Henry Fielding(1707 — 1754)

Henry Fielding

royaume de Grande-Bretagne

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LettresÉcrivain(e)DramaturgeTemps modernesAngleterre des Lumières et de l'époque géorgienne, première moitié du XVIIIe siècle

Henry Fielding (1707-1754) est un romancier, dramaturge et magistrat anglais, considéré comme l'un des pères du roman moderne. Son chef-d'œuvre, *Tom Jones* (1749), est une fresque comique et morale de la société anglaise du XVIIIe siècle.

Questions fréquentes

Henry Fielding (1707-1754) est un romancier, dramaturge et magistrat anglais, figure majeure des Lumières britanniques. Ce qu'il faut retenir, c'est qu'il est considéré comme l'un des pères du roman moderne : avec Tom Jones (1749), il invente une forme narrative mêlant comédie, satire et analyse sociale, qu'il appelle « épopée comique en prose ». Son importance dépasse la littérature : en tant que juge de paix à Bow Street, il crée les Bow Street Runners, ancêtres de la police londonienne.

Faits marquants

  • Né en 1707 à Sharpham (Somerset), mort en 1754 à Lisbonne
  • Auteur de pièces satiriques dont la virulence contribua au Licensing Act de 1737 qui instaura la censure théâtrale
  • Publie *Joseph Andrews* en 1742, parodie du *Pamela* de Richardson
  • Publie *The History of Tom Jones, a Foundling* en 1749, considéré comme un sommet du roman anglais
  • Devient magistrat à Londres et participe à la fondation des Bow Street Runners, ancêtres de la police moderne

Œuvres & réalisations

The Tragedy of Tragedies (Tom Thumb) (1730-1731)

Comédie burlesque parodiant les tragédies pompeuses de l'époque, l'un de ses grands succès au théâtre.

Shamela (1741)

Parodie satirique du roman *Pamela* de Richardson, dénonçant son moralisme hypocrite.

Joseph Andrews (1742)

Premier vrai roman de Fielding, qu'il définit comme une « épopée comique en prose », fondateur d'un nouveau genre.

Jonathan Wild (1743)

Satire mordante où un célèbre criminel devient l'allégorie ironique de la « grandeur » politique.

Tom Jones (1749)

Chef-d'œuvre de Fielding, vaste fresque comique et morale de l'Angleterre, considéré comme un sommet du roman moderne.

Amelia (1751)

Dernier roman, plus sombre, peignant les difficultés d'un couple confronté à la pauvreté et à l'injustice.

The Journal of a Voyage to Lisbon (1755)

Récit posthume et lucide de son ultime voyage entrepris pour soigner sa maladie.

Anecdotes

Avant d'être romancier, Henry Fielding fut un dramaturge satirique redouté. Ses pièces se moquaient si ouvertement du Premier ministre Robert Walpole que le gouvernement fit voter en 1737 le Licensing Act, instaurant la censure préalable des théâtres. Privé de scène, Fielding se tourna alors vers le droit puis vers le roman.

En 1741, Fielding publie *Shamela*, une parodie féroce du roman à succès *Pamela* de Samuel Richardson, qu'il trouvait hypocrite. Il y transforme l'héroïne vertueuse en une jeune femme calculatrice. Cette querelle littéraire le poussa à inventer son propre style romanesque, plus ironique et réaliste.

Devenu magistrat de Westminster en 1748, Fielding fonda avec son demi-frère aveugle John les *Bow Street Runners*, souvent considérés comme l'ancêtre de la police de Londres. À une époque sans force de police organisée, ces enquêteurs payés traquaient les voleurs dans la capitale.

Rongé par la goutte et l'asthme, Fielding embarqua en 1754 pour Lisbonne dans l'espoir que le climat le sauverait. Il mourut deux mois après son arrivée, à seulement 47 ans. Son journal de voyage, publié après sa mort, raconte avec humour ce périple désespéré.

Le roman *Tom Jones* (1749) est si vaste qu'il compte dix-huit livres et près d'un millier de pages. Fielding ouvre chacun de ces livres par un chapitre où il s'adresse directement au lecteur, commentant son propre art de raconter — une nouveauté audacieuse pour l'époque.

Sources primaires

The History of Tom Jones, a Foundling (1749)
Le véritable aliment de notre festin sera la nature humaine. Aucun lecteur intelligent ne sera surpris que nous ayons choisi pour sujet de notre ouvrage une matière aussi commune et aussi inépuisable.
The History of the Adventures of Joseph Andrews (1742)
Le ridicule, et lui seul, est la source du vrai comique. Il naît de l'affectation, qui procède de deux causes : la vanité ou l'hypocrisie.
The Journal of a Voyage to Lisbon (1755)
Le mercredi, vers midi, je pris congé de mes enfants pour la dernière fois, opération qui mit mon courage à plus rude épreuve que tout ce que j'avais jamais entrepris.
An Apology for the Life of Mrs. Shamela Andrews (1741)
Ô quel plaisir ce sera, quand je serai mariée à mon maître, de lui faire les cornes et de me moquer de lui !

Lieux clés

Sharpham (Somerset)

Domaine de la campagne anglaise où naquit Henry Fielding en 1707, près de Glastonbury.

Eton College

Prestigieuse école où Fielding reçut une solide éducation classique, se liant d'amitié avec de futurs hommes de pouvoir.

Université de Leyde

Université des Provinces-Unies où Fielding étudia le droit pendant un peu plus d'un an, avant de manquer d'argent.

Bow Street, Londres

Tribunal où Fielding officia comme magistrat et fonda les Bow Street Runners, ancêtres de la police londonienne.

Theatre Royal, Haymarket

Théâtre londonien où Fielding fit jouer ses comédies satiriques dans les années 1730.

Lisbonne

Capitale portugaise où Fielding, malade, se rendit en quête d'un climat plus doux et où il mourut en octobre 1754.

Voir aussi