Biographie

Général français de l'Empire, Dorsenne fut l'un des officiers les plus distingués de la Garde impériale. Colonel des grenadiers à pied, il se couvrit de gloire à Austerlitz, Iéna et Eylau avant de mourir des suites de ses blessures en 1812.

Jean-Marie-Pierre-François Le Paige Dorsenne

Jean-Marie-Pierre-François Le Paige Dorsenne

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MilitaireXIXe sièclePremier Empire napoléonien (1804-1815)

Questions fréquentes

Le général Dorsenne (1773-1812) est l'un des officiers les plus remarquables de la Garde impériale napoléonienne. Ce qu'il faut retenir, c'est qu'il incarne l'idéal du soldat d'élite : une discipline de fer, un courage exemplaire et une loyauté absolue envers Napoléon. Colonel des grenadiers à pied, il se distingue à Austerlitz, Iéna et surtout Eylau, où sa tenue sous le feu devient légendaire. Sa carrière fulgurante le mène au grade de général de division et au commandement de l'Armée du Nord en Espagne, avant qu'une tumeur cérébrale ne l'emporte à seulement 39 ans.

Faits marquants

  • 1772 : naissance à Arras
  • S'illustre à la bataille d'Austerlitz (1805) en tant que colonel des grenadiers à pied de la Garde
  • Participe aux batailles d'Iéna (1806) et d'Eylau (1807)
  • Nommé général de division et commande l'armée du Nord en Espagne (1811)
  • 1812 : décède à Paris des suites de blessures et de maladies contractées en campagne

Œuvres & réalisations

Commandement du 1er régiment de grenadiers à pied de la Garde impériale (1806-1811)

Dorsenne porta ce régiment d'élite à un niveau de perfection disciplinaire lors des grandes campagnes de l'Empire (Iéna, Eylau, Wagram). Sa rigueur en fit l'une des unités les plus redoutées et les plus admirées d'Europe.

Participation aux campagnes d'Italie révolutionnaire (1796-1797)

Premières armes de Dorsenne sous Bonaparte, lors des victoires d'Arcole et de Rivoli. Ces campagnes fondatrices forgèrent sa réputation de soldat courageux et lui ouvrirent la voie vers la Garde impériale.

Commandement de l'Armée du Nord en Espagne (1811-1812)

Dorsenne prit la tête de l'Armée du Nord, responsable de la sécurisation des arrières français en Castille et dans les Asturies face à la guérilla. Il maintint la pression sur les partisans malgré une santé continuellement déclinante.

Conduite des grenadiers de la Garde à Eylau (8 février 1807)

Sa tenue à Eylau — grenadiers immobiles sous une canonnade dévastatrice et en plein blizzard — est citée dans les mémoires militaires de l'époque comme exemple absolu de discipline et de sang-froid au combat.

Anecdotes

À Eylau, le 8 février 1807, sous une tempête de neige et une canonnade dévastatrice, Dorsenne maintint ses grenadiers de la Garde dans un immobilisme parfait sur le plateau pendant des heures. Un témoin rapporte que Napoléon, parcourant le champ de bataille, s'arrêta devant leur ligne impeccable et déclara qu'il n'avait jamais vu pareille discipline sous le feu. Cette tenue légendaire valut aux grenadiers de Dorsenne le surnom de « statues de marbre ».

Dorsenne était réputé pour sa prestance physique exceptionnelle, au point que Napoléon l'appelait « le plus beau soldat de l'armée ». Cette réputation ne l'empêchait pas d'être d'une sévérité exemplaire : même au bivouac par -20°C en Pologne, il exigeait de ses grenadiers une tenue irréprochable et des armes luisantes, considérant que l'apparence d'une troupe reflétait directement son état moral.

Lors de la bataille d'Austerlitz, le 2 décembre 1805, Dorsenne et les grenadiers de la Garde restèrent en réserve toute la journée, immobiles sous les obus, sans être engagés au combat. Pour des soldats d'élite qui aspiraient à la gloire des charges, cette épreuve de patience absolue sous le feu fut à sa façon une démonstration de discipline militaire aussi remarquable que la victoire elle-même.

Nommé commandant de l'Armée du Nord en Espagne en 1811, Dorsenne dut affronter une guérilla impitoyable en Castille tout en combattant une tumeur cérébrale qui lui causait des douleurs atroces. Il continua à diriger ses opérations à cheval, refusant de céder le commandement jusqu'aux dernières semaines de sa vie. Il mourut à Düsseldorf le 25 juillet 1812, à seulement 39 ans, sans avoir revu la France.

Sources primaires

Bulletins de la Grande Armée — 8e bulletin, campagne d'Austerlitz (Décembre 1805)
Les grenadiers à pied de la Garde impériale, maintenus en réserve par l'Empereur, ont montré à l'ennemi le spectacle d'une troupe d'élite dont la seule présence contribua à la décision de la journée.
Correspondance de Napoléon Ier, tome XIV (1807)
Napoléon cite Dorsenne parmi les officiers supérieurs ayant le plus contribué au maintien de la discipline et du moral de la Garde lors des campagnes de Prusse et de Pologne.
Mémoires du général comte de Ségur, tome III (1824 (sur événements 1807-1812))
Dorsenne commandait ses grenadiers avec une autorité absolue et une froideur sous le feu que rien ne semblait pouvoir ébranler. Sa mort prématurée fut ressentie comme une perte irréparable par tous ceux qui avaient servi sous ses ordres.
Moniteur universel — annonce officielle du décès (Août 1812)
Le général de division Dorsenne, commandant en chef l'Armée du Nord d'Espagne, est décédé à Düsseldorf le 25 juillet 1812, des suites d'une maladie contractée au service de Sa Majesté l'Empereur.

Lieux clés

Hesdin (Pas-de-Calais, France)

Ville natale de Dorsenne, né le 7 février 1773. Petite cité du nord de la France, elle lui donna ses premières années avant qu'il rejoigne les armées révolutionnaires à l'âge de vingt ans.

Champ de bataille d'Austerlitz (Slavkov u Brna, République tchèque)

Lieu de la bataille du 2 décembre 1805, chef-d'œuvre tactique de Napoléon contre la coalition austro-russe. Dorsenne y commanda les grenadiers de la Garde en réserve, maintenant un ordre parfait sous les obus pendant toute la durée de l'engagement.

Eylau (Bagrationovsk, Russie)

Site de la bataille du 8 février 1807, l'une des plus sanglantes de l'Empire. C'est là que Dorsenne acquit sa réputation légendaire en maintenant ses grenadiers immobiles sous la canonnade et dans le blizzard, sans fléchir pendant des heures.

Valladolid (Castille, Espagne)

Principale base de l'Armée du Nord sous le commandement de Dorsenne en 1811-1812. C'est depuis cette ville qu'il dirigeait les opérations contre la guérilla espagnole tout en luttant contre la maladie qui allait l'emporter.

Düsseldorf (Allemagne)

Ville où Dorsenne mourut le 25 juillet 1812, des suites d'une tumeur cérébrale. Il y avait été transporté pour y recevoir des soins, continuant à suivre les opérations militaires jusqu'à ses dernières semaines.

Voir aussi