Jean Fleury, dit Florin, est un corsaire normand au service de l'armateur dieppois Jean Ango. En 1523, il s'empare au large des Açores d'une partie du trésor aztèque que Hernán Cortés expédiait à Charles Quint, révélant à l'Europe les fabuleuses richesses du Nouveau Monde.
Jean Fleury(1480 — 1527)
Jean Fleury
6 min de lecture
Questions fréquentes
Faits marquants
- Vers 1521-1523 : il arme des navires de course pour le compte de l'armateur Jean Ango, à Dieppe.
- 1523 : il capture au large du cap Saint-Vincent (Açores) plusieurs caravelles transportant le trésor aztèque envoyé par Cortés à Charles Quint.
- Son butin (or, perles, émeraudes, objets précieux mexicains) dévoile à l'Europe l'ampleur des richesses du Mexique conquis.
- 1527 : capturé par les Espagnols lors d'un combat naval, il est exécuté sur ordre de Charles Quint.
Œuvres & réalisations
Interception des navires espagnols ramenant l'or de Moctezuma : le coup le plus célèbre de la course française, qui révéla la richesse du Nouveau Monde.
Campagnes répétées contre les navires marchands espagnols et portugais, faisant de Fleury la terreur des routes maritimes ibériques.
Saisies de cargaisons d'épices, de sucre et de métaux précieux qui enrichirent Dieppe et affaiblirent le commerce de Charles Quint.
Soutien maritime au royaume de France dans son conflit contre l'empereur, en frappant l'Espagne sur ses lignes d'approvisionnement en or.
En s'attaquant au monopole ibérique du Nouveau Monde, Fleury inaugura le défi français au partage de Tordesillas et inspira les corsaires suivants.
Anecdotes
En 1523, au large des côtes ibériques, Jean Fleury captura plusieurs caravelles espagnoles qui ramenaient vers Séville une part du trésor d'Hernán Cortés : de l'or, des bijoux, des masques et des objets aztèques arrachés à l'empire de Moctezuma. C'est la première fois que les fabuleuses richesses du Nouveau Monde tombaient aux mains des Français, et la nouvelle fit sensation dans toute l'Europe.
Les Espagnols, qui le craignaient comme la peste, l'appelaient « Juan Florín ». Son surnom était si redouté que certains marins ibériques refusaient de prendre la mer quand on annonçait sa présence sur les routes de l'Atlantique.
On raconte que la découverte du butin aztèque révéla à François Ier l'ampleur des trésors que l'Espagne tirait des Amériques. Le roi de France aurait ironisé en demandant à voir « la clause du testament d'Adam » qui réservait le Nouveau Monde au seul roi d'Espagne et au roi du Portugal.
Jean Fleury naviguait pour le compte de Jean Ango, le richissime armateur de Dieppe. Ango finançait les navires, les équipages et les vivres, puis partageait les prises : c'était une véritable entreprise de course, organisée et soutenue par les marchands normands.
En 1527, la chance tourna : Jean Fleury fut capturé en mer par une escadre espagnole. Livré aux autorités de Charles Quint, il fut condamné à mort et exécuté, payant de sa vie les coups qu'il avait portés à l'orgueil et aux coffres de l'Espagne.
Sources primaires
Cortés y évoque les présents et l'or destinés à l'empereur, expédiés par mer vers la Castille — cargaison dont une part fut interceptée par les corsaires français en 1523.
Le chroniqueur de la cour d'Espagne décrit la stupeur causée par la capture, par des pirates français, du trésor mexicain que Cortés envoyait à l'empereur.
L'historien rapporte que le corsaire « Juan Florín » s'empara des navires chargés de l'or de Moctezuma, et fut plus tard pris puis exécuté par les Espagnols.
Lieux clés
Port normand et base de l'armateur Jean Ango, d'où partaient les navires de course de Jean Fleury. Grand centre du commerce maritime français à la Renaissance.
Port d'estuaire de la Seine, foyer de marins et de corsaires normands, souvent associé aux origines de Jean Fleury.
Archipel portugais au milieu de l'Atlantique, sur la route du retour des galions chargés d'or, où Fleury captura le trésor de Cortés en 1523.
Pointe sud-ouest du Portugal, passage obligé des navires venant des Amériques et zone d'embuscade favorite des corsaires.
Ville espagnole vers laquelle convergeait l'or des Amériques, destination des navires de Cortés interceptés par Fleury.
Localité de l'intérieur de la Castille où, selon la tradition, Jean Fleury fut conduit et exécuté sur ordre des autorités de Charles Quint en 1527.
Objets typiques

Document officiel délivré par le roi ou l'amirauté autorisant un corsaire à attaquer les navires ennemis. Elle distinguait le corsaire, soldat légal, du pirate hors-la-loi.

Grand navire à voiles armé de canons, utilisé pour l'abordage et le transport du butin. C'était l'outil de travail du corsaire normand.

Canon long et fin monté sur le pont des navires, capable de tirer à distance pour démâter ou intimider l'adversaire. Pièce maîtresse du combat naval à la Renaissance.

Butin de masques, bijoux, lingots et objets précieux pillés à l'Empire aztèque par Cortés, puis capturés par Fleury. Il révéla à l'Europe la richesse du Nouveau Monde.

Instrument gradué permettant de mesurer la hauteur du Soleil ou d'une étoile pour estimer sa latitude. Indispensable pour traverser l'Atlantique sans repère terrestre.

Lame courte et robuste, idéale pour le combat rapproché sur les ponts encombrés des navires. Arme symbolique du marin de course.
Programmes scolaires
Vocabulaire & tags
Vocabulaire clé
Vie quotidienne
Matin
À bord, la journée commençait avant l'aube par le quart de veille et la prière. Le corsaire et son équipage vérifiaient les voiles, l'arrimage et l'artillerie, puis scrutaient l'horizon à la recherche d'une voile ennemie à intercepter.
Après-midi
L'après-midi se passait en manœuvres et en navigation : on faisait le point avec l'astrolabe, on entretenait les cordages et les canons. Quand une proie était repérée, tout l'équipage se préparait fébrilement à la poursuite et à l'abordage.
Soir
Le soir venu, on partageait le repas et l'on évoquait les prises passées et à venir. Le capitaine consultait ses cartes et fixait le cap pour la nuit, pendant que les hommes libres se reposaient entre deux quarts.
Alimentation
L'ordinaire du marin était fait de biscuit de mer, de viande et de poisson salés, de pois secs et de fromage, le tout arrosé de vin ou de bière. Les vivres frais manquaient vite, et les prises permettaient parfois d'améliorer le menu.
Vêtements
Fleury portait des vêtements de drap robuste adaptés au vent et aux embruns : chemise, pourpoint, haut-de-chausses et bottes. Pour le combat, il pouvait revêtir une cuirasse légère ou une cotte, l'épée ou le sabre au côté.
Habitat
En mer, sa « maison » était l'étroite cabine de poupe du navire, encombrée de cartes et d'instruments. À terre, entre deux campagnes, il logeait dans les ports normands comme Dieppe ou Honfleur, près des armateurs et des chantiers.
Frise contextuelle
Vocabulaire d'époque
Liens externes & ressources
Références
Œuvres
Capture du trésor aztèque de Cortés
1523
Course atlantique au service de Jean Ango
vers 1520-1527
Prises sur la route des Indes et des Amériques
années 1520
Contribution à la guerre de course de François Ier
1521-1527
Ouverture de la rivalité franco-espagnole sur les océans
1523






