Humbaba

Humbaba

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MythologieAvant J.-C.Mésopotamie antique, mythologie sumérienne et akkadienne (récits attestés dès le IIIe-IIe millénaire av. J.-C.)

Humbaba (ou Huwawa) est une créature monstrueuse de la mythologie mésopotamienne, gardien de la forêt des Cèdres pour le dieu Enlil. Il apparaît dans l'Épopée de Gilgamesh, où il est vaincu et tué par Gilgamesh et Enkidu.

Questions fréquentes

Humbaba (ou Huwawa en sumérien) est le gardien terrifiant de la forêt des Cèdres, nommé par le grand dieu Enlil. Ce qu'il faut retenir, c'est qu'il n'est pas un simple monstre : il incarne la frontière sacrée entre le monde civilisé et le domaine divin. Dans l'*Épopée de Gilgamesh*, il protège les arbres que les dieux habitent, et son souffle est comparé à la mort. Sa fonction est moins de punir que de préserver un équilibre cosmique que les héros vont briser.

Faits marquants

  • Gardien de la forêt des Cèdres au service du dieu Enlil, qui lui confie la mission de protéger ce domaine sacré
  • Personnage central de l'Épopée de Gilgamesh, dont les versions akkadiennes sont attestées au début du IIe millénaire av. J.-C.
  • Tué par Gilgamesh et son compagnon Enkidu, qui abattent ensuite les cèdres de la forêt
  • Son visage est traditionnellement représenté sous forme d'un masque grimaçant fait d'entrailles enroulées, notamment sur des plaques d'argile mésopotamiennes
  • Sa mort attire la colère des dieux et contribue au destin tragique d'Enkidu, condamné à mourir

Œuvres & réalisations

Gilgamesh et Huwawa (version A) (vers 2100-1800 av. J.-C.)

Poème sumérien le plus ancien où apparaît le gardien de la forêt, alors nommé Huwawa. Il fixe les grands éléments du récit : l'expédition, les auréoles de terreur et la mort du monstre.

Gilgamesh et Huwawa (version B) (vers 2000-1800 av. J.-C.)

Variante sumérienne du même épisode, qui insiste sur les ruses employées pour s'emparer du gardien. Elle montre la popularité du thème dès la haute époque.

Épopée de Gilgamesh, tablette V (vers 1200 av. J.-C.)

Cœur du récit babylonien : la traversée de la forêt, le combat aidé des vents de Shamash, la supplication puis la mort de Humbaba. C'est la version la plus complète qui nous soit parvenue.

Masques cultuels de Humbaba (vers 1800-1600 av. J.-C.)

Objets d'argile diffusés dans tout le Proche-Orient ancien, témoignant que le monstre dépassait le seul cadre littéraire pour entrer dans la religion et la divination.

Fragments tardifs (néo-assyriens et au-delà) (VIIe s. av. J.-C. et après)

Copies conservées à Ninive et ailleurs, qui ont assuré la survie du personnage et permis sa redécouverte moderne à partir de 1872.

Anecdotes

Les archéologues ont retrouvé en Mésopotamie de petits masques d'argile représentant le visage de Humbaba : ses traits y sont dessinés d'une seule ligne enroulée qui ressemble à un paquet d'intestins. Ce n'est pas un hasard : les devins babyloniens lisaient l'avenir dans les entrailles des moutons sacrifiés, et quand les replis dessinaient ce motif, on y voyait un présage lié au monstre.

Dans l'Épopée de Gilgamesh, Humbaba n'est pas seulement fort : il est entouré de sept « mélammu », des auréoles de terreur surnaturelle qui paralysent quiconque l'approche. Gilgamesh doit les lui arracher une à une, comme on retirerait sept armures invisibles, avant de pouvoir l'affronter.

Le héros n'aurait jamais vaincu Humbaba sans l'aide du dieu-soleil Shamash, qui déchaîne contre le gardien treize vents (vent du nord, tourbillon, tempête de sable...). Plaqué au sol et aveuglé, le monstre supplie qu'on l'épargne et promet de devenir le serviteur de Gilgamesh.

C'est Enkidu, l'ami sauvage de Gilgamesh, qui le pousse à tuer Humbaba malgré ses supplications. Avant de mourir, le gardien lance une malédiction sur les deux compagnons — et de fait, peu après, Enkidu tombe malade et meurt, comme si la prophétie du monstre s'accomplissait.

Il existe deux grandes versions de l'histoire. Les Sumériens l'appelaient Huwawa et racontaient déjà ses exploits il y a plus de quatre mille ans ; les Babyloniens, plus tard, le nommèrent Humbaba dans la grande Épopée de Gilgamesh écrite sur des tablettes d'argile en écriture cunéiforme.

Sources primaires

Épopée de Gilgamesh, tablette II (version babylonienne standard) (vers XIIIe-XIIe s. av. J.-C.)
Humbaba — sa voix est le Déluge, sa parole est le feu, et son souffle est la mort ! Pourquoi désires-tu accomplir une telle chose ?
Épopée de Gilgamesh, tablette V (la forêt des Cèdres) (vers XIIIe-XIIe s. av. J.-C.)
Ils s'arrêtèrent, émerveillés devant la forêt, contemplant la hauteur des cèdres... Ils découvrirent la montagne des Cèdres, demeure des dieux, trône de la déesse Irnini.
Gilgamesh et Huwawa (version A, poème sumérien) (vers 2100-1800 av. J.-C.)
Enlil a établi Huwawa comme une terreur pour les hommes : sept manteaux de rayonnement l'enveloppent et nul ne peut pénétrer dans la forêt des cèdres.
Épopée de Gilgamesh, tablette V (la supplication) (vers XIIIe-XIIe s. av. J.-C.)
Humbaba implora Gilgamesh : « Laisse-moi la vie ! Je serai ton serviteur, je couperai pour toi les arbres de ma montagne et je bâtirai ta maison. »

Lieux clés

Forêt des Cèdres

Immense forêt sacrée que Humbaba garde pour le dieu Enlil, demeure des dieux. C'est là qu'il affronte et perd la vie face à Gilgamesh et Enkidu.

Uruk

Cité de Gilgamesh, point de départ de l'expédition vers la forêt lointaine. Une des plus grandes villes de la Mésopotamie sumérienne.

Nippur

Ville sainte d'Enlil, le dieu qui avait nommé Humbaba gardien de la forêt. Son temple, l'Ekur, reçoit la porte de cèdre fabriquée après la victoire.

Mont Liban

Montagne réputée pour ses cèdres majestueux, à laquelle la tradition tardive associe la forêt gardée par Humbaba.

Ninive

Capitale assyrienne où la bibliothèque du roi Assurbanipal conservait les tablettes de l'Épopée de Gilgamesh, retrouvées au XIXe siècle.

Voir aussi