Herbie Hancock(1940 — ?)

Herbie Hancock

États-Unis

6 min de lecture

MusiqueCompositeur/triceXXe siècleSeconde moitié du XXe siècle, marquée par l'effervescence du jazz américain (be-bop, hard bop, jazz modal) puis par la rencontre du jazz avec le funk, le rock et les technologies électroniques.

Pianiste, claviériste et compositeur de jazz américain né en 1940. Révélé au sein du quintette de Miles Davis dans les années 1960, il devient l'une des figures majeures du jazz modal puis de la fusion jazz-funk, sans cesser d'explorer de nouvelles sonorités électroniques.

Questions fréquentes

Herbie Hancock est un pianiste, claviériste et compositeur américain né en 1940 à Chicago. Ce qu'il faut retenir, c'est qu'il a traversé toutes les grandes évolutions du jazz de la seconde moitié du XXe siècle : du jazz modal avec Miles Davis dans les années 1960 à la fusion jazz-funk avec l'album Head Hunters en 1973, sans jamais cesser d'explorer les sons électroniques. Ce qui le rend singulier, c'est sa capacité à mêler une technique classique héritée de son enfance de prodige à une curiosité insatiable pour les nouvelles technologies, faisant de lui un pont entre le jazz acoustique et la musique électronique.

Faits marquants

  • Né le 12 avril 1940 à Chicago, enfant prodige du piano classique avant de se tourner vers le jazz
  • Membre du second grand quintette de Miles Davis de 1963 à 1968
  • 1965 : enregistre l'album modal de référence « Maiden Voyage »
  • 1973 : « Head Hunters » devient l'un des disques pionniers et les plus vendus du jazz-funk
  • 2008 : reçoit le Grammy de l'album de l'année pour « River: The Joni Letters »

Œuvres & réalisations

Watermelon Man (album « Takin' Off ») (1962)

Premier grand succès du jeune pianiste, devenu un standard du jazz repris par d'innombrables musiciens.

Cantaloupe Island (album « Empyrean Isles ») (1964)

Morceau au groove envoûtant, plus tard échantillonné par des groupes de hip-hop, signe de l'influence durable de Hancock.

Maiden Voyage (1965)

Chef-d'œuvre du jazz modal, évoquant l'immensité de l'océan par des harmonies suspendues et planantes.

Head Hunters (1973)

Album pionnier de la fusion jazz-funk, l'un des plus vendus de l'histoire du jazz, porté par le titre « Chameleon ».

Rockit (album « Future Shock ») (1983)

Tube électro-funk qui introduit le scratch des DJ dans la musique grand public et révolutionne le clip vidéo.

Round Midnight (musique de film) (1986)

Bande originale du film de Bertrand Tavernier qui vaut à Hancock l'Oscar de la meilleure musique originale.

River: The Joni Letters (2007)

Hommage à Joni Mitchell, premier album de jazz à remporter le Grammy du meilleur album de l'année depuis 1965.

Anecdotes

À seulement onze ans, en 1952, le jeune Herbie Hancock, déjà prodige du piano classique, interprète un mouvement d'un concerto de Mozart accompagné par l'Orchestre symphonique de Chicago. Cette enfance partagée entre musique savante et passion pour les sciences façonnera sa curiosité insatiable pour les sons nouveaux.

Un soir, en concert avec le quintette de Miles Davis, Hancock plaque par erreur un accord « faux » au beau milieu d'un solo du trompettiste. Plutôt que de s'arrêter, Miles joue alors quelques notes qui transforment cette « erreur » en quelque chose de juste. Hancock en tira une leçon qu'il répéta toute sa vie : en musique, il n'y a pas vraiment de fausses notes, seulement des choix à assumer.

En 1962, le premier disque de Hancock contient le morceau « Watermelon Man ». L'année suivante, le percussionniste cubain Mongo Santamaría en enregistre une version qui devient un véritable tube aux États-Unis. Les droits d'auteur offrent alors au jeune pianiste une sécurité financière rare pour un musicien de jazz débutant.

En 1983, avec le morceau « Rockit », Hancock fait découvrir au grand public le « scratch » des platines de disques, technique issue du hip-hop naissant. Son clip vidéo, peuplé d'étranges mannequins robotisés, remporte plusieurs récompenses aux MTV Video Music Awards et initie des millions de jeunes aux sons électroniques.

En 2008, son album « River: The Joni Letters », hommage à la chanteuse Joni Mitchell, remporte le Grammy du meilleur album de l'année. C'était la première fois depuis 1965 qu'un disque de jazz décrochait cette récompense suprême, habituellement réservée aux vedettes de la pop.

Sources primaires

Miles Davis, autobiographie « Miles » (avec Quincy Troupe) (1989)
Herbie était l'étape suivante après Bud Powell et Thelonious Monk, et je n'ai encore entendu personne venir après lui.
Herbie Hancock, autobiographie « Possibilities » (avec Lisa Dickey) (2014)
Miles n'a pas entendu cela comme une erreur. Il l'a entendu comme un événement, quelque chose qui était simplement arrivé. Et il a choisi d'en faire quelque chose de juste.
Herbie Hancock, autobiographie « Possibilities » (avec Lisa Dickey) (2014)
Je n'ai jamais vu de contradiction entre jouer du piano acoustique et explorer les instruments électroniques : il s'agissait toujours de chercher de nouvelles couleurs sonores.

Lieux clés

Chicago (Illinois)

Ville natale de Hancock, où il révèle son talent de pianiste classique avant de se tourner vers le jazz.

Grinnell College (Iowa)

Université où le jeune Hancock étudie d'abord l'ingénierie électrique avant de se consacrer à la musique ; sa curiosité scientifique nourrira son goût des technologies.

New York (Blue Note Records)

Capitale du jazz où Hancock enregistre ses albums fondateurs et joue au sein du quintette de Miles Davis.

Los Angeles (Californie)

Ville où Hancock s'installe et installe son studio rempli de claviers et de machines, au cœur de son aventure électronique et de son travail pour le cinéma.

Voir aussi