Humbaba (ou Huwawa) est une créature monstrueuse de la mythologie mésopotamienne, gardien de la forêt des Cèdres pour le dieu Enlil. Il apparaît dans l'Épopée de Gilgamesh, où il est vaincu et tué par Gilgamesh et Enkidu.
Humbaba
Humbaba
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Questions fréquentes
Faits marquants
- Gardien de la forêt des Cèdres au service du dieu Enlil, qui lui confie la mission de protéger ce domaine sacré
- Personnage central de l'Épopée de Gilgamesh, dont les versions akkadiennes sont attestées au début du IIe millénaire av. J.-C.
- Tué par Gilgamesh et son compagnon Enkidu, qui abattent ensuite les cèdres de la forêt
- Son visage est traditionnellement représenté sous forme d'un masque grimaçant fait d'entrailles enroulées, notamment sur des plaques d'argile mésopotamiennes
- Sa mort attire la colère des dieux et contribue au destin tragique d'Enkidu, condamné à mourir
Œuvres & réalisations
Poème sumérien le plus ancien où apparaît le gardien de la forêt, alors nommé Huwawa. Il fixe les grands éléments du récit : l'expédition, les auréoles de terreur et la mort du monstre.
Variante sumérienne du même épisode, qui insiste sur les ruses employées pour s'emparer du gardien. Elle montre la popularité du thème dès la haute époque.
Cœur du récit babylonien : la traversée de la forêt, le combat aidé des vents de Shamash, la supplication puis la mort de Humbaba. C'est la version la plus complète qui nous soit parvenue.
Objets d'argile diffusés dans tout le Proche-Orient ancien, témoignant que le monstre dépassait le seul cadre littéraire pour entrer dans la religion et la divination.
Copies conservées à Ninive et ailleurs, qui ont assuré la survie du personnage et permis sa redécouverte moderne à partir de 1872.
Anecdotes
Les archéologues ont retrouvé en Mésopotamie de petits masques d'argile représentant le visage de Humbaba : ses traits y sont dessinés d'une seule ligne enroulée qui ressemble à un paquet d'intestins. Ce n'est pas un hasard : les devins babyloniens lisaient l'avenir dans les entrailles des moutons sacrifiés, et quand les replis dessinaient ce motif, on y voyait un présage lié au monstre.
Dans l'Épopée de Gilgamesh, Humbaba n'est pas seulement fort : il est entouré de sept « mélammu », des auréoles de terreur surnaturelle qui paralysent quiconque l'approche. Gilgamesh doit les lui arracher une à une, comme on retirerait sept armures invisibles, avant de pouvoir l'affronter.
Le héros n'aurait jamais vaincu Humbaba sans l'aide du dieu-soleil Shamash, qui déchaîne contre le gardien treize vents (vent du nord, tourbillon, tempête de sable...). Plaqué au sol et aveuglé, le monstre supplie qu'on l'épargne et promet de devenir le serviteur de Gilgamesh.
C'est Enkidu, l'ami sauvage de Gilgamesh, qui le pousse à tuer Humbaba malgré ses supplications. Avant de mourir, le gardien lance une malédiction sur les deux compagnons — et de fait, peu après, Enkidu tombe malade et meurt, comme si la prophétie du monstre s'accomplissait.
Il existe deux grandes versions de l'histoire. Les Sumériens l'appelaient Huwawa et racontaient déjà ses exploits il y a plus de quatre mille ans ; les Babyloniens, plus tard, le nommèrent Humbaba dans la grande Épopée de Gilgamesh écrite sur des tablettes d'argile en écriture cunéiforme.
Sources primaires
Humbaba — sa voix est le Déluge, sa parole est le feu, et son souffle est la mort ! Pourquoi désires-tu accomplir une telle chose ?
Ils s'arrêtèrent, émerveillés devant la forêt, contemplant la hauteur des cèdres... Ils découvrirent la montagne des Cèdres, demeure des dieux, trône de la déesse Irnini.
Enlil a établi Huwawa comme une terreur pour les hommes : sept manteaux de rayonnement l'enveloppent et nul ne peut pénétrer dans la forêt des cèdres.
Humbaba implora Gilgamesh : « Laisse-moi la vie ! Je serai ton serviteur, je couperai pour toi les arbres de ma montagne et je bâtirai ta maison. »
Lieux clés
Immense forêt sacrée que Humbaba garde pour le dieu Enlil, demeure des dieux. C'est là qu'il affronte et perd la vie face à Gilgamesh et Enkidu.
Cité de Gilgamesh, point de départ de l'expédition vers la forêt lointaine. Une des plus grandes villes de la Mésopotamie sumérienne.
Ville sainte d'Enlil, le dieu qui avait nommé Humbaba gardien de la forêt. Son temple, l'Ekur, reçoit la porte de cèdre fabriquée après la victoire.
Montagne réputée pour ses cèdres majestueux, à laquelle la tradition tardive associe la forêt gardée par Humbaba.
Capitale assyrienne où la bibliothèque du roi Assurbanipal conservait les tablettes de l'Épopée de Gilgamesh, retrouvées au XIXe siècle.
Objets typiques

Plaque ou masque d'argile figurant son visage en une seule ligne enroulée évoquant des entrailles. Les devins y reconnaissaient un présage lorsque les viscères d'un animal sacrifié dessinaient ce motif.

Auréoles de rayonnement et de terreur surnaturelle qui enveloppent Humbaba et paralysent ses ennemis. Gilgamesh doit les lui retirer une à une avant de pouvoir l'atteindre.

Armes forgées spécialement pour l'expédition, avec lesquelles Gilgamesh et Enkidu abattent les cèdres puis le gardien. Leur poids démesuré souligne la force héroïque des deux compagnons.

Battant monumental taillé dans le plus grand cèdre de la forêt après la mort de Humbaba. Enkidu le destine au temple d'Enlil, le dieu même qui avait placé le monstre en gardien.

Trésor de la forêt gardée par Humbaba, recherché par les rois mésopotamiens dont les plaines manquaient de grands arbres. Le cèdre servait à bâtir temples et palais.

Plaquettes d'argile gravées de signes en forme de coins, sur lesquelles l'histoire de Humbaba a été transmise pendant des millénaires. Elles constituent notre source principale sur le personnage.
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Vie quotidienne
Matin
Au lever du soleil, Humbaba arpente les sentiers de la forêt des Cèdres dont il est le gardien. Doté d'une ouïe et d'une vue prodigieuses, il repère le moindre intrus venu couper un arbre sacré.
Après-midi
Le jour, il veille sur les plus hauts cèdres, ceux qui s'élèvent vers la demeure des dieux. Son rugissement, comparé au Déluge, résonne dans la montagne pour effrayer quiconque approche.
Soir
À la tombée du jour, ses sept auréoles de terreur brillent dans l'ombre comme des armures de lumière. Nul ne peut franchir la lisière sans être paralysé par cette présence surnaturelle.
Alimentation
Créature mythique, Humbaba n'est pas décrit comme se nourrissant à la manière des hommes. Les textes en font un être quasi élémentaire, vivant du seul souffle de la forêt qu'il protège.
Vêtements
Il est revêtu de sept « mélammu », des manteaux invisibles de rayonnement divin. Ces auréoles, et non des vêtements, constituent sa véritable protection.
Habitat
Sa demeure est la forêt des Cèdres elle-même, montagne sacrée présentée comme le trône des dieux. Il n'y possède ni maison ni palais : la nature entière est son domaine et sa forteresse.
Frise contextuelle
Vocabulaire d'époque
Liens externes & ressources
Références
Œuvres
Gilgamesh et Huwawa (version A)
vers 2100-1800 av. J.-C.
Gilgamesh et Huwawa (version B)
vers 2000-1800 av. J.-C.
Épopée de Gilgamesh, tablette V
vers 1200 av. J.-C.
Masques cultuels de Humbaba
vers 1800-1600 av. J.-C.
Fragments tardifs (néo-assyriens et au-delà)
VIIe s. av. J.-C. et après






