Navigateur et marin espagnol (v. 1476-1526), il prit le commandement de l'expédition de Magellan après la mort de ce dernier aux Philippines et acheva le premier tour du monde en 1522, ramenant le Victoria à Séville.
Juan Sebastián Elcano(1486 — 1526)
Juan Sebastián Elcano
Espagne
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Questions fréquentes
Faits marquants
- Né vers 1476 à Getaria, dans le Pays basque espagnol
- Participe à l'expédition de Magellan partie en 1519 avec 5 navires et 270 hommes
- Prend le commandement après la mort de Magellan aux Philippines en avril 1521
- Rentre à Séville le 6 septembre 1522 avec 18 survivants à bord du Victoria, achevant le premier tour du monde
- Charles Quint lui octroie un blason avec la devise : 'Primus circumdedisti me' (Tu m'as fait le premier le tour)
Œuvres & réalisations
Commandant la Victoria, Elcano acheva le premier circumnavigation de l'histoire, prouvant définitivement la rotondité de la Terre et l'existence d'un passage maritime vers les Indes par l'ouest.
Document officiel adressé à l'empereur dans lequel Elcano rend compte du voyage, des découvertes et des morts. C'est l'une des premières sources directes sur l'expédition Magellan-Elcano.
Elcano comparut devant la Casa de Contratación de Séville pour rendre compte officiellement de l'expédition. Son témoignage contribua à établir la connaissance géographique des nouvelles routes maritimes.
Elcano repartit comme capitaine en second pour un second tour du monde sur les ordres de Charles Quint. Il mourut du scorbut dans le Pacifique le 4 août 1526, sans pouvoir achever ce voyage.
Anecdotes
Elcano était l'un des mutins qui s'était soulevé contre Magellan à Port Saint-Julien en avril 1520. Condamné aux travaux forcés, il fut gracié par Magellan qui avait besoin de marins expérimentés pour continuer la traversée du détroit. Sans ce pardon inattendu, il n'aurait jamais pu achever le premier tour du monde.
Lorsque la Victoria entra dans le port de Séville le 6 septembre 1522, il ne restait que 18 hommes sur les 270 qui étaient partis trois ans plus tôt. Les survivants étaient si épuisés et décharnés qu'ils se rendirent pieds nus en procession jusqu'à la cathédrale pour remercier Dieu d'être encore en vie.
À son retour, l'empereur Charles Quint offrit à Elcano des armoiries représentant un globe terrestre entouré de la devise latine 'Primus circumdedisti me', ce qui signifie 'Tu m'as contourné le premier'. C'est l'une des plus belles récompenses jamais accordées à un navigateur dans l'histoire.
Les marins de la Victoria furent stupéfaits de constater, en arrivant à Séville, qu'ils avaient perdu un jour entier dans leur journal de bord par rapport aux habitants d'Espagne. En naviguant toujours vers l'ouest, ils avaient « gagné » du temps sans s'en rendre compte — une découverte qui allait fasciner les scientifiques et les philosophes pendant des siècles.
Sources primaires
Le capitaine général [Magellan] mort, les cinq navires continuèrent leur route sous le commandement de Juan Sebastián del Cano, qui prit le chemin du retour par le cap de Bonne-Espérance et ramena à Séville le navire Victoria chargé de clous de girofle.
Votre Majesté saura que nous avons fait la chose la plus grande et la plus admirable qui ait jamais été faite depuis la création du monde, car nous avons fait le tour de la terre entière en revenant par où le soleil marche.
En récompense de ses services et de la gloire qu'il a acquise pour la couronne de Castille en étant le premier à faire le tour du monde, Nous lui concédons pour armoiries un globe doré avec la devise Primus circumdedisti me.
Partido de Sanlúcar de Barrameda a veinte de septiembre de mil e quinientos e diez e nueve años, con cinco naos y doscientos e sesenta e cinco hombres...
Lieux clés
Petite ville portuaire basque où naquit Elcano vers 1476-1487. Aujourd'hui, une statue le représente face à l'océan Atlantique et un musée lui est consacré.
Port d'où l'expédition de Magellan-Elcano appareilla le 20 septembre 1519 et où la Victoria revint triomphalement le 6 septembre 1522, après trois ans de navigation autour du globe.
Passage entre l'Amérique du Sud et la Terre de Feu, découvert en 1520, qui permit à l'expédition de passer de l'Atlantique au Pacifique. Elcano participa à cette traversée périlleuse de 38 jours.
Île des Philippines où Magellan fut tué le 27 avril 1521 lors d'un affrontement avec le chef local Lapulapu. C'est là qu'Elcano dut prendre le commandement de l'expédition.
Archipel producteur d'épices, objectif principal de l'expédition. C'est ici qu'Elcano chargea les cales de la Victoria de clous de girofle avant d'entamer le voyage de retour vers l'Espagne.
Objets typiques

Instrument de cuivre permettant de mesurer la hauteur du soleil ou des étoiles pour déterminer la latitude en mer. Elcano et ses pilotes l'utilisaient quotidiennement pour naviguer dans des eaux inconnues.

Indispensable pour tenir un cap en pleine mer, la boussole était fixée près du gouvernail. L'expédition en utilisait plusieurs exemplaires de rechange, car elles pouvaient se démagnétiser ou se casser lors des tempêtes.

Carte marine dessinée sur vélin, représentant les côtes avec leurs ports et les roses des vents. Les pilotes de l'expédition en consultaient et en corrigeaient une au fur et à mesure de leur avancée dans des zones inexplorées.

Utilisé pour mesurer le temps et calculer la vitesse du navire avec le loch (une corde à nœuds). Elcano et ses hommes retournaient le sablier toutes les demi-heures pour tenir le journal de bord et calculer leur position.

Navire de type caraque d'environ 85 tonneaux, seul des cinq bâtiments de l'expédition à boucler le tour du monde. Sous le commandement d'Elcano, il traversa l'océan Indien et doubla le cap de Bonne-Espérance pour rentrer à Séville.

Précieuses épices chargées aux îles Moluques, elles représentaient la justification économique de tout le voyage. Les 26 tonnes de clous de girofle rapportées par la Victoria financèrent largement le coût de l'expédition entière.
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Vie quotidienne
Matin
À l'aube, le capitaine Elcano inspectait l'état du navire et consultait ses pilotes sur le cap à tenir. Il observait la position du soleil avec l'astrolabe pour corriger la route et consignait les données dans le journal de bord.
Après-midi
L'après-midi était consacré à la surveillance du gréement, à la gestion des vivres et à la résolution des conflits entre l'équipage — une centaine d'hommes de nationalités diverses entassés dans un espace très réduit. Elcano devait aussi maintenir la discipline et motiver des marins épuisés par des mois en mer.
Soir
Le soir, après la prière collective obligatoire, Elcano étudiait les cartes et conférait avec ses pilotes pour préparer la navigation nocturne. La veille était organisée en quarts, et le capitaine pouvait être réveillé à toute heure en cas de tempête ou de danger.
Alimentation
À bord, les marins vivaient principalement de biscuit de mer (hardtack), de viande salée, de légumes secs et de vin. Lors des traversées les plus longues, les vivres s'épuisaient : les hommes mangeaient des rats, du cuir bouilli et même de la sciure, ce qui provoquait le scorbut, maladie due au manque de vitamine C.
Vêtements
Elcano portait les habits d'un officier de marine espagnol du XVIe siècle : pourpoint de laine ou de lin, haut-de-chausses, bottes de cuir et manteau protégeant du vent et de l'humidité. En tant que capitaine basque, il arborait sans doute une épée à la ceinture, signe de son rang et de son autorité.
Habitat
Sur la Victoria, Elcano disposait de la cabine arrière (dunette), un espace minuscule mais séparé du reste de l'équipage. Quelques coffres personnels, des instruments de navigation, des cartes et peut-être un livre de prières constituaient tout son mobilier à bord.
Frise contextuelle
Vocabulaire d'époque
Liens externes & ressources
Références
Œuvres
Premier tour du monde en bateau
1519-1522
Lettre à Charles Quint (rapport de voyage)
1522
Témoignage lors de l'enquête sur l'expédition
1522
Participation à l'expédition Loaísa
1525-1526






