliques est immédiatement reconnaissable. Elle fut composée dans une période d'intense tourment personnel lié à la surdité naissante.
Unique opéra de Beethoven, il met en scène une femme qui se déguise en homme pour sauver son mari emprisonné injustement. Hymne à la liberté et à la fidélité, il reflète les idéaux humanistes et révolutionnaires du compositeur.
Chef-d'œuvre absolu composé alors que Beethoven était totalement sourd, elle intègre pour la première fois dans une symphonie un chœur chantant l'Ode à la joie de Schiller. L'hymne européen en est tiré et elle est inscrite au patrimoine de l'UNESCO.
Le plus grandiose des concertos pour piano de Beethoven, composé pendant le bombardement de Vienne par Napoléon. Sa majesté et sa virtuosité en firent rapidement une œuvre emblématique du style classique tardif.
Anecdotes
Beethoven était célèbre pour sa distraction et son désordre. Il changeait souvent de logement à Vienne, parfois plusieurs fois par an, laissant derrière lui des partitions éparpillées, des assiettes sales et des pots de chambre non vidés. Ses voisins se plaignaient régulièrement de son comportement imprévisible.
Devenant sourd progressivement dès 1798, Beethoven tenta de dissimuler son handicap le plus longtemps possible. En 1802, désespéré, il rédigea le 'Testament de Heiligenstadt', une lettre poignante à ses frères dans laquelle il confessait son désespoir mais aussi sa résolution de continuer à composer malgré tout.
Lors de la première de sa 9e Symphonie en 1824, Beethoven était présent sur scène pour diriger, mais comme il était totalement sourd, c'est un autre chef d'orchestre qui conduisait réellement les musiciens. À la fin du concert, il fallut qu'une soliste le retourne vers le public pour qu'il voie les ovations enthousiastes du public qu'il n'entendait pas.
Beethoven était un fervent admirateur de Napoléon Bonaparte, qu'il voyait comme l'incarnation des idéaux révolutionnaires de liberté. Il avait dédié sa 3e Symphonie à Napoléon. Mais lorsqu'il apprit que ce dernier s'était proclamé Empereur en 1804, il entra dans une rage folle, ratura violemment la dédicace et rebaptisa l'œuvre 'Symphonie héroïque'.
Pour compenser sa surdité, Beethoven utilisait des astuces ingénieuses : il sciait les pieds de son piano pour le poser directement sur le plancher et sentir les vibrations en posant sa mâchoire sur le bois. Il utilisait également de longues baguettes qu'il tenait entre ses dents et appuyait contre le piano pour percevoir les sons par conduction osseuse.
Sources primaires
Ô vous hommes qui me croyez malveillant, obstiné ou misanthrope, comme vous me faites tort ! Vous ignorez la cause secrète de ce qui vous semble ainsi. [...] Il m'était impossible de dire aux gens : parlez plus fort, criez, car je suis sourd.
Mon ange, mon tout, mon moi — seulement quelques mots aujourd'hui et même au crayon [...] Pourquoi cette profonde tristesse là où la nécessité parle ? Notre amour peut-il subsister autrement qu'en sacrifices, en ne demandant pas tout ?
Je mène une vie misérable. Depuis deux ans j'évite toute société parce qu'il m'est impossible de dire aux gens : je suis sourd. Si j'avais un autre métier ce serait plus facile, mais dans le mien c'est une situation terrible.
Ces cahiers, dans lesquels ses interlocuteurs écrivaient leurs questions et remarques que Beethoven ne pouvait entendre, témoignent de sa vie quotidienne à Vienne à partir de 1818 et de ses échanges avec éditeurs, amis et élèves.
Lieux clés
Ville natale de Beethoven, où il naquit en 1770 et reçut sa formation musicale initiale auprès de son père et de Christian Gottlob Neefe. Il y vécut jusqu'à l'âge de 22 ans.
Capitale musicale de l'Europe où Beethoven s'installa en 1792 et vécut jusqu'à sa mort. C'est là qu'il étudia avec Haydn, composa ses œuvres majeures et connut la gloire.
Village à la périphérie de Vienne où Beethoven séjourna en 1802 pour soigner sa surdité. C'est là qu'il rédigea son célèbre testament, témoignage de son désespoir et de sa volonté de surmonter son handicap.
Salle de concert historique où furent créées en 1808 la 5e et la 6e Symphonie de Beethoven lors d'un même concert légendaire de quatre heures.
Théâtre impérial viennois où fut donnée en 1824 la première de la 9e Symphonie, accueillie par une ovation debout mémorable à laquelle le compositeur sourd ne pouvait pas assister de façon auditive.
Objets typiques

Beethoven posséda plusieurs instruments, dont un grand piano Broadwood offert par le fabricant anglais en 1818. Devenu sourd, il en sciait les pieds pour sentir les vibrations directement dans le plancher.
📷 CC BY-SA 3.0 · Wikimedia Commons ↗
À partir de 1818, ses visiteurs écrivaient leurs messages dans ces carnets car il ne pouvait plus entendre. Environ 400 carnets ont été conservés, constituant une source précieuse sur sa vie.

Beethoven utilisait des cornets acoustiques conçus par son ami Johann Nepomuk Mälzel pour tenter d'amplifier les sons. Ces appareils primitifs ne compensaient que partiellement sa surdité croissante.

Beethoven notait méticuleusement ses idées musicales dans des carnets d'esquisses qu'il emportait partout. Ces brouillons témoignent de son processus de composition acharné et méthodique.
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Beethoven fut l'un des premiers compositeurs à utiliser et à défendre le métronome inventé par Mälzel, indiquant des tempos précis sur ses partitions, révolutionnant la pratique de l'interprétation musicale.
📷 CC BY 2.0 · Wikimedia Commons ↗
Les manuscrits de Beethoven, couverts de ratures et de corrections frénétiques, témoignent d'un compositeur perfectionniste qui travaillait et retravaillait sans cesse ses partitions avant publication.
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Vie quotidienne
Matin
Beethoven se levait à l'aube, souvent après une nuit agitée, et commençait immédiatement à travailler. Il préparait lui-même son café avec une attention maniaque, comptant exactement soixante grains pour chaque tasse. Il composait debout à son bureau, griffonnant des esquisses dans ses carnets avant même de s'habiller.
Après-midi
L'après-midi était consacrée aux longues promenades solitaires dans la campagne autour de Vienne, carnet en poche pour noter les idées musicales qui lui venaient. Il revenait souvent trempé et épuisé, mais avec des pages d'esquisses nouvelles. Il recevait parfois élèves ou visiteurs, communiquant par écrit à mesure que sa surdité progressait.
Soir
Les soirées étaient partagées entre la composition tardive, les dîners chez des mécènes aristocrates (les Lichnowsky, les Lobkowitz) et, aux heures de gloire, les représentations de ses œuvres. Il aimait les tavernes viennoises où il rejoignait quelques amis proches, buvant du vin et observant la société autour de lui.
Alimentation
Beethoven avait des habitudes alimentaires irrégulières et peu sophistiquées. Il appréciait la soupe de pain (Brotsuppe), les poissons du Danube, le vin du Rhin et surtout son café très fort du matin. Il mangeait souvent seul et frugalement, négligeant les repas quand il était plongé dans la composition.
Vêtements
Beethoven était réputé pour son apparence négligée : habits froissés, cravate mal nouée et cheveux en désordre qui choquaient dans la Vienne élégante du début du XIXe siècle. Il portait la tenue bourgeoise de l'époque (habit sombre, culotte, bas blancs) mais semblait toujours l'avoir enfilée à la hâte, bien loin de l'élégance des salons aristocratiques.
Habitat
Beethoven changea d'appartement plus de soixante fois à Vienne en trente-cinq ans, laissant partout désordre et impayés. Ses logements étaient systématiquement envahis de partitions, de carnets d'esquisses, de vaisselle sale et de pianos démontés. Il appréciait les appartements avec vue sur la campagne et rêvait toujours d'une maison à la campagne qu'il ne posséda jamais.
Frise contextuelle
Vocabulaire d'époque
Style visuel
L'univers visuel de Beethoven évoque le clair-obscur des portraits romantiques, les intérieurs viennois bourgeois et aristocratiques aux boiseries sombres, les salles de concert néoclassiques dorées et l'intense expressivité du début du XIXe siècle.
Ambiance sonore
L'ambiance sonore de Beethoven mêle la grandeur des salles de concert viennoises aux sons intimes d'un atelier de compositeur : pianoforte, orchestre qui s'accorde, bruits de la ville impériale du début du XIXe siècle.






