Djami (Abd al-Rahman Djami, 1414-1492) est le dernier grand poète classique de la littérature persane et l'un des plus grands maîtres du soufisme. Né à Djam en Khorasan, il vécut à Hérat sous la protection des sultans timourides. Poète, philosophe et mystique de la confrérie Naqshbandi, il laissa une œuvre immense, mêlant amour divin, sagesse et beauté littéraire.
Djami(1414 — 1492)
Djami
empire timouride
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Questions fréquentes
Citations célèbres
« Le but de la vie est de briser le voile de l'illusion pour contempler la vérité divine.»
« L'amour est un feu qui consume tout ce qui n'est pas l'aimé.»
Faits marquants
- Né en 1414 à Djam (Khorasan), il est surnommé le 'Sultan des poètes' de son vivant.
- Disciple de la confrérie soufie Naqshbandi, il en devient le principal propagateur littéraire au XVe siècle.
- Il compose le Haft Awrang ('Les Sept Trônes'), recueil de sept longs poèmes narratifs dont Yusuf et Zulaykha, chef-d'œuvre de la poésie mystique persane.
- Il rédige le Baharestan ('Jardin du Printemps', 1487), prose poétique morale inspirée du Gulistan de Saadi.
- À sa mort en 1492 à Hérat, il laisse plus de 45 ouvrages en persan et en arabe couvrant poésie, grammaire, théologie et philosophie.
Œuvres & réalisations
Ensemble de sept longs poèmes narratifs, chef-d'œuvre de Djami, mêlant récits d'amour mystique et enseignements soufis.
Poème inspiré du récit coranique de Joseph, devenu un classique célèbre de l'amour divin dans la littérature persane.
Poème allégorique illustrant le combat de l'âme entre l'amour terrestre et l'aspiration spirituelle.
Vaste recueil biographique de plus de six cents saints et maîtres soufis, source précieuse sur le mysticisme islamique.
Recueil moral en prose mêlée de vers, sur le modèle du Golestan de Saadi, écrit pour l'éducation de son fils.
Traité concis sur l'amour divin alternant prose et quatrains, exposant les idées de la mystique de l'unité de l'être.
Recueil de ghazals et quatrains où Djami porte le lyrisme persan classique à son ultime maturité.
Anecdotes
Enfant, Abd al-Rahman Djami montrait une mémoire si prodigieuse qu'on raconte qu'il apprenait ses leçons plus vite que ses maîtres ne pouvaient les enseigner. Adolescent à Hérat, il maîtrisait déjà la grammaire, la logique et la philosophie, au point que les savants venaient le consulter alors qu'il était encore étudiant.
Djami reçut le surnom honorifique de « Khatam al-shu'ara », c'est-à-dire le « Sceau des poètes », signifiant qu'on le considérait comme le dernier des grands maîtres classiques de la poésie persane. Ce titre exprimait l'idée qu'après lui, une époque littéraire se refermait.
Bien que couvert d'honneurs par les sultans timourides, Djami menait une vie modeste de derviche de la confrérie Naqshbandi. On raconte qu'il refusait souvent les charges officielles et les richesses de la cour, préférant l'enseignement, la prière et l'écriture.
Le sultan ottoman Mehmed II, conquérant de Constantinople, admirait tant Djami qu'il l'invita à sa cour et lui envoya des présents. Djami composa en réponse un commentaire savant, mais le sultan mourut avant que le poète ne puisse le rejoindre.
À sa mort en 1492, à Hérat, ses funérailles rassemblèrent une immense foule et le sultan Husayn Bayqara en personne y assista. Sa tombe, près de celle de son maître spirituel Sa'd al-Din Kashgari, devint un lieu de pèlerinage.
Sources primaires
Ô Toi dont le nom est le meilleur commencement, sans Ton nom comment ouvrir mon récit ? Toi qui es plus proche de moi que moi-même, illumine mon cœur du rayon de Ta connaissance.
J'ai réuni en ce livre les mémoires des maîtres de la Voie, afin que le parfum de leur sainteté parvienne aux chercheurs et que leur exemple guide ceux qui aspirent à la Vérité.
Un peu de savoir mis en pratique vaut mieux qu'un grand savoir demeuré stérile ; l'arbre de la science ne se juge qu'à ses fruits.
L'amour est le secret qui anime le monde ; toute beauté que tu vois n'est qu'un reflet de la Beauté éternelle, et tout amant ne cherche, sans le savoir, que l'Aimé unique.
Lieux clés
Village natal de Djami, dont il tira son nom de plume ; région du nord-est de l'Iran actuel.
Capitale culturelle des Timourides où Djami vécut, enseigna et composa l'essentiel de son œuvre.
Grande cité savante timouride où Djami poursuivit ses études auprès des maîtres de la madrasa d'Ulugh Beg.
Djami y accomplit le pèlerinage en 1472, voyage majeur de sa vie spirituelle.
Ville traversée par Djami lors de son pèlerinage, ancien grand centre de la culture islamique.
Cité étape de son voyage de retour, foyer d'art et de poésie du monde persan.
Liens externes & ressources
Références
Œuvres
Haft Awrang (Les Sept Trônes)
vers 1468-1485
Yusuf et Zulaykha
vers 1483
Salaman et Absal
vers 1480
Nafahat al-Uns (Les Souffles de l'Intimité)
1478
Baharistan (Le Jardin printanier)
1487
Lawa'ih (Les Éclairs)
vers 1465
Diwan de poésie lyrique
compilé au fil de sa vie






