Hokusai(1760 — 1849)

Hokusai

Japon

9 min de lecture

Arts visuelsArtisteXIXe siècleLa Grande Vague, maître de l'estampe japonaise ukiyo-e

peintre, dessinateur et graveur japonais (1760-1849)

Questions fréquentes

Hokusai (1760-1849) était un peintre, dessinateur et graveur japonais de l'époque d'Edo, célèbre pour ses estampes ukiyo-e (« images du monde flottant »). Ce qui le rend singulier, c'est qu'il a porté le paysage au premier plan d'un genre jusqu'alors centré sur les acteurs et les courtisanes. Sa série Trente-six vues du mont Fuji (1830-1832), et en particulier La Grande Vague de Kanagawa, a révolutionné l'estampe par l'usage audacieux du bleu de Prusse et une composition dynamique qui symbolise la puissance de la nature. Moins un simple illustrateur qu'un chercheur obsessionnel de la forme, Hokusai a influencé des générations d'artistes, de Van Gogh à Monet, bien après sa mort.

Faits marquants

  • Katsushika Hokusai naît à Edo (Tokyo) en 1760 et se forme très jeune à la gravure sur bois dans l'atelier d'un maître de l'ukiyo-e
  • Il change plus de trente fois de nom au cours de sa vie, témoignant de ses évolutions artistiques et spirituelles constantes
  • Entre 1830 et 1832, il publie sa série des Trente-six vues du mont Fuji, dont La Grande Vague de Kanagawa, qui deviendra l'une des images les plus reproduites au monde
  • Il couvre plus de 360 volumes illustrés dans ses Manga (1814-1878), encyclopédie visuelle du Japon qui influencera profondément les artistes européens du XIXe siècle
  • Il continue de peindre jusqu'à sa mort en 1849 à l'âge de 88 ans, déclarant vouloir vivre cent ans pour atteindre la perfection artistique

Œuvres & réalisations

La Grande Vague de Kanagawa (神奈川沖浪裏) (vers 1831)

Estampe la plus célèbre du monde, issue de la série Trente-six vues du mont Fuji. Elle représente une vague gigantesque menaçant des barques de pêcheurs avec le Fuji en arrière-plan, et symbolise la puissance de la nature face à la fragilité humaine.

Trente-six vues du mont Fuji (富嶽三十六景) (1830-1832)

Série de 46 estampes (36 initialement, 10 ajoutées devant le succès) explorant le Fuji depuis des lieux et situations variés. Elle marque l'apogée du paysage dans l'estampe japonaise et introduit massivement le bleu de Prusse.

Hokusai Manga (北斎漫画) (1814-1878)

Quinze volumes de croquis encyclopédiques couvrant le corps humain, les animaux, les plantes et les phénomènes naturels. Ce manuel de dessin influencera les artistes européens, notamment les impressionnistes.

Cent vues du mont Fuji (富嶽百景) (1834-1835)

Trilogie de livres illustrés en noir, gris et blanc, considérée par Hokusai lui-même comme le sommet de son art. La diversité des points de vue et la maîtrise du trait y sont exceptionnelles.

Le Rêve de la femme du pêcheur (蛸と海女) (1814)

Gravure provocatrice et onirique tirée du recueil Kinoe no Komatsu, montrant une plongeuse entourée de pieuvres. Elle est considérée comme l'une des premières représentations érotiques de ce type dans l'art japonais.

Cascade d'Amida (阿弥陀ヶ滝) (vers 1833)

Issue de la série Tournée des cascades dans les provinces, cette estampe montre des pèlerins minuscules face à une chute d'eau monumentale. Elle illustre la maîtrise d'Hokusai dans la représentation du mouvement de l'eau.

Phénix (鳳凰図) (1844)

Peinture monumentale réalisée sur le plafond d'un char de festival à Obuse, l'une des dernières grandes œuvres d'Hokusai à 84 ans. Elle témoigne d'une énergie créatrice intacte jusqu'à l'extrême vieillesse.

Anecdotes

Hokusai a changé de nom plus de trente fois au cours de sa vie, une pratique courante chez les artistes japonais pour marquer une nouvelle étape créative. Son dernier pseudonyme, 'Gakyo Rojin Manji' (le vieux fou de la peinture), qu'il adopta à 75 ans, résume parfaitement son tempérament obsessionnel et passionné.

À 88 ans, quelques semaines avant sa mort, Hokusai aurait déclaré : 'Si le ciel m'accordait dix ans de plus — non, cinq ans — je pourrais devenir un véritable peintre.' Il travailla jusqu'à la fin de sa vie, refusant de s'arrêter malgré son grand âge et sa fragilité.

Hokusai a déménagé plus de 90 fois au cours de sa vie à Edo (Tokyo), souvent par superstition ou pour fuir les créanciers. On dit qu'il ne nettoyait jamais ses ateliers et préférait simplement changer de domicile lorsqu'ils devenaient trop encombrés de papiers et de pinceaux.

En 1804, lors d'une démonstration publique commandée par le shogun, Hokusai peignit un immense portrait d'un moine bouddhiste sur une feuille de papier posée à même le sol, en utilisant un balai trempé dans de l'encre. Il ajouta ensuite quelques détails au pinceau fin pour étonner la foule.

Sources primaires

Hokusai Manga (北斎漫画) (1814-1878)
Recueil de près de 4 000 dessins publié entre 1814 et 1878, présentant des études de corps humains, d'animaux, de paysages et de scènes de la vie quotidienne japonaise, conçu à l'origine comme manuel d'apprentissage pour ses élèves.
Fugaku Hyakkei (Cent vues du mont Fuji) (1834-1835)
Ouvrage en trois volumes dans lequel Hokusai représente le Fuji sous toutes ses formes, saisons et perspectives, illustrant sa quête d'une maîtrise absolue de la ligne et de la composition.
Lettre à son éditeur Nishimuraya Yohachi (vers 1834)
Hokusai y décrit sa démarche artistique : 'Depuis l'âge de six ans, j'avais la manie de dessiner la forme des objets. À cinquante ans, j'avais publié une infinité de dessins, mais tout ce que j'ai produit avant soixante-dix ans ne vaut rien.'
Préface de la série Trente-six vues du mont Fuji (富嶽三十六景) (1830-1832)
Hokusai présente sa série comme une exploration de la permanence du Fuji face à la fugacité des activités humaines, croisant paysage grandiose et scènes de travail quotidien.

Lieux clés

Edo (Tokyo), quartier de Honjo

Lieu de naissance et de vie de Hokusai, quartier populaire peuplé d'artisans, de commerçants et d'acteurs. C'est dans cette ville bouillonnante qu'il développa son œuvre pendant plus de sept décennies.

Mont Fuji (Fujisan), préfecture de Shizuoka

Sujet obsessionnel de Hokusai, symbole sacré du Japon qu'il représenta sous des centaines de formes différentes dans ses séries les plus célèbres. Il ne l'aurait peut-être jamais gravi mais le contempla de loin tout au long de sa vie.

Baie de Sagami (Kanagawa), vue de la Grande Vague

Lieu supposé de la scène représentée dans La Grande Vague de Kanagawa, avec le mont Fuji visible à l'arrière-plan. Les bateaux sont des barques de pêche rapides (oshiokuri-bune) transportant du poisson vers Edo.

Obuse, préfecture de Nagano

Ville où Hokusai séjourna à plusieurs reprises entre 1842 et 1844, hébergé par le mécène Takai Kozan. Il y peignit des plafonds de chars de festival et des toiles monumentales conservées dans le musée Hokusai d'Obuse.

Musée Hokusai (Sumida Hokusai Museum), Tokyo

Musée inauguré en 2016 dans l'arrondissement de Sumida, non loin des lieux de vie d'Hokusai à Edo. Il conserve plus de 1 500 œuvres originales et retrace l'ensemble de sa carrière.

Liens externes & ressources

Œuvres

La Grande Vague de Kanagawa (神奈川沖浪裏)

vers 1831

Trente-six vues du mont Fuji (富嶽三十六景)

1830-1832

Hokusai Manga (北斎漫画)

1814-1878

Cent vues du mont Fuji (富嶽百景)

1834-1835

Le Rêve de la femme du pêcheur (蛸と海女)

1814

Cascade d'Amida (阿弥陀ヶ滝)

vers 1833

Voir aussi