Jelly Roll Morton(1890 — 1941)

Jelly Roll Morton

États-Unis

6 min de lecture

MusiqueCompositeur/triceXXe sièclePremière moitié du XXe siècle, époque de la naissance et de l'essor du jazz aux États-Unis (de La Nouvelle-Orléans à l'âge d'or des big bands)

Pianiste, compositeur et chef d'orchestre américain, figure majeure des débuts du jazz à La Nouvelle-Orléans. Il se proclamait « l'inventeur du jazz » et fut l'un des premiers à fixer ses compositions par écrit, faisant le lien entre le ragtime et le jazz orchestré.

Questions fréquentes

Jelly Roll Morton était un pianiste, compositeur et chef d'orchestre américain né à La Nouvelle-Orléans en 1890. Ce qui le rend décisif, c'est qu'il fut l'un des premiers à fixer le jazz par écrit, faisant le lien entre le ragtime et le jazz orchestré. Il se proclamait « l'inventeur du jazz » et ses compositions comme Jelly Roll Blues (1915) comptent parmi les premières partitions de jazz éditées. Ce qu'il faut retenir, c'est qu'il a contribué à transformer une tradition orale en un genre structuré, ouvrant la voie au swing des années 1930.

Citations célèbres

« Le jazz est un style, pas une composition. »

Faits marquants

  • Né vers 1890 à La Nouvelle-Orléans (Louisiane), dans la communauté créole de couleur
  • Compose « Jelly Roll Blues » (1915), souvent cité comme l'un des premiers morceaux de jazz publiés
  • Enregistre avec ses Red Hot Peppers à partir de 1926, posant les bases du jazz orchestré
  • Réalise en 1938 une série d'enregistrements et d'entretiens pour la Bibliothèque du Congrès (Alan Lomax)
  • Meurt en 1941 à Los Angeles dans une relative misère, avant le renouveau d'intérêt pour son œuvre

Œuvres & réalisations

Jelly Roll Blues (1915)

Publié à Chicago, c'est l'une des toutes premières compositions de jazz éditées sur partition.

King Porter Stomp (composé vers 1906, enregistré en 1923)

Pièce emblématique qui deviendra, dans les années 1930, un hymne de l'ère du swing repris par les grands orchestres.

Black Bottom Stomp (1926)

Enregistrement des Red Hot Peppers considéré comme un modèle d'orchestration du jazz de La Nouvelle-Orléans.

Dead Man Blues (1926)

Évocation musicale d'un cortège funèbre néo-orléanais, mêlant gravité et entrain caractéristiques de la ville.

Wolverine Blues (1923)

Composition virtuose au piano, l'un de ses morceaux les plus connus et les plus repris.

The Pearls (1923)

Pièce pour piano à la structure raffinée, illustrant le passage du ragtime au jazz pleinement composé.

Enregistrements de la Bibliothèque du Congrès (1938)

Longue série d'interprétations et de récits enregistrés avec Alan Lomax, archive majeure sur les origines du jazz.

Séances des Red Hot Peppers pour Victor (1926-1930)

Ensemble d'enregistrements qui fixèrent sur disque l'équilibre entre composition écrite et improvisation collective.

Anecdotes

Ferdinand LaMothe, dit Jelly Roll Morton, arborait un diamant serti dans une de ses dents de devant. Ce détail clinquant était sa carte de visite : il l'exhibait dans un sourire pour rappeler à tous qu'il était l'un des musiciens de jazz les mieux payés de son temps.

Morton se proclamait sans complexe « l'inventeur du jazz », qu'il situait précisément en 1902. En 1938, furieux d'entendre une émission de radio attribuer ce titre à W.C. Handy, il envoya une longue lettre au magazine Down Beat pour réclamer la paternité du genre, déclenchant l'une des plus célèbres polémiques de l'histoire du jazz.

Adolescent, Morton gagnait sa vie au piano dans les maisons closes du quartier de Storyville, à La Nouvelle-Orléans. Quand sa famille créole, très soucieuse de respectabilité, découvrit ce travail jugé honteux, sa grand-mère le chassa de la maison.

En 1938, la Bibliothèque du Congrès l'invita à raconter sa vie devant un microphone. Pendant des heures, Morton joua du piano et narra ses souvenirs au folkloriste Alan Lomax : ces enregistrements forment l'une des premières grandes histoires orales du jazz, par l'un de ses pionniers.

Pour ses séances avec ses Red Hot Peppers en 1926, Morton faisait répéter ses musiciens avec une rigueur rare à l'époque. Il dosait précisément ce qui était écrit et ce qui restait improvisé, ce qui fit de ces disques des modèles d'orchestration du jazz de La Nouvelle-Orléans.

Sources primaires

Enregistrements de la Bibliothèque du Congrès (interviews d'Alan Lomax) (1938)
Morton y affirme avoir « inventé le jazz en 1902 » et raconte, au piano, les débuts de la musique à La Nouvelle-Orléans, ses pianistes et ses maisons de Storyville.
Lettre ouverte de Jelly Roll Morton au magazine Down Beat (1938)
Morton conteste publiquement que W.C. Handy soit « l'inventeur du jazz et du blues » et revendique pour lui-même la création du jazz en 1902.
Partition de « Jelly Roll Blues » (1915)
Composition publiée à Chicago, présentée comme l'une des premières partitions de jazz imprimées et diffusées commercialement.
Carte de visite professionnelle de Jelly Roll Morton (années 1920)
Il s'y présentait comme l'« Originateur du jazz et du stomp », affichant fièrement sa prétention à avoir fondé le genre.

Lieux clés

La Nouvelle-Orléans (Louisiane)

Ville natale de Morton et berceau du jazz, où il grandit dans la culture créole et fit ses premières armes au piano.

Storyville, La Nouvelle-Orléans

Quartier réservé où l'adolescent Morton joua dans les maisons closes, foyer décisif des débuts du jazz.

Chicago (Illinois)

Centre du jazz dans les années 1920 où Morton enregistra ses chefs-d'œuvre avec les Red Hot Peppers pour Victor.

Washington (district de Columbia)

Il y vécut dans les années 1930 et y réalisa, à la Bibliothèque du Congrès, ses enregistrements historiques avec Alan Lomax.

Los Angeles (Californie)

Ville où Morton mourut en 1941, en marge de la scène musicale qui l'avait consacré.

Voir aussi