Jean Cabot(1450 — 1498)

Jean Cabot

république de Venise

9 min de lecture

ExplorationExplorateur/triceRenaissanceFin du XVe siècle, ère des Grandes Découvertes européennes

Navigateur vénitien au service de l'Angleterre, Jean Cabot réalise en 1497 la première traversée de l'Atlantique Nord depuis l'Antiquité et atteint les côtes de l'Amérique du Nord. Son voyage ouvre la voie aux futures revendications anglaises sur le continent américain.

Questions fréquentes

Pour comprendre l'importance de Jean Cabot, il faut imaginer l'Europe de la fin du XVe siècle, où chaque puissance cherche une route maritime vers l'Asie. Ce qui distingue Cabot des autres navigateurs, c'est qu'il est le premier Européen depuis les Vikings à atteindre l'Amérique du Nord, en 1497, au service de l'Angleterre. Moins connu que Christophe Colomb, son voyage ouvre pourtant la voie aux futures revendications anglaises sur le continent. Ce qu'il faut retenir, c'est que sans Cabot, l'Angleterre n'aurait peut-être jamais fondé les colonies qui deviendront les États-Unis et le Canada.

Faits marquants

  • Né vers 1450 à Gênes ou à Venise, naturalisé vénitien
  • En 1497, il part de Bristol à bord du Matthew et atteint les côtes de l'Amérique du Nord (probablement Terre-Neuve ou le Labrador)
  • Son voyage est mandaté par le roi d'Angleterre Henri VII, qui lui accorde des lettres patentes
  • Il est le premier Européen connu à atteindre le continent nord-américain depuis les Vikings
  • Son fils Sébastien Cabot poursuivra l'œuvre d'exploration de son père

Œuvres & réalisations

Premier voyage atlantique — expédition du Matthew (1497)

Traversée de l'Atlantique Nord depuis Bristol jusqu'aux côtes d'Amérique du Nord en environ 35 jours. Première expédition européenne attestée à atteindre le continent nord-américain depuis les explorations vikings du XIe siècle.

Revendication anglaise sur l'Amérique du Nord (24 juin 1497)

En plantant la croix et la bannière royale d'Angleterre sur le sol américain, Cabot pose les bases juridiques des futures revendications anglaises sur l'Amérique du Nord, fondement colonial de ce qui deviendra le Canada anglophone.

Découverte des Grands Bancs de Terre-Neuve (1497)

Au retour de son voyage, Cabot signale à ses commanditaires bristoliens des eaux extraordinairement poissonneuses au large de Terre-Neuve. Cette découverte des Grands Bancs est à l'origine de la grande pêche à la morue atlantique qui alimentera l'Europe pendant des siècles.

Deuxième expédition vers l'Amérique du Nord (1498)

Forte de cinq navires et d'environ 300 hommes, cette expédition plus ambitieuse visait à établir des contacts commerciaux avec l'Asie supposée. Jean Cabot disparut au cours de ce voyage, dont un seul navire endommagé revint en Irlande.

Anecdotes

Né Giovanni Caboto à Gênes vers 1450, Jean Cabot obtient la citoyenneté vénitienne en 1476 après quinze ans de résidence dans la Sérénissime — une condition indispensable pour commercer sous pavillon vénitien. C'est en observant les caravanes d'épices et de soies arrivant d'Orient par voie terrestre qu'il forge l'idée d'une route maritime directe vers l'Asie en passant par l'ouest.

En 1496, Henri VII d'Angleterre lui accorde des lettres patentes royales l'autorisant à naviguer vers l'ouest pour trouver une route vers l'Asie — à condition de revenir uniquement par l'Angleterre et de verser un cinquième des bénéfices à la Couronne. Cabot doit financer lui-même l'expédition, et c'est un groupe de marchands bristoliens qui acceptent de l'aider en échange de parts sur les futurs profits commerciaux.

Le 24 juin 1497, fête de la Saint-Jean-Baptiste, Jean Cabot touche les côtes de l'Amérique du Nord à bord du Matthew, un navire d'à peine 50 tonneaux avec un équipage d'une vingtaine d'hommes. Il plante une croix et les drapeaux d'Angleterre et de Venise, revendiquant la terre au nom du roi — mais comme Colomb, il est convaincu d'avoir atteint les côtes de l'Asie orientale.

À son retour à Bristol en août 1497, Cabot est accueilli en héros dans tout le royaume : Henri VII lui accorde une récompense de seulement dix livres sterling, l'équivalent de quelques semaines de salaire d'un artisan qualifié, puis une pension annuelle de vingt livres. Cette modeste récompense royale contraste avec l'immensité historique de sa découverte.

En 1498, Cabot repart avec cinq navires et environ 300 hommes pour une seconde expédition censée établir des comptoirs commerciaux en Asie. Il ne revient jamais, et l'on ignore encore aujourd'hui ce qu'il advint de lui et de la majeure partie de son équipage : un seul navire endommagé regagna l'Irlande. Sa disparition reste l'un des grands mystères de l'exploration atlantique.

Sources primaires

Lettres patentes d'Henri VII accordées à Jean Cabot et ses fils (5 mars 1496)
Nous accordons et donnons notre licence à Jean Cabot, citoyen de Venise, et à ses fils Lewis, Sébastien et Sancio, de naviguer sous nos enseignes et couleurs vers toutes les parties, régions et côtes de la mer orientale, occidentale et septentrionale, pour chercher, découvrir et trouver toutes sortes d'îles, pays, régions ou provinces des gentils et des infidèles, qui jusqu'à présent étaient inconnues de tous les chrétiens.
Lettre de Raimondo de Soncino, ambassadeur milanais, au duc de Milan (18 décembre 1497)
Votre Seigneurie Illustrissime sait que depuis longtemps Sa Majesté le roi d'Angleterre a envoyé des terres nouvelles. Ce Maître Jean a la faculté de faire des Anglais de si grands seigneurs qu'ils n'auront plus besoin ni de Portugal ni d'Espagne. Il a découvert sur la côte de l'Asie orientale deux très grandes îles, plantant sur elles la bannière royale d'Angleterre.
Lettre de John Day au Grand Amiral (probablement Christophe Colomb) (Hiver 1497-1498)
Il est certain que le cap d'abord découvert, lorsqu'ils allèrent pour la première fois, est au pays de Brasil... Ils allèrent à terre et virent des arbres abattus à la façon d'un rasoir, un bâton peint en rouge, et ils virent aussi de l'herbe piétinée, ils crurent qu'il y avait des habitants et ils retournèrent au navire, craignant d'aller plus loin.
Rapport de Pedro de Ayala, ambassadeur espagnol, aux Rois Catholiques (25 juillet 1498)
Je pense que votre Altesse a déjà eu connaissance de ce que le roi d'Angleterre a envoyé des terres. Je puis dire que sept navires furent équipés et partirent il y a neuf mois. Ils ont découvert des terres sur lesquelles ils ont planté des croix et des bannières de l'Angleterre.

Lieux clés

Gênes (Italie)

Ville de naissance probable de Jean Cabot, vers 1450. Comme Christophe Colomb, il grandit dans cette cité maritime ligure avant de chercher fortune à Venise puis en Angleterre.

Venise (Italie)

Ville dont Cabot obtint la citoyenneté en 1476 après quinze ans de résidence. C'est à Venise qu'il acquit ses compétences de navigateur et de commerçant, et qu'il conçut ses premières idées de route vers l'Orient par l'ouest.

Bristol (Angleterre)

Port d'où Jean Cabot appareilla à bord du Matthew en mai 1497. Second port d'Angleterre à l'époque, Bristol était un centre actif de la navigation atlantique et ses marchands financèrent les deux expéditions de Cabot.

Londres (Angleterre)

Siège de la cour d'Henri VII, où Cabot obtint ses lettres patentes en 1496 et reçut sa récompense royale de dix livres à son retour triomphal en 1497.

Terre-Neuve / Cap-Breton (Canada)

Côtes nord-américaines atteintes par Cabot le 24 juin 1497 — le lieu exact reste débattu entre historiens, mais il se situait vraisemblablement sur l'île de Terre-Neuve ou de Cap-Breton. C'est le premier débarquement européen attesté en Amérique du Nord depuis les Vikings.

Voir aussi