Henri II de Montmorency (1595-1632) fut le dernier duc de Montmorency, gouverneur du Languedoc et maréchal de France. Entraîné dans la révolte de Gaston d'Orléans contre Richelieu, il fut capturé à Castelnaudary puis décapité à Toulouse en 1632.
Henri II de Montmorency(1595 — 1632)
Henri II de Montmorency
France
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Questions fréquentes
Faits marquants
- Né en 1595, héritier de la maison de Montmorency, l'une des plus puissantes de France
- Nommé amiral de France très jeune, puis gouverneur du Languedoc
- Fait maréchal de France en 1630 après des victoires militaires
- Rejoint en 1632 la révolte de Gaston d'Orléans contre Richelieu et est vaincu et capturé à la bataille de Castelnaudary
- Décapité à Toulouse le 30 octobre 1632 sur ordre de Louis XIII, symbole de la répression des grands par la monarchie
Œuvres & réalisations
En tant qu'amiral, Montmorency défit la flotte protestante de Benjamin de Soubise, affirmant la puissance navale royale sur l'Atlantique.
Ses succès militaires dans le Piémont et le Montferrat lors de la guerre de Succession de Mantoue lui valurent le bâton de maréchal.
Administration d'une des plus riches provinces du royaume, où il développa une clientèle nobiliaire et un attachement populaire durables.
Montmorency fit aménager jardins et bâtiments du domaine familial, poursuivant le faste de sa maison.
Protecteur d'artistes et fondateur, avec son épouse, d'établissements religieux, il incarnait le grand seigneur fastueux de son temps.
Anecdotes
Henri II de Montmorency était le filleul du roi Henri IV, qui lui avait donné son prénom. Issu de l'une des plus puissantes familles de France, il devint amiral de France à seulement 17 ans, en 1612, héritant des charges de son père.
Lors de la bataille de Castelnaudary en 1632, Montmorency, emporté par sa bravoure, chargea seul les troupes royales et reçut dix-sept blessures avant d'être capturé. On dit que son cheval franchit plusieurs fossés avant de s'effondrer sous le nombre de coups.
Malgré les supplications de toute la noblesse européenne et même du pape, Richelieu et Louis XIII refusèrent la grâce. Pour éviter tout désordre, l'exécution eut lieu non sur une place publique mais dans la cour de l'hôtel de ville de Toulouse, le 30 octobre 1632.
Montmorency s'était illustré quelques années plus tôt comme un brillant chef de guerre, notamment en battant la flotte protestante au large des côtes du Languedoc. Sa disgrâce illustre la volonté de Richelieu d'abattre les grands féodaux, quelle que soit leur gloire passée.
Sa mort marqua la fin de la branche aînée des Montmorency, l'une des plus anciennes maisons de France. Le duché passa par sa sœur aux Condé, et son exécution servit d'avertissement à toute la noblesse tentée de défier le pouvoir royal.
Sources primaires
Le roi, considérant que la clémence en cette occasion eût été une cruauté envers son État, résolut de faire justice, afin que la grandeur de la maison ne servît point d'asile à la rébellion.
Il reçut tant de coups et de blessures qu'il tomba enfin de cheval, demi-mort, au milieu de ses ennemis, qui le relevèrent avec respect.
La nouvelle de sa mort répandit une tristesse universelle dans le royaume, car il était aimé pour sa libéralité et sa vaillance.
Le duc fut décapité dans la cour de la maison de ville de Toulouse, en présence d'un petit nombre, le roi ayant interdit toute assemblée.
Lieux clés
Domaine et château des Montmorency au nord de Paris, berceau et résidence de la famille. Henri II y grandit et l'embellit considérablement.
Vaste province du sud de la France dont Montmorency était gouverneur. Il y disposait d'un pouvoir et d'une popularité considérables.
Ville du Lauragais près de laquelle se déroula la bataille du 1er septembre 1632, où l'armée royale écrasa les révoltés et captura le duc.
Lieu de la détention et de l'exécution d'Henri II de Montmorency le 30 octobre 1632, dans la cour intérieure pour éviter tout rassemblement.
Ville du Bourbonnais où le corps du duc fut transporté et inhumé dans la chapelle du couvent de la Visitation, fondée par son épouse Marie-Félicie des Ursins.
Objets typiques

Bâton bleu semé de fleurs de lys d'or, insigne suprême du commandement militaire. Montmorency le reçut en 1629 après ses campagnes d'Italie.

Rapière à coquille richement ouvragée, arme et marque du rang nobiliaire. Montmorency en usa lors de sa charge fatale à Castelnaudary.

Armure de plastron portée par les cavaliers lourds du début du XVIIe siècle. Elle ne suffit pas à protéger le duc des dix-sept blessures reçues.

Collier d'or des chevaliers du plus prestigieux ordre de chevalerie du royaume, dont Montmorency était membre. Il signalait la proximité avec le roi.

Matrice gravée aux armes de Montmorency servant à valider actes et correspondances en tant que gouverneur du Languedoc.

Arme à feu portée en fonte de selle par les officiers de cavalerie. Le mécanisme à rouet permettait de tirer à cheval pendant la charge.
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Vie quotidienne
Matin
Le duc se levait dans ses appartements, assisté de valets et de gentilshommes de sa maison. La matinée mêlait audiences, lecture du courrier de la province et, en campagne, inspection des troupes et conseils de guerre.
Après-midi
L'après-midi était consacré aux affaires de gouvernement du Languedoc, à la chasse — divertissement favori de la noblesse — ou à l'exercice des armes et de l'équitation, indispensables à un homme de guerre.
Soir
Le soir réunissait sa cour pour des soupers fastueux, des conversations, parfois de la musique ou du jeu. Comme grand seigneur, Montmorency entretenait une nombreuse domesticité et recevait avec magnificence.
Alimentation
La table d'un grand seigneur offrait viandes rôties, gibier, poissons, pâtés et vins en abondance. Les épices, le sucre et les fruits confits marquaient le rang et la richesse de l'hôte.
Vêtements
Montmorency portait pourpoint de soie, hauts-de-chausses, col de dentelle et bottes de cuir fin, selon la mode du règne de Louis XIII. En campagne, il revêtait la cuirasse et le feutre à plumes des officiers de cavalerie.
Habitat
Il résidait dans de vastes châteaux comme Chantilly et dans ses hôtels de la province, demeures meublées de tapisseries, de tableaux et de mobilier précieux, entourées de jardins et de nombreux serviteurs.
Frise contextuelle
Vocabulaire d'époque
Liens externes & ressources
Références
Œuvres
Victoire navale contre Soubise
1625
Campagne d'Italie et secours de Casal
1629-1630
Gouvernement du Languedoc
1613-1632
Embellissement du château de Chantilly
années 1620
Mécénat artistique et religieux
années 1620-1630





