Honoré Daumier(1808 — 1879)
Honoré Daumier
France
6 min de lecture
Honoré Daumier (1808-1879) est un graveur, caricaturiste, peintre et sculpteur français. Maître de la lithographie, il a croqué avec férocité la vie politique et sociale de son temps, devenant l'un des plus grands satiristes du XIXe siècle.
Questions fréquentes
Citations célèbres
« Il faut être de son temps.»
Faits marquants
- Né à Marseille en 1808, mort à Valmondois en 1879
- Publie en 1831 la caricature « Gargantua » représentant le roi Louis-Philippe, ce qui lui vaut six mois de prison en 1832
- Collabore aux journaux satiriques « La Caricature » puis « Le Charivari » dès les années 1830
- Réalise environ 4000 lithographies au cours de sa carrière
- Auteur de peintures réalistes restées peu connues de son vivant, comme « Le Wagon de troisième classe » (vers 1862)
Œuvres & réalisations
Lithographie montrant Louis-Philippe en géant dévorant les richesses du peuple ; elle vaut à Daumier la prison.
Galerie satirique des députés de la majorité assoupis sur leurs bancs, sommet de la caricature politique.
Estampe bouleversante dénonçant un massacre, considérée comme un chef-d'œuvre de l'art engagé.
Personnage d'escroc bavard incarnant la corruption et l'esprit d'affaires du temps, immense succès populaire.
Série de bustes-charges sculptés des hommes politiques, modèles de ses caricatures.
Peinture montrant des voyageurs pauvres avec compassion ; œuvre majeure de son art pictural redécouvert.
Toiles reprenant inlassablement le héros de Cervantès, annonçant par leur liberté la peinture moderne.
Série lithographiée tournant en dérision avocats et magistrats, satire mordante du monde judiciaire.
Anecdotes
En 1832, Daumier publie dans le journal *La Caricature* une lithographie intitulée *Gargantua* représentant le roi Louis-Philippe en géant avalant des sacs d'or pris au peuple. La justice le condamne à six mois de prison à Sainte-Pélagie : la caricature dérange jusqu'au sommet de l'État.
Pour se moquer de Louis-Philippe sans le nommer, Daumier et ses amis dessinaient peu à peu son visage rebondi en forme de poire. La « poire » devint le symbole secret de toute une presse d'opposition, et un mot d'esprit politique compris de tous.
Vers 1832, Daumier modèle une série de petits bustes en terre crue, les *Célébrités du Juste Milieu*, caricatures grotesques des députés et hommes politiques. Il s'en servait comme modèles pour ses lithographies, croquant les visages réels à la chambre des députés.
Sa peinture *Don Quichotte*, qu'il reprend sans cesse, et ses toiles restèrent longtemps méconnues : on ne voyait en lui qu'un caricaturiste. À la fin de sa vie, presque aveugle et pauvre, c'est le peintre Camille Corot qui lui offrit une maison à Valmondois pour qu'il ne soit pas chassé.
En 1834, après une fusillade rue Transnonain où la troupe massacra des habitants d'un immeuble, Daumier réalise *Rue Transnonain* : un ouvrier mort au sol, écrasant le corps de son enfant. L'estampe, d'un réalisme glaçant, est saisie et détruite par la police.
Sources primaires
Rue Transnonain, le 15 avril 1834.
Feuilletez son œuvre, et vous verrez défiler devant vos yeux, dans sa réalité fantastique et saisissante, tout ce qu'une grande ville contient de vivantes monstruosités. Daumier a poussé son art très loin, il en a fait un art sérieux ; c'est un grand caricaturiste.
Daumier est condamné à six mois d'emprisonnement et à une amende pour avoir excité à la haine et au mépris du gouvernement du roi.
Galerie de portraits-charges des principaux personnages de la majorité, modelés d'après nature par M. Daumier.
Lieux clés
Ville natale de Daumier, qu'il quitte enfant lorsque sa famille monte à Paris pour suivre son père vitrier et poète.
Ville où Daumier passe l'essentiel de sa vie, observe la société et produit ses milliers de lithographies pour la presse satirique.
Établissement où Daumier purge six mois de détention en 1832 pour la caricature Gargantua jugée offensante envers le roi.
Lieu du massacre de 1834 que Daumier immortalise dans une estampe dénonçant la répression militaire.
Village où Daumier finit sa vie dans une maison offerte par son ami Corot, et où il meurt en 1879.






