Hugo de Vries(1848 — 1935)
Hugo de Vries
Royaume des Pays-Bas
7 min de lecture
Botaniste néerlandais (1848-1935), Hugo de Vries est l'un des redécouvreurs des lois de Mendel en 1900. Il est surtout connu pour sa théorie des mutations, qu'il développa à partir de ses travaux sur l'œnothère.
Questions fréquentes
Faits marquants
- Né le 16 février 1848 à Haarlem (Pays-Bas), mort le 21 mai 1935
- En 1900, il redécouvre indépendamment les lois de Mendel, en même temps que Correns et Tschermak
- Développe la théorie mutationniste de l'évolution dans 'Die Mutationstheorie' (1901-1903)
- Ses expériences sur Oenothera lamarckiana lui permettent d'observer des variations brusques héréditaires
- Professeur à l'Université d'Amsterdam, il contribue à fonder la génétique moderne
Œuvres & réalisations
Ouvrage théorique dans lequel de Vries postule l'existence de particules héréditaires intracellulaires distinctes, qu'il nomme 'pangènes'. Ce travail préfigure directement le concept moderne de gène.
Article fondateur dans lequel de Vries redécouvre et confirme les lois de Mendel à partir de ses propres expériences de croisement. Il est publié la même semaine que les articles similaires de Correns et Tschermak.
Œuvre maîtresse en deux volumes où de Vries développe l'idée que l'évolution procède par mutations brusques et discontinues. Bien que sa conception des mutations chez l'œnothère se soit révélée partiellement erronée (il s'agissait de polyploïdie), le cadre théorique reste fondateur.
Version anglaise remaniée de ses conférences américaines, destinée à diffuser la théorie mutationniste dans le monde anglophone et à la relier aux travaux de Darwin sur la sélection naturelle.
Manuel appliqué présentant les méthodes de la génétique mendélienne à destination des agronomes et des sélectionneurs végétaux, illustrant l'impact pratique de ses recherches fondamentales.
Anecdotes
En 1886, Hugo de Vries découvre par hasard, dans un champ abandonné près d'Amsterdam, une population sauvage d'œnothères (Oenothera lamarckiana) présentant des formes très différentes les unes des autres. Fasciné, il récupère des graines et commence à cultiver ces plantes dans son jardin expérimental, ouvrant la voie à sa théorie des mutations.
En 1900, au moment de préparer la publication de ses travaux sur l'hérédité, Hugo de Vries tombe sur l'article oublié de Gregor Mendel datant de 1866. Il réalise que le moine autrichien avait anticipé ses propres conclusions — certains historiens estiment qu'il chercha d'abord à minimiser la découverte de Mendel avant de lui rendre hommage sous pression de ses collègues.
La même année 1900, deux autres botanistes — l'Allemand Carl Correns et l'Autrichien Erich von Tschermak — publient indépendamment leurs propres redécouvertes des lois de Mendel. Cette coïncidence est l'une des plus célèbres de l'histoire des sciences et illustre comment une discipline parvient à maturité simultanément chez plusieurs chercheurs.
Lors de sa tournée de conférences aux États-Unis en 1904, de Vries fut accueilli comme une star scientifique : des centaines d'étudiants et de professeurs se pressaient pour l'entendre parler de ses mutations chez l'œnothère. Son passage contribua à faire des États-Unis l'un des premiers pays à adopter la génétique mendélienne comme programme de recherche officiel.
Dans son ouvrage de 1889, Hugo de Vries invente le mot 'pangène' pour désigner les unités héréditaires à l'intérieur de la cellule. Ce terme sera raccourci en 'gène' par le Danois Wilhelm Johannsen en 1909 — le vocabulaire scientifique moderne doit donc en partie sa terminologie à de Vries, même si le concept fut affiné par d'autres.
Sources primaires
Je suppose que les caractères héréditaires sont portés par des particules matérielles distinctes à l'intérieur de la cellule, que je nomme pangènes. Chaque pangène correspond à un caractère observable de l'organisme.
Les résultats de mes expériences de croisement s'accordent pleinement avec les règles formulées par Mendel pour les pois, et que je retrouve valables pour de nombreuses autres espèces végétales.
Les espèces ne se transforment pas par de petites variations graduelles et insensibles, mais par bonds brusques et discontinus que je propose d'appeler mutations. Ces mutations sont héréditaires et peuvent former la base de nouvelles espèces.
Mutations arise suddenly, they do not in the beginning show any tendency to return to the original type, and they breed true from the very first generation.
Lieux clés
Ville natale de Hugo de Vries, où il naît le 16 février 1848 dans une famille bourgeoise cultivée. Son environnement familial libéral favorise très tôt son goût pour les sciences naturelles.
Lieu principal de travail de de Vries pendant quarante ans (1878-1918). C'est là qu'il dirige ses recherches expérimentales sur l'hérédité et rédige ses ouvrages majeurs.
Site naturel où de Vries découvrit en 1886 la population sauvage d'œnothères présentant des variants spontanés. Cette trouvaille fortuite déclencha toute sa réflexion sur les mutations.
Établissement où de Vries obtient son doctorat en 1871, après des études complètes dans l'une des plus anciennes et réputées universités des Pays-Bas.
Village de Gueldre où de Vries possédait une propriété de retraite. Il s'y installa définitivement après 1918 et y mourut le 21 mai 1935.






