Prince portugais du XVe siècle, fils du roi Jean Ier de Portugal. Bien qu'il n'ait lui-même guère pris la mer, il fut le grand organisateur et mécène des expéditions le long des côtes de l'Afrique, ouvrant l'ère des grandes découvertes portugaises.
Henri le Navigateur(1394 — 1460)
Henri le Navigateur
royaume de Portugal
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Questions fréquentes
Faits marquants
- Né le 4 mars 1394 à Porto, troisième fils survivant du roi Jean Ier de Portugal
- Participe en 1415 à la prise de Ceuta, en Afrique du Nord
- Finance le développement de la caravelle et organise les expéditions le long des côtes africaines depuis Sagres
- En 1434, son capitaine Gil Eanes franchit le cap Bojador, longtemps considéré comme infranchissable
- Mort le 13 novembre 1460, il a jeté les bases de l'empire maritime portugais et du commerce atlantique
Œuvres & réalisations
Premier fait d'armes d'Henri et première tête de pont portugaise en Afrique, point de départ de son intérêt pour l'expansion maritime.
Henri y réunit pilotes, cartographes et marchands ; sans être l'« école » légendaire qu'on a parfois imaginée, ce foyer coordonna les expéditions et le savoir maritime.
Peuplement et mise en valeur agricole de l'archipel (blé, vigne, canne à sucre), modèle des futures colonies atlantiques.
Découverte et peuplement progressif des îles, étape stratégique sur les routes de l'Atlantique.
Aboutissement de la persévérance d'Henri : la levée de cet obstacle ouvre l'exploration systématique de la côte ouest-africaine.
En soutenant le perfectionnement des navires et des cartes, Henri jeta les bases techniques des grandes découvertes portugaises.
Sous sa direction, les Portugais reconnurent les côtes jusqu'au Sénégal, à la Gambie et à la Sierra Leone, amorçant le commerce de l'or et, hélas, la traite des esclaves.
Anecdotes
Malgré son surnom, Henri le Navigateur n'a presque jamais pris la mer : il n'a participé qu'aux expéditions militaires de Ceuta (1415) et de Tanger (1437). Son rôle fut celui d'un organisateur et d'un financier qui, depuis le sud du Portugal, envoyait capitaines, navires et cartographes explorer les côtes africaines.
Le surnom « le Navigateur » ne lui fut jamais donné de son vivant : il s'appelait l'infant Dom Henrique. Ce sont des historiens britanniques et allemands du XIXe siècle qui ont popularisé l'expression « Henry the Navigator », créant la légende telle qu'on la connaît aujourd'hui.
Pendant des siècles, les marins redoutaient le cap Bojador, sur la côte du Sahara, qu'on appelait la « mer des Ténèbres » : on croyait que l'eau y bouillait et que nul n'en revenait. Henri envoya quinze expéditions avant que son écuyer Gil Eanes, en 1434, ne franchisse enfin le cap et ne prouve que la légende était fausse.
Henri administrait l'Ordre du Christ, héritier portugais des Templiers, et utilisait ses revenus pour financer les voyages. C'est pourquoi les voiles des caravelles arboraient la grande croix rouge de l'Ordre, devenue le symbole des découvertes portugaises.
En 1444, le premier grand marché aux esclaves d'Europe occidentale se tint à Lagos, au Portugal : 235 captifs africains y furent vendus sous les yeux d'Henri. Le chroniqueur Zurara, pourtant favorable au prince, décrivit avec émotion les pleurs des familles séparées, témoignant des origines tragiques de la traite atlantique.
Sources primaires
Quel cœur, si dur fût-il, ne serait touché de pitié devant une telle compagnie ? Les uns gardaient le visage baigné de larmes ; d'autres gémissaient, regardant le ciel et l'implorant ; et lorsqu'on les répartit, on sépara les pères des fils, les femmes des époux, les frères des frères.
Il passa toute sa vie dans la pureté, et son corps fut toujours soumis à un tel travail qu'il semblait qu'il fît peu de cas du repos ; il portait sous ses vêtements un cilice, et s'abstenait de vin.
Le pape concède au roi de Portugal et à l'infant Henri le droit exclusif de naviguer, conquérir et commercer le long des terres découvertes au sud du cap Bojador, et de réduire en servitude les ennemis de la foi qui s'y trouvent.
Le seigneur infant Dom Henri faisait équiper de petites caravelles, les meilleurs navires qui naviguent, et envoyait ses capitaines reconnaître toujours plus avant les côtes inconnues de l'Afrique, vers lesquelles nul auparavant n'avait osé s'aventurer.
Lieux clés
Ville du nord du Portugal où naquit l'infant Henri en 1394.
Place forte musulmane d'Afrique du Nord conquise par les Portugais en 1415 ; Henri y reçut l'adoubement de chevalier.
Promontoire de l'Algarve où Henri établit sa résidence et son centre de navigation (la Vila do Infante) ; il y mourut en 1460.
Port de l'Algarve d'où partaient les caravelles d'Henri ; on y tint en 1444 la première grande vente de captifs africains.
Archipel atlantique colonisé sous l'impulsion d'Henri à partir de 1419, planté de blé puis de canne à sucre.
Cap redouté de la côte saharienne, longtemps considéré comme infranchissable, que Gil Eanes dépassa en 1434 pour le compte d'Henri.
Objets typiques

Petit navire rapide et maniable, aux voiles latines triangulaires permettant de remonter au vent. C'est l'outil clé des expéditions financées par Henri le long des côtes africaines.

Instrument de métal servant à mesurer la hauteur du soleil ou des étoiles pour estimer la latitude. Les pilotes d'Henri commencèrent à l'employer pour se repérer loin des côtes.

Aiguille aimantée indiquant le nord, héritée des marins méditerranéens. Elle permettait de tenir un cap par mauvais temps ou en pleine mer.

Carte marine dessinée à la main, couverte de lignes de rhumbs et de noms de ports. Henri rassembla cartographes et pilotes pour tenir à jour ces relevés des côtes nouvellement explorées.

Grande croix rouge peinte sur les voiles des caravelles. Elle rappelait que l'Ordre du Christ, dirigé par Henri, finançait les voyages.

Quart de cercle gradué muni d'un fil à plomb, utilisé pour mesurer la hauteur de l'étoile polaire. Outil de navigation astronomique employé par les marins de l'infant.

Henri fit planter la canne à sucre dans l'île de Madère, qui devint une riche production d'exportation. Ce « sucre des îles » annonce l'économie de plantation coloniale.
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Vie quotidienne
Matin
Prince profondément religieux, Henri commençait sa journée par la messe et la prière. Il recevait ensuite pilotes, capitaines et marchands pour préparer les prochaines expéditions et écouter le récit des voyages passés.
Après-midi
Il consacrait l'après-midi à l'étude des cartes marines et aux affaires de l'Ordre du Christ, dont il gérait les vastes revenus, ainsi qu'à l'administration de ses domaines de l'Algarve.
Soir
Selon Zurara, Henri travaillait fort tard dans la nuit et dormait peu. Le soir, il lisait, dictait des instructions et planifiait les routes que ses navigateurs suivraient l'année suivante.
Alimentation
On le disait sobre à table : il s'abstenait de vin et mangeait avec modération. Sa cour goûtait toutefois aux produits nouveaux rapportés des îles et d'Afrique, comme le sucre de Madère.
Vêtements
Il portait les habits sombres et soignés d'un grand seigneur, mais dissimulait sous ses vêtements un cilice, marque de pénitence chrétienne. La croix de l'Ordre du Christ ornait ses insignes.
Habitat
Il résidait principalement dans le sud du Portugal, près de Sagres et de Lagos, face à l'océan, tout en fréquentant la cour royale de Lisbonne pour les affaires du royaume.
Frise contextuelle
Vocabulaire d'époque
Liens externes & ressources
Références
Œuvres
Participation à la conquête de Ceuta
1415
Centre de navigation de Sagres (Vila do Infante)
vers 1420-1460
Colonisation de Madère
à partir de 1419
Colonisation des Açores
à partir de 1427
Franchissement du cap Bojador par Gil Eanes
1434
Patronage de la caravelle et de la cartographie
XVe siècle
Exploration de la côte de Guinée
1434-1460






