Jean Froissart(1337 — 1410)

Jean Froissart

Royaume de France

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LettresCultureHistoireHistorien(ne)Poète(sse)Moyen ÂgeFin du Moyen Âge, XIVe-XVe siècle, période de la guerre de Cent Ans

Chroniqueur et poète français du XIVe siècle, Jean Froissart est l'auteur des célèbres Chroniques, vaste fresque narrative retraçant les événements de la guerre de Cent Ans. Son œuvre constitue l'une des sources historiques les plus précieuses sur la chevalerie et les conflits européens de son époque.

Questions fréquentes

Jean Froissart (1337-1410) était un chroniqueur et poète du XIVe siècle, originaire de Valenciennes (Hainaut). Ce qu'il faut retenir, c'est qu'il est l'auteur des célèbres Chroniques, une vaste fresque narrative qui couvre la guerre de Cent Ans de 1327 à 1400 environ. Contrairement à beaucoup de chroniqueurs de son époque qui écrivaient depuis leur monastère, Froissart voyagea dans toute l'Europe – Angleterre, Écosse, Italie, Flandre, Gascogne – pour interroger directement les témoins des batailles. Ce qui rend son œuvre décisive, c'est qu'elle offre une source historique d'une vivacité et d'un souci du détail sans équivalent sur la chevalerie et les conflits du Moyen Âge.

Faits marquants

  • Né vers 1337 à Valenciennes, dans le comté de Hainaut
  • Rédige ses Chroniques en quatre livres couvrant la période 1327-1400
  • Voyage en Angleterre, Écosse, Italie et à travers la France pour collecter témoignages et récits
  • Séjourne à la cour d'Édouard III d'Angleterre et de plusieurs princes européens
  • Décède vers 1405, laissant une œuvre monumentale de plus d'un million de mots

Œuvres & réalisations

Chroniques (4 livres) (vers 1369-1400)

Chef-d'œuvre de Froissart, les Chroniques couvrent les événements de la guerre de Cent Ans de 1327 à 1400 environ. Vaste fresque en prose relatant batailles, tournois, négociations et vie des cours, elles constituent la source narrative la plus précieuse sur la chevalerie du XIVe siècle.

Le Paradis d'amour (vers 1361)

Premier poème important de Froissart, composé dans la tradition de l'amour courtois et offert à la reine Philippa de Hainaut lors de son arrivée en Angleterre. Il révèle l'influence décisive de Guillaume de Machaut sur sa formation poétique.

L'Espinette amoureuse (vers 1369)

Long poème autobiographique mêlant récit amoureux et souvenirs d'enfance à Valenciennes. Froissart y dévoile ses premières lectures, ses jeux d'enfant et ses émois poétiques, offrant un témoignage rare sur la formation d'un écrivain médiéval.

Méliador (vers 1383)

Roman arthurien en vers de plus de 30 000 lignes, écrit à la demande de Wenceslas Ier de Bohême. Froissart y intégra des poèmes lyriques composés par son mécène lui-même, faisant de cette œuvre un projet littéraire collaboratif unique.

La Prison amoureuse (vers 1372)

Œuvre en prose et vers mêlés (un prosimètre) relatant une correspondance fictive entre un noble prisonnier et son ami poète. Elle illustre l'art de Froissart à croiser formes lyriques et narratives dans la tradition des cours du XIVe siècle.

Anecdotes

Né à Valenciennes vers 1337, Jean Froissart bénéficia très jeune de la protection de la reine Philippa de Hainaut, épouse du roi d'Angleterre Édouard III. Originaire du même comté qu'elle, il fut accueilli à la cour d'Angleterre dès 1361, où il put observer de près les chevaliers et les grands seigneurs qui allaient peupler ses Chroniques.

En 1388, Froissart entreprit un long voyage jusqu'à Orthez, en Gascogne, pour rencontrer Gaston Fébus, le puissant comte de Foix. Pendant plusieurs mois, il profita des soirées au château pour interroger chevaliers et messagers venus de toute l'Europe, collectant ainsi une mine d'informations sur des événements auxquels il n'avait pas assisté lui-même.

Froissart était aussi poète : son roman en vers Méliador, long de plus de 30 000 vers, mettait en scène des aventures chevaleresques et fut lu à voix haute devant la cour de Wenceslas Ier de Bohême. Ce prince mécène était lui-même poète, et les deux hommes échangèrent vers et idées littéraires lors des soirées du château.

Contrairement à beaucoup de chroniqueurs de son époque qui écrivaient depuis leur monastère, Froissart voyagea toute sa vie : Angleterre, Écosse, Italie, Flandre, Gascogne… Il interrogeait directement les témoins des batailles, parfois des soldats ordinaires, parfois de grands chevaliers, ce qui donna à ses Chroniques une vivacité et un souci du détail sans équivalent pour l'époque.

Froissart revisa et récrit plusieurs fois ses Chroniques au fil des ans, adaptant parfois ses jugements selon ses protecteurs du moment. Ainsi, sa vision du Prince Noir ou du roi d'Angleterre évolua selon qu'il écrivait sous patronage anglais ou français, ce qui fait de son œuvre une source précieuse mais aussi un témoignage sur les jeux politiques de la fin du Moyen Âge.

Sources primaires

Chroniques, Prologue du Livre I (vers 1369-1373)
Afin que les honorables emprises et nobles aventures et faits d'armes, lesquels sont avenues par les guerres de France et d'Angleterre, soient notablement enregistrés et mis en mémoire perpétuelle, moi, Jean Froissart, clerc, me suis pris à les traiter et mettre par écrit…
Chroniques, Livre I — Les bourgeois de Calais (vers 1369, relatant les événements de 1347)
Alors sortirent six bourgeois avec leurs chefs nus, déchaussés et en chemises, les cordes au cou et les clefs de la ville et du château entre leurs mains ; et s'en allèrent vers le roi d'Angleterre.
Chroniques, Livre I — La bataille de Crécy (vers 1369, relatant les événements de 1346)
Les Génois commencèrent à pousser de grands cris pour effrayer les Anglais ; mais ceux-ci se tinrent en bon ordre et répondirent par une telle volée de flèches que les Génois, frappés et blessés, rompirent et tournèrent le dos.
Chroniques, Livre III — Récit du séjour chez Gaston Fébus (vers 1390-1392, relatant le voyage de 1388)
À Orthez, j'eus grand plaisir à entendre parler messire Espaing du Lion, écuyer du comte de Foix, lequel me conta maints faits d'armes advenus en Espagne, en Portugal et en Navarre, que je n'eusse pu savoir autrement.
L'Espinette amoureuse (poème autobiographique) (vers 1369)
À l'âge de douze ans fus mis à l'étude des lettres, et depuis n'ai cessé de mettre en rime et en prose les aventures et histoires que j'ai vues ou ouïes dire par les princes et les chevaliers.

Lieux clés

Valenciennes (comté de Hainaut)

Ville natale de Jean Froissart, alors dans le comté de Hainaut (aujourd'hui Nord de la France). C'est là qu'il reçut sa formation de clerc et composa ses premiers poèmes avant de partir chercher protection à la cour d'Angleterre.

Cour royale d'Angleterre, Westminster

Froissart fut accueilli à la cour d'Édouard III à partir de 1361, sous la protection de la reine Philippa de Hainaut. Il y séjourna plusieurs années, observant les chevaliers et collectant les récits des batailles de la guerre de Cent Ans.

Château d'Orthez (Gascogne)

Résidence de Gaston Fébus, comte de Foix, que Froissart visita en 1388. Ce séjour de plusieurs mois fut décisif pour la rédaction du Livre III des Chroniques, grâce aux nombreux témoignages recueillis auprès des chevaliers de passage.

Chimay (comté de Hainaut)

Froissart obtint vers 1373 le canonicat de l'église Saint-Georges de Chimay, sous la protection de Guy II de Châtillon. Il y résida par intermittence et y rédigea une partie de ses Chroniques, bénéficiant du soutien financier du comte.

Édimbourg et la cour d'Écosse

Froissart voyagea en Écosse vers 1365, recueillant des informations sur les campagnes militaires écossaises alliées à la France contre l'Angleterre. Ces enquêtes enrichirent la dimension pan-européenne de ses Chroniques.

Voir aussi