Compositeur, mathématicien et architecte franco-grec, pionnier de la musique algorithmique et stochastique. Il a appliqué les mathématiques et le calcul des probabilités à la composition musicale, révolutionnant la musique du XXe siècle.
Iannis Xenakis(1922 — 2001)
Iannis Xenakis
Grèce, France
6 min de lecture
Questions fréquentes
Faits marquants
- Né en 1922 en Roumanie de parents grecs, mort à Paris en 2001
- Travaille comme ingénieur dans l'atelier de Le Corbusier et conçoit le Pavillon Philips de l'Exposition universelle de Bruxelles (1958)
- Compose Metastaseis (1953-1954), œuvre fondatrice appliquant des principes mathématiques à l'orchestre
- Théorise la musique stochastique fondée sur le calcul des probabilités dans son ouvrage Musiques formelles (1963)
- Invente l'UPIC (1977), système informatique permettant de composer en dessinant
Œuvres & réalisations
Œuvre pour orchestre fondée sur des glissandos géométriques ; acte de naissance de son langage mêlant musique et mathématiques.
Première grande œuvre stochastique : les sons des cordes y sont organisés comme des nuages de particules régis par les probabilités.
Bâtiment conçu pour l'Expo 58 de Bruxelles, aux coques en paraboloïdes hyperboliques, sommet de la rencontre entre son architecture et sa musique.
Partition entièrement calculée à partir de lois statistiques, illustration de sa méthode de composition stochastique.
Spectacle de lumières et de sons pour l'Exposition universelle, inventant une forme d'art total dans l'espace.
Œuvre pour six percussionnistes disposés autour du public, créée près de Persépolis, qui spatialise le son dans l'auditoire.
Système informatique de composition par le dessin, permettant de transformer des courbes tracées à la main en musique.
Ouvrage théorique majeur où il expose les fondements mathématiques de la musique stochastique.
Anecdotes
En 1945, lors des combats de rue à Athènes pendant la guerre civile grecque, le jeune Xenakis est gravement blessé au visage par un éclat d'obus : il perd l'œil gauche et garde une profonde cicatrice. Engagé dans la résistance contre l'occupant puis dans la lutte armée, il échappe de peu à la mort.
Condamné à mort par contumace par le régime grec, Xenakis fuit son pays avec de faux papiers et arrive à Paris en 1947. Il ne pourra revenir en Grèce qu'en 1974, après la chute de la dictature des colonels.
Pendant douze ans, Xenakis travaille dans l'atelier de l'architecte Le Corbusier comme ingénieur. Il conçoit en grande partie le Pavillon Philips de l'Exposition universelle de Bruxelles en 1958, une structure aux courbes spectaculaires faites de paraboloïdes hyperboliques.
Sa pièce orchestrale Metastaseis (1953-54) repose sur des glissandos dessinant des droites qui forment des surfaces courbes : exactement le même principe géométrique que celui des coques du Pavillon Philips. Chez Xenakis, musique et architecture naissent des mêmes mathématiques.
Pour composer, Xenakis applique le calcul des probabilités, la théorie des jeux et la logique : il appelle cette démarche la musique « stochastique ». Dans les années 1970, il invente l'UPIC, une machine sur laquelle on dessine des courbes qu'un ordinateur transforme en sons.
Sources primaires
L'introduction des lois du calcul des probabilités dans la composition musicale permet d'échapper à la fois au déterminisme strict et à l'arbitraire du hasard pur.
La musique stochastique se définit par la maîtrise du hasard : les événements sonores y sont gouvernés par des lois de probabilité plutôt que par une volonté note à note.
L'architecture et la musique sont pour moi deux manifestations d'une même pensée : toutes deux organisent l'espace et le temps à partir de structures abstraites.
Lieux clés
Ville portuaire du Danube où naît Xenakis en 1922 au sein de la communauté grecque locale.
Lieu de sa jeunesse et de ses études, mais aussi des combats de 1945 où il est grièvement blessé au visage.
Ville d'exil et de toute sa carrière : il y travaille pour Le Corbusier, y compose et y meurt en 2001.
Structure qu'il conçoit pour l'Exposition universelle de 1958, vitrine de ses idées géométriques.
Au 35 rue de Sèvres, l'agence où Xenakis exerce comme ingénieur pendant douze ans et forge son langage spatial.






