Naturaliste et géographe britannique (1823-1913), Wallace développa indépendamment de Darwin la théorie de la sélection naturelle. Ses explorations en Amazonie et en Asie du Sud-Est lui permirent de formuler des lois fondamentales en biogéographie.
Alfred Russel Wallace(1823 — 1913)
Alfred Russel Wallace
Royaume-Uni de Grande-Bretagne et d'Irlande
9 min de lecture
Questions fréquentes
Citations célèbres
« La nature est le grand laboratoire où s'élaborent les formes vivantes.»
« Si nous voulons améliorer le sort de l'humanité, nous devons commencer par améliorer la société elle-même.»
Faits marquants
- 1848 : Départ pour l'Amazonie, première grande expédition naturaliste
- 1858 : Envoi à Darwin de son essai sur la sélection naturelle, conduisant à la publication conjointe de la théorie
- 1859 : Début de huit ans d'exploration en Asie du Sud-Est (archipel malais)
- 1876 : Publication de 'La Distribution géographique des animaux', fondatrice de la biogéographie
- 1868 : Définition de la ligne Wallace séparant les faunes asiatique et australasienne
Œuvres & réalisations
Récit de son expédition amazonienne, rédigé malgré la perte de la majorité de ses notes dans l'incendie du Helen. Ce premier ouvrage révèle déjà son intérêt pour la répartition géographique des espèces.
L'essai fondateur, envoyé à Darwin depuis Ternate, qui formula indépendamment le principe de la sélection naturelle et fut lu conjointement avec les textes de Darwin à la Linnean Society.
Chef-d'œuvre de la littérature naturaliste victorienne, ce récit de huit années d'exploration décrit la faune, la flore et les peuples de l'archipel indonésien, et expose la fameuse ligne biogéographique de Wallace.
Traité fondateur de la biogéographie moderne, il systématise la répartition mondiale des animaux en grandes régions faunistiques encore utilisées aujourd'hui par les écologues.
Étude pionnière sur la faune insulaire, les mécanismes de colonisation et d'isolement des espèces sur les îles, anticipant de nombreux concepts de l'écologie insulaire contemporaine.
Synthèse pédagogique et défense rigoureuse de la théorie darwinienne, rédigée après la mort de Darwin pour répondre aux critiques et clarifier les mécanismes évolutifs pour un large public.
Autobiographie dans laquelle Wallace revient sur ses expéditions, ses découvertes, mais aussi sur ses engagements sociaux, politiques et spirituels, offrant un témoignage de première main sur l'ère victorienne.
Anecdotes
En 1852, après quatre années passées à collecter des milliers de spécimens en Amazonie, Wallace vit son bateau prendre feu en plein Atlantique. Il perdit presque toute sa collection — insectes, poissons, oiseaux — dans les flammes. Il survécut en radeau pendant dix jours avant d'être secouru, sauvant seulement quelques notes et dessins. Loin de se décourager, il repartit en expédition deux ans plus tard vers l'Asie du Sud-Est.
En février 1858, cloué au lit par une forte fièvre dans l'île de Ternate (actuelle Indonésie), Wallace eut une illumination en pensant aux travaux de Malthus sur la surpopulation : les individus les mieux adaptés à leur environnement survivent et se reproduisent davantage. Il rédigea en quelques heures un essai exposant ce principe de sélection naturelle, qu'il envoya à Darwin. Cette lettre précipita la publication de L'Origine des espèces.
En traversant l'archipel malais, Wallace remarqua que les animaux à l'est de Bali et à l'ouest de Lombok étaient radicalement différents, comme si une frontière invisible séparait deux mondes faunistiques. Cette ligne imaginaire, reliant un détroit de 35 km seulement, fut baptisée la « ligne de Wallace » par les scientifiques. Elle constitue aujourd'hui l'une des limites biogéographiques les plus célèbres du monde.
Contrairement à Darwin qui évita longtemps la polémique, Wallace défendit ouvertement et publiquement la théorie de l'évolution, allant jusqu'à intituler son ouvrage de 1889 simplement « Darwinisme ». Il reconnaissait volontiers que Darwin avait travaillé plus en profondeur et plus longtemps sur le sujet, témoignant d'une humilité rare pour un savant dont la priorité scientifique était pourtant incontestable.
Wallace fut l'un des premiers scientifiques de renom à s'engager pour des causes sociales : il défendit l'accès à la terre pour les pauvres, critica vivement la vaccination obligatoire (par méfiance des statistiques officielles), et adhéra au spiritisme. Ces positions lui valurent des controverses, mais illustrent un personnage bien plus complexe qu'un simple naturaliste de cabinet.
Sources primaires
The life of wild animals is a struggle for existence. The full exertion of all their faculties and all their energies is required to preserve their own existence and provide for that of their infant offspring.
I have myself felt the danger of this error, in having unconsciously assumed the constancy of species when reasoning upon the diversities of form and colour which they exhibit.
Natural selection is not a force in the ordinary sense of the word; it is rather the name we give to the result of a series of natural processes which lead to the preservation of the best-adapted individuals.
I was then living at Ternate, a small volcanic island... I thought of Malthus's 'Principles of Population'... and it suddenly flashed upon me that this self-acting process would necessarily improve the race.
I have been so repeatedly struck by the utter inability of numbers of intelligent persons to see clearly, or at all, the self-acting and necessary effects of Natural Selection.
Lieux clés
Lieu de naissance de Wallace en 1823, petite ville galloise où il passa son enfance avant de connaître des difficultés financières familiales qui interrompirent ses études.
Entre 1848 et 1852, Wallace explore l'Amazonie brésilienne, collectant des milliers de spécimens et formulant ses premières réflexions sur la distribution géographique des espèces.
C'est dans cette île volcanique que Wallace, fiévreux, rédigea en 1858 l'essai sur la sélection naturelle qui allait bouleverser l'histoire des sciences naturelles.
Le 1er juillet 1858, les essais de Darwin et Wallace sur la sélection naturelle furent lus conjointement devant cette société savante, marquant la naissance officielle de la théorie de l'évolution.
Singapour fut le point de départ et de retour de nombreuses expéditions de Wallace dans l'archipel entre 1854 et 1862, servant de plaque tournante pour l'envoi de ses collections vers les musées britanniques.
Wallace s'y installa dans ses dernières années et y mourut en 1913 à l'âge de 90 ans, après avoir consacré sa vieillesse à l'écriture et à des engagements sociaux et politiques.
Objets typiques

Outil indispensable de Wallace lors de ses expéditions, il lui permit de capturer des milliers d'insectes, notamment des papillons, dont certaines espèces nouvelles portent aujourd'hui son nom.

Utilisé pour tuer et conserver les insectes sans abîmer leurs ailes ni leurs couleurs, ce bocal hermétique était le complément obligatoire du filet dans la trousse du naturaliste-voyageur victorien.

Wallace consignait quotidiennement ses observations de terrain, ses mesures et ses croquis ; ses carnets malais constituent une source scientifique et ethnographique de premier ordre.

Les naturalistes du XIXe siècle abattaient les oiseaux pour en faire des spécimens de musée ; Wallace utilisa le fusil pour constituer des collections ornithologiques représentatives des espèces de chaque île visitée.

Coffre en bois renforcé contenant du liège, des épingles entomologiques et des compartiments pour ranger les peaux d'oiseaux séchées ou les insectes montés, conçu pour résister aux voyages en bateau et à l'humidité tropicale.

Wallace s'appuya sur des cartes marines imprécises qu'il corrigea lui-même au fil de ses déplacements, contribuant à cartographier plus précisément plusieurs îles peu explorées de l'Indonésie actuelle.

Instrument léger mais précis, il permettait à Wallace d'examiner les détails anatomiques des petits invertébrés et de comparer les structures entre espèces proches découvertes sur des îles voisines.
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Vie quotidienne
Matin
En expédition dans l'archipel malais, Wallace se levait à l'aube pour profiter de la fraîcheur matinale. Il partait dans la forêt avec son filet entomologique et son fusil dès 6 heures, accompagné d'aides locaux qu'il recrutait et formait pour reconnaître les espèces utiles. Les premières heures du jour étaient les plus productives pour capturer les papillons et les oiseaux.
Après-midi
L'après-midi était consacré à la préparation des spécimens : épinglage des insectes, peaux d'oiseaux soigneusement nettoyées et bourrées, étiquetage minutieux indiquant le lieu, la date et les conditions de capture. Wallace travaillait souvent à cette tâche jusqu'à ce que la chaleur tropicale devienne insupportable, puis faisait une courte sieste selon l'usage local.
Soir
Les soirées étaient réservées à l'écriture : notes scientifiques détaillées sur les espèces du jour, journal personnel, lettres envoyées aux naturalistes britanniques (dont Darwin) et aux musées qui achetaient ses collections. À Londres, ses soirées étaient plus souvent consacrées à des débats dans des sociétés savantes ou à la rédaction de ses ouvrages.
Alimentation
En Malaisie, Wallace partageait souvent la nourriture locale : riz, fruits tropicaux (il était particulièrement enthousiaste pour le durian, qu'il décrit avec passion dans The Malay Archipelago), poisson séché et légumes. En Angleterre, son alimentation était celle de la classe moyenne victorienne : viande bouillie, puddings, thé fort et biscuits.
Vêtements
Sur le terrain, Wallace portait des vêtements légers en coton ou en lin, souvent blancs ou de couleur claire pour supporter la chaleur, avec de larges poches pour ranger ses outils et ses premières captures. Il portait un casque colonial de liège (pith helmet) pour se protéger du soleil, et des bottes hautes contre les reptiles et les insectes du sous-bois.
Habitat
En expédition, Wallace logeait dans des maisons locales sur pilotis, des bungalows coloniaux ou des cases construites par ses aides. Il aménageait systématiquement une pièce en laboratoire de campagne avec ses boîtes à spécimens, ses outils et ses carnets. À Londres, il vécut dans plusieurs maisons bourgeoises modestes, terminant sa vie dans une villa du Dorset qu'il avait fait construire selon ses goûts.
Frise contextuelle
Vocabulaire d'époque
Liens externes & ressources
Références
Œuvres
Narrative of Travels on the Amazon and Rio Negro
1853
On the Tendency of Varieties to Depart Indefinitely from the Original Type
1858
The Malay Archipelago
1869
The Geographical Distribution of Animals
1876
Island Life
1880
Darwinism: An Exposition of the Theory of Natural Selection
1889
My Life: A Record of Events and Opinions
1905






