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Sofre-ye khanqah (la nappe du couvent soufi)
Dans la tradition persane timouride, le repas se déploie sur une nappe (sofre) posée au sol, autour de laquelle les convives s'assoient en tailleur. Au khanqah (couvent soufi), la sofre est frugale et communautaire : une soupe épaisse (ash) ou un riz (polo) constitue le cœur du repas, accompagné de pain (nan), de yaourt, d'herbes fraîches (sabzi) et de fruits secs. Les douceurs (shirini) comme le halva sont réservées aux cérémonies de dhikr ou aux offrandes funéraires. Les boissons (sharbat) parfumées à l'eau de rose sont servies séparément, souvent pour accueillir un hôte. Il n'y a pas d'entrée ni de dessert au sens occidental — tout est posé ensemble, et chacun pioche selon son appétit et sa station spirituelle.
Signature : Safran de Hérat et eau de rose
Le Khorasan timouride était l'un des plus grands terroirs de safran au monde, et Hérat en était le centre commercial. L'eau de rose (golab), distillée dans les ateliers de la ville, parfumait aussi bien les plats que les manuscrits enluminés. Ces deux ingrédients — l'un doré, l'autre translucide — incarnent la dualité de la poésie de Djami : splendeur visible et parfum invisible.

Djami à table

1414 — 1492

4 recettes d’époque