Compagne d'Aristote après la mort de sa femme Pythias, Herpyllis vécut avec le philosophe jusqu'à sa mort en 322 av. J.-C. Il lui témoigna une grande affection et lui légua des biens dans son testament.
Herpyllis
Herpyllis
7 min de lecture
Questions fréquentes
Faits marquants
- Originaire de Stagire, ville natale d'Aristote
- Devint la compagne d'Aristote après le décès de Pythias (vers 326 av. J.-C.)
- Eut un fils avec Aristote prénommé Nicomaque
- Aristote lui légua une maison et une somme d'argent dans son testament (322 av. J.-C.)
Œuvres & réalisations
Le testament d'Aristote, conservé par Diogène Laërce, est la source principale sur Herpyllis. Il lui assure protection, revenus et liberté, témoignant du rôle central qu'elle joua dans la vie du philosophe.
Cette œuvre majeure de philosophie morale est associée au nom de Nicomaque, fils d'Herpyllis et d'Aristote. Qu'elle lui soit dédiée ou éditée par lui, elle perpétue le souvenir de la lignée issue de leur union.
Sans laisser de texte écrit, Herpyllis assuma la direction du foyer d'Aristote pendant ses années au Lycée, tâche reconnue dans l'Antiquité comme un art à part entière nécessitant organisation, discernement et autorité domestique.
Anecdotes
Dans son testament, rédigé peu avant sa mort en 322 av. J.-C. et conservé par Diogène Laërce, Aristote témoigne d'une affection sincère pour Herpyllis. Il lui lègue des biens considérables, lui offre le choix entre la maison familiale de Stagire et celle de Chalcis, et demande à ses exécuteurs testamentaires de veiller à ce qu'elle soit bien traitée, car elle lui avait toujours été dévouée.
Herpyllis était, comme Aristote, originaire de Stagire, une petite cité de Macédoine. Cette origine commune a sans doute créé entre eux un lien particulier, une nostalgie partagée pour leur ville natale que le philosophe avait quittée enfant pour étudier à Athènes. On ignore comment ils se rencontrèrent, mais leur relation dura plusieurs décennies.
Herpyllis donna à Aristote un fils qu'il nomma Nicomaque, en hommage à son propre père qui portait ce nom. Ce fils est demeuré célèbre à travers les siècles car l'Éthique à Nicomaque, l'une des œuvres majeures de la philosophie occidentale, fut probablement éditée ou dédiée en son honneur après la mort d'Aristote.
Aristote précise dans son testament qu'Herpyllis ne doit pas se remarier contre sa volonté : il lui garantit ainsi une protection juridique et morale rare pour une femme de son statut en Grèce antique. Cette clause révèle combien le philosophe, qui avait réfléchi toute sa vie à l'éthique et à la justice, cherchait à appliquer ces valeurs dans sa propre vie familiale.
À la mort d'Aristote, Herpyllis hérita également de serviteurs et reçut une somme d'argent substantielle. Le philosophe demandait que les statues de sa première épouse Pythias soient honorées, mais il réservait à Herpyllis une protection concrète et quotidienne, signe qu'il distinguait souvenir conjugal et tendresse durable.
Sources primaires
Il ordonnait également que l'on prît soin d'Herpyllis, qui avait été bonne pour lui, et qu'on lui donnât soit la maison de Stagire soit celle de Chalcis, selon son choix, ainsi que les meubles de la chambre et vingt-cinq mines d'argent.
Quant à Herpyllis, qui a pris soin de moi, mes exécuteurs testamentaires veilleront à ce qu'elle ne manque de rien, et si elle désire se remarier, qu'on ne la marie pas à quelqu'un qui soit indigne d'elle.
La vertu est une disposition à agir d'une manière délibérée, consistant en une médiété relative à nous, rationnellement déterminée et comme la déterminerait l'homme prudent.
Lieux clés
Ville natale à la fois d'Aristote et d'Herpyllis, sur la péninsule de Chalcidique. Ce lien originel commun est l'un des fondements supposés de leur relation, et Aristote lui en lègue la maison dans son testament.
C'est au Lycée, l'école fondée par Aristote en 335 av. J.-C., qu'Herpyllis partagea la vie du philosophe pendant ses années les plus productives. La maison familiale était à proximité de cet espace d'enseignement.
Aristote et Herpyllis s'y retirèrent en 323 av. J.-C. après les troubles politiques suivant la mort d'Alexandre. C'est là qu'Aristote mourut en 322, léguant à Herpyllis le choix d'y rester ou de rentrer à Stagire.
Capitale du royaume de Macédoine où Aristote séjourna lors de sa mission d'éducateur d'Alexandre. Herpyllis a pu l'accompagner pendant cette période qui correspond approximativement à leur mise en relation.
Objets typiques

Dans la Grèce antique, filer la laine était l'activité centrale de toute femme de maison respectable. Herpyllis, maîtresse du foyer d'Aristote, supervisait la production textile et y participait elle-même, signe reconnu de vertu domestique.

Vivant dans l'entourage immédiat du plus grand philosophe de l'Antiquité, Herpyllis côtoyait quotidiennement textes et livres. Le Lycée possédait l'une des premières grandes bibliothèques du monde grec, et les rouleaux circulaient dans la maison.

Indispensable dans tout foyer grec, elle prolongeait les activités au-delà du coucher du soleil. Dans la maisonnée d'Aristote, elle éclairait les soirées de discussion et d'écriture auxquelles Herpyllis était mêlée en tant que maîtresse de maison.

Les femmes grecques de condition aisée portaient des fibules en bronze ou en or pour attacher leur chiton, ainsi que colliers et bracelets. En tant que compagne d'un philosophe reconnu et fortuné, Herpyllis disposait sans doute d'une parure soignée pour les occasions sociales.

L'huile d'olive était au cœur de l'alimentation, de l'éclairage et des soins corporels en Grèce antique. Gérer les réserves d'huile faisait partie des responsabilités de la maîtresse de maison, rôle qu'assumait Herpyllis dans le foyer du philosophe.

Le foyer grec (oikos) comportait de petites offrandes déposées à Hestia, déesse du foyer. Herpyllis, comme toute femme grecque, veillait à ce culte domestique quotidien, garant de la protection divine sur la maisonnée.
Programmes scolaires
Vocabulaire & tags
Vocabulaire clé
Vie quotidienne
Matin
Herpyllis se levait avant l'aube pour superviser les tâches des serviteurs : approvisionnement en eau, allumage du feu, préparation du petit-déjeuner composé de pain d'orge, d'olives et de fromage. En tant que maîtresse du foyer, elle organisait le travail de la journée avant que le philosophe et ses disciples ne commencent leurs activités au Lycée.
Après-midi
L'après-midi était consacré à la gestion domestique : supervision du tissage, achats au marché via les serviteurs, éducation des enfants de la maison. Herpyllis évoluait dans le gynécée, l'espace réservé aux femmes, tout en maintenant un contact indirect avec les discussions philosophiques qui animaient la partie masculine du foyer.
Soir
Le soir, Herpyllis participait au repas familial (deipnon), moment de partage entre Aristote, leurs enfants et les proches de confiance. Elle veillait à l'entretien de la lampe et au rangement des affaires. Dans l'intimité du foyer, loin des débats publics du Lycée, elle était aux côtés du philosophe dans les moments de détente.
Alimentation
L'alimentation quotidienne reposait sur du pain d'orge ou de blé, des légumineuses (lentilles, pois chiches), des olives et leur huile, des légumes frais ou secs, du poisson séché ou frais selon les jours de marché. La viande était rare et réservée aux fêtes religieuses. Le vin coupé d'eau accompagnait les repas principaux.
Vêtements
Herpyllis portait le chiton de lin ou de laine, long vêtement drapé maintenu aux épaules par des fibules. Par-dessus, elle enfilait un himation, grand manteau rectangulaire, pour sortir, se couvrant la tête en signe de modestie. Ses vêtements étaient tissés dans la maison ou achetés au marché selon la saison.
Habitat
La maison d'Aristote à Athènes, proche du Lycée, était une demeure de type grec classique organisée autour d'une cour centrale à ciel ouvert, avec puits, pièces de stockage, gynécée à l'étage pour les femmes et andrôn au rez-de-chaussée pour les réceptions masculines. À Chalcis, Aristote possédait une autre maison que son testament laissait au choix d'Herpyllis.
Frise contextuelle
Vocabulaire d'époque
Liens externes & ressources
Références
Œuvres
Testament d'Aristote (source indirecte)
322 av. J.-C.
Éthique à Nicomaque (liée à leur fils)
vers 340-322 av. J.-C.
Direction de l'oikos aristotélicien
vers 335-322 av. J.-C.






