Journaliste et explorateur britannique (1841-1904), célèbre pour avoir retrouvé David Livingstone en Afrique centrale en 1871. Il mena plusieurs expéditions majeures en Afrique et contribua à la colonisation du Congo.
Henry Morton Stanley(1841 — 1904)
Henry Morton Stanley
Royaume-Uni de Grande-Bretagne et d'Irlande
8 min de lecture
Questions fréquentes
Citations célèbres
« Dr. Livingstone, I presume?»
Faits marquants
- 1871 : retrouve David Livingstone à Ujiji, sur les rives du lac Tanganyika
- 1874-1877 : traverse l'Afrique d'est en ouest, descendant le fleuve Congo
- 1879-1884 : fonde des postes au Congo pour le compte du roi belge Léopold II
- 1887-1889 : mène l'expédition Emin Pacha pour secourir le gouverneur du Soudan équatorial
- 1904 : décès à Londres après avoir été anobli par la reine Victoria
Œuvres & réalisations
Récit de la mission du New York Herald pour retrouver David Livingstone, disparu en Afrique centrale. Devenu un best-seller mondial, ce livre fit la célébrité de Stanley et lança sa carrière d'explorateur.
Relation de son expédition de 1874 à 1877, au cours de laquelle il traversa l'Afrique d'est en ouest et descendit le fleuve Congo. Cet ouvrage en deux volumes révéla au public européen la géographie de l'Afrique centrale.
Récit de ses cinq années au service de Léopold II, avec la description des stations établies et des traités signés. L'ouvrage justifiait la colonisation belge en présentant la « mission civilisatrice » européenne.
Compte rendu de l'expédition de secours à Emin Pacha (1887-1889), qui l'amena à traverser la forêt équatoriale congolaise. Ce récit donna naissance à l'expression « Afrique des ténèbres » popularisée ensuite par Joseph Conrad.
Mémoires sur ses premières années en Amérique et ses voyages en Asie, avant ses grandes explorations africaines. Ouvrage précieux pour comprendre sa formation et sa personnalité.
Autobiographie publiée après sa mort par sa femme Dorothy. Elle révèle ses origines galloises cachées et livre sa version de sa vie, permettant aux historiens de mieux comprendre la construction de son mythe personnel.
Anecdotes
Né John Rowlands en 1841 à Denbigh au Pays de Galles, fils illégitime abandonné, Stanley fut placé à l'âge de six ans dans un sinistre workhouse. C'est là qu'il développa une volonté de fer et une capacité à endurer les conditions les plus difficiles, qualités qui lui serviront toute sa vie lors de ses expéditions africaines.
Le 10 novembre 1871, après huit mois de marche épuisante à travers les forêts et les marais d'Afrique centrale, Stanley retrouva David Livingstone au village d'Ujiji, sur les rives du lac Tanganyika. Selon son propre récit, il s'avança et dit simplement : « Docteur Livingstone, je présume ? » — une phrase devenue l'une des plus célèbres de l'histoire de l'exploration.
Lors de son expédition trans-africaine de 1874 à 1877, Stanley descendit l'intégralité du fleuve Congo, soit environ 2 900 km, du lac Victoria jusqu'à l'Atlantique. Il perdit plus de la moitié de ses hommes en chemin, victimes de maladies, de noyades et d'affrontements avec des populations locales. Son récit transforma la perception de l'Afrique centrale en Europe.
Entre 1879 et 1884, Stanley fut mandaté par le roi des Belges Léopold II pour établir une présence européenne dans le bassin du Congo. Il signa plus de 450 traités avec des chefs locaux qui, pour la plupart, ne comprenaient pas qu'ils cédaient leurs terres. Ces accords servirent de base juridique à la création de l'État indépendant du Congo en 1885.
Lors de l'expédition de secours à Emin Pacha (1887-1889), Stanley traversa la forêt équatoriale du Congo, surnommée la « Forêt des ténèbres ». Ses hommes souffrirent de famine, de dysenterie et d'attaques. L'officier qu'il était censé secourir, Emin Pacha, se révéla finalement peu désireux d'être sauvé — une ironie que la presse européenne relata abondamment.
Sources primaires
I pushed back the crowds, and, passing from the rear, walked down a living avenue of people, until I came in front of the semicircle of Arabs, in the front of which stood the white man with the grey beard. As I advanced slowly towards him I noticed he was pale, looked wearied, had a grey beard, wore a bluish cap with a faded gold band round it, had on a red-sleeved waistcoat, and a pair of grey tweed trousers.
We have attacked and destroyed 28 large towns and three or four score villages... We have had 32 battles... The natives have been very daring... We have been compelled to destroy towns and villages to keep them at a respectful distance.
I had gone to Africa resolved to submit tamely to no insult, prepared to resent every slight put upon me by the savage natives, and to crush with an iron hand any attempt at treachery or resistance.
The path wound through dense forest, where the sun had never penetrated. The soldiers, weakened by hunger, carried their rifles as if they were leaden weights. Each morning, fewer men answered to the roll call.
I have this day shaken hands with David Livingstone, the great traveller, and he is in better health than many suppose. He is not dying, as some have reported. He is in capital spirits.
Lieux clés
Ville natale de John Rowlands, futur Henry Morton Stanley. C'est dans cette petite ville galloise qu'il naquit en 1841 dans la pauvreté, avant d'être placé dans un workhouse.
Port commercial sur les rives du lac Tanganyika où Stanley retrouva David Livingstone le 10 novembre 1871. Ce village est devenu un lieu de mémoire de l'exploration africaine et de la phrase « Dr. Livingstone, I presume ? »
Stanley fut le premier Européen à descendre l'intégralité du fleuve Congo de sa source jusqu'à l'Atlantique (1877), puis y établit des stations commerciales pour le compte de Léopold II. Son nom européen, fleuve Stanley, lui fut un temps attribué.
Station fondée par Stanley en 1881 sur le Fleuve Congo, nommée en l'honneur du roi Léopold II. Elle devint la capitale de l'État indépendant du Congo, puis la capitale de ce qui est aujourd'hui la RDC.
Île et cité portuaire de l'océan Indien qui servit de base de départ à plusieurs des expéditions de Stanley en Afrique orientale. C'est là qu'il recrutait ses porteurs, guides et soldats.
Résidence finale de Stanley, où il vécut ses dernières années après avoir été fait chevalier. Il y mourut en 1904 et fut enterré au cimetière de Pirbright, dans le Surrey.
Objets typiques

Couvre-chef en liège recouvert de tissu khaki, indispensable pour se protéger du soleil tropical. Stanley en porta tout au long de ses expéditions et contribua à en faire le symbole de l'explorateur européen en Afrique.

Fusil à répétition américain que Stanley emportait lors de ses expéditions. Il équipait également ses porteurs de rifles pour dissuader les attaques, et n'hésitait pas à en faire usage lors des affrontements avec les populations locales.

Instruments de navigation essentiels pour cartographier les territoires traversés. Stanley utilisait le sextant pour déterminer sa position par les étoiles et la boussole pour maintenir son cap dans la forêt dense où les repères visuels étaient rares.

Stanley tenait un journal de bord minutieux, notant chaque journée de marche, chaque incident et chaque observation géographique. Ces notes constituèrent la matière première de ses nombreux récits publiés à succès.

Médicament antipaludéen extrait de l'écorce de quinquina, indispensable en Afrique tropicale. Stanley en prescrivait quotidiennement à ses hommes ; la malaria restait néanmoins la principale cause de décès dans ses expéditions.

Monnaies d'échange utilisées avec les populations africaines pour acheter de la nourriture, négocier le passage et signer des traités. Stanley emportait des centaines de kilos de ces marchandises, transportées par ses porteurs.

Lors de son expédition de 1874, Stanley emporta un canot en acier baptisé Lady Alice, démontable en cinq sections pour être transporté à dos d'homme. Il lui permit d'explorer les grands lacs africains et de descendre le fleuve Congo.
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Vie quotidienne
Matin
En expédition, Stanley se levait avant l'aube, inspectait les hommes et les charges, puis donnait le signal de départ dès les premières lueurs. Il marchait en tête de colonne avec ses officiers, sextant à la main, notant soigneusement les directions et les distances parcourues.
Après-midi
L'après-midi était consacré à la marche, coupée par une halte méridienne pour manger et soigner les malades. Stanley négociait le passage avec les chefs locaux, achetait de la nourriture avec les perles et les tissus qu'il transportait, et dictait ses observations à son secrétaire.
Soir
Le soir, il établissait le camp dans un endroit défendable, faisait allumer des feux pour éloigner les bêtes sauvages, puis rédigeait son journal de bord à la lueur d'une lampe à huile. Il consignait les faits du jour, les noms des villages traversés, les maladies et les morts.
Alimentation
En expédition, Stanley mangeait ce que l'Afrique lui offrait : plantains, manioc, poulet, gibier abattu en chemin. Quand les vivres manquaient, la colonne avançait à jeun. Dans les villes, il retrouvait les habitudes victoriannes : thé fort le matin, viande et pain quand disponibles.
Vêtements
Stanley portait le tenue standard de l'explorateur victorien : casque colonial en liège, veste et pantalon de toile kaki, bottes de cuir montantes. Sur les photos, il arbore souvent une barbe soignée et un regard déterminé qui devinrent sa marque distinctive dans la presse illustrée.
Habitat
En Afrique, Stanley dormait sous une tente ou dans des cases construites par ses porteurs. À Londres, il résidait dans de confortables maisons bourgeoises, fréquentait les clubs de gentlemen comme le Travellers' Club et recevait journalistes, géographes et personnalités politiques.
Frise contextuelle
Vocabulaire d'époque
Liens externes & ressources
Références
Œuvres
How I Found Livingstone
1872
Through the Dark Continent
1878
The Congo and the Founding of its Free State
1885
In Darkest Africa
1890
My Early Travels and Adventures in America and Asia
1895
The Autobiography of Sir Henry Morton Stanley
1909 (posthume)






