Compositeur russe du XIXe siècle, membre du Groupe des Cinq, il fut aussi un chimiste de renom. Il mena de front une carrière scientifique et musicale, laissant notamment l'opéra inachevé *Le Prince Igor*.
Alexandre Borodine(1833 — 1887)
Alexandre Borodine
Empire russe
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Questions fréquentes
Faits marquants
- Né en 1833 à Saint-Pétersbourg, fils illégitime d'un prince géorgien
- Membre du Groupe des Cinq aux côtés de Moussorgski, Rimski-Korsakov, Balakirev et Cui
- Professeur de chimie à l'Académie de médecine militaire, il découvre la réaction aldolique (1872)
- Compose l'opéra *Le Prince Igor*, resté inachevé à sa mort et complété par Rimski-Korsakov et Glazounov
- Meurt en 1887 à Saint-Pétersbourg
Œuvres & réalisations
Opéra resté inachevé, complété par Rimski-Korsakov et Glazounov. Il contient les célèbres *Danses polovtsiennes*, sommet de la musique nationale russe.
Œuvre puissante évoquant l'épopée des héros russes. Considérée comme l'une de ses réussites majeures.
Poème symphonique évocateur peignant le passage d'une caravane dans les plaines russes. Pièce orchestrale parmi les plus jouées de Borodine.
Première grande œuvre orchestrale, révélant le talent de Borodine sous la direction de Balakirev.
Œuvre de musique de chambre célèbre pour son tendre *Notturno*. Dédiée à son épouse.
Découverte majeure de chimie organique sur l'union de deux molécules d'aldéhyde. Toujours enseignée aujourd'hui.
Borodine participe à la fondation de l'enseignement supérieur médical pour les femmes en Russie, action pionnière pour l'époque.
Anecdotes
Borodine menait deux vies de front : le jour, il était professeur de chimie réputé, et il ne composait que pendant ses rares loisirs, le soir ou pendant ses congés de maladie. Il disait lui-même en plaisantant que ses amis musiciens lui souhaitaient... d'attraper un bon rhume, car c'était le seul moment où il pouvait écrire de la musique !
Enfant illégitime d'un prince géorgien, le petit Alexandre fut officiellement déclaré comme le fils d'un serf appartenant à ce prince. C'est sa mère qui l'éleva en lui offrant une excellente éducation, lui apprenant plusieurs langues et la musique dès son plus jeune âge.
En chimie, Borodine a découvert une réaction importante, la condensation aldolique, et a travaillé sur des réactions de l'aldéhyde. Il fut aussi un pionnier de l'éducation supérieure des femmes en Russie, fondant des cours de médecine pour les jeunes filles.
Borodine ne vit jamais son opéra *Le Prince Igor* terminé : il y travailla près de dix-huit ans sans l'achever. Après sa mort soudaine lors d'un bal costumé, ce sont ses amis Rimski-Korsakov et Glazounov qui complétèrent l'œuvre, Glazounov reconstituant de mémoire l'ouverture qu'il avait entendue Borodine jouer au piano.
Les célèbres *Danses polovtsiennes* du *Prince Igor* ont connu une seconde vie au XXe siècle : leurs mélodies ont été reprises dans la comédie musicale américaine *Kismet*, dont la chanson « Stranger in Paradise » est devenue un grand succès populaire.
Sources primaires
L'hiver, je ne peux composer que lorsque je suis assez malade pour ne pas donner mes cours. Aussi mes amis, contrairement à l'usage, ne me souhaitent-ils jamais la bonne santé, mais bien quelque indisposition.
Borodine était un homme d'une instruction immense, connaissant la chimie, à laquelle il consacrait sa vie, aussi bien que la musique. Sa nature généreuse et bonne le faisait aimer de tous.
En traitant l'aldéhyde ordinaire, on obtient un nouveau corps, l'aldol, résultant de l'union de deux molécules d'aldéhyde.
Lieux clés
Ville natale de Borodine et capitale de l'Empire russe, où il vécut, enseigna et composa toute sa vie. Centre intellectuel et artistique majeur du pays.
Établissement où Borodine étudia la médecine puis enseigna la chimie comme professeur. Il y dirigea un laboratoire et y forma de nombreux étudiants.
Ville universitaire allemande où Borodine séjourna pour ses recherches en chimie et rencontra sa future épouse, la pianiste Ekaterina Protopopova.
Ville d'Italie où Borodine poursuivit ses travaux de chimie organique dans les années 1860. Il y réalisa d'importantes expériences sur les composés halogénés.
Nécropole de Saint-Pétersbourg où Borodine fut inhumé, aux côtés d'autres grands compositeurs russes. Lieu de mémoire du patrimoine musical national.
Objets typiques

Récipients de verre du laboratoire de chimie où Borodine menait ses expériences sur les aldéhydes. Ils symbolisent sa carrière scientifique de premier plan, parallèle à sa vie de compositeur.

Instrument sur lequel Borodine composait ses œuvres pendant ses rares moments libres. C'est au piano qu'il fit entendre à ses amis les pages du *Prince Igor*.

Feuillets sur lesquels Borodine notait ses compositions, souvent laissés inachevés faute de temps. Les manuscrits du *Prince Igor* durent être déchiffrés et complétés par ses amis après sa mort.

Outil d'observation utilisé dans ses recherches de chimie organique et de médecine. Il rappelle sa formation de médecin à l'Académie médico-chirurgicale.

Petit instrument métallique donnant la note de référence pour accorder les instruments. Objet à la croisée de la physique acoustique et de la musique, il résume les deux passions de Borodine.

Instruments d'écriture servant aussi bien à rédiger ses mémoires scientifiques qu'à entretenir une abondante correspondance. Borodine maîtrisait plusieurs langues étrangères.
Programmes scolaires
Vocabulaire & tags
Vocabulaire clé
Vie quotidienne
Matin
Borodine commençait sa journée à l'Académie médico-chirurgicale, où il donnait ses cours de chimie et supervisait les expériences de ses étudiants au laboratoire. Sa maison, attenante à l'Académie, était toujours pleine de visiteurs, de collègues et d'animaux familiers.
Après-midi
L'après-midi était consacré à ses recherches scientifiques, à la rédaction de mémoires de chimie et à ses tâches administratives. Homme généreux, il consacrait beaucoup de temps à aider ses étudiants, en particulier les jeunes femmes qu'il défendait dans leur accès aux études.
Soir
Le soir, quand il le pouvait, Borodine se mettait au piano pour composer, mais il était souvent interrompu par les visites et les obligations. C'est pourquoi il avançait très lentement sur ses œuvres, qu'il écrivait surtout pendant ses congés.
Alimentation
L'alimentation d'un homme de la bonne société pétersbourgeoise du XIXe siècle comprenait du pain noir, des soupes comme le chtchi (soupe au chou) et le bortsch, du poisson, et beaucoup de thé servi au samovar. Borodine, accueillant, partageait volontiers sa table avec ses nombreux invités.
Vêtements
Comme professeur et homme du monde, Borodine portait la redingote sombre, le gilet et la cravate de rigueur dans la bourgeoisie cultivée de son temps. En laboratoire, il revêtait une blouse pour protéger ses vêtements des produits chimiques.
Habitat
Borodine vivait dans un appartement de fonction situé dans le bâtiment même de l'Académie, à Saint-Pétersbourg. Le logement, modeste et toujours encombré de partitions, d'instruments et d'appareils scientifiques, était un lieu de passage constant pour amis, parents et étudiants.






