Joan Robinson (1903-1983) est une économiste britannique de l'école de Cambridge, figure majeure du courant post-keynésien. Elle est connue pour sa théorie de la concurrence imparfaite et ses contributions à l'analyse de l'accumulation du capital.
Joan Robinson(1903 — 1983)
Joan Robinson
Royaume-Uni, Royaume-Uni de Grande-Bretagne et d'Irlande
7 min de lecture
Questions fréquentes
Citations célèbres
« The purpose of studying economics is not to acquire a set of ready-made answers to economic questions, but to learn how to avoid being deceived by economists.»
Faits marquants
- Naît en 1903 à Camberley (Angleterre) dans une famille de la haute bourgeoisie
- Publie en 1933 'The Economics of Imperfect Competition', qui renouvelle la théorie des marchés
- Membre du 'Cambridge Circus' qui contribue à l'élaboration de la 'Théorie générale' de Keynes (1936)
- Figure centrale de la 'controverse des deux Cambridge' sur la nature du capital dans les années 1950-1960
- Meurt en 1983 à Cambridge, sans jamais avoir reçu le prix Nobel malgré sa notoriété
Œuvres & réalisations
Œuvre fondatrice qui renouvelle l'analyse des marchés où les entreprises ont un pouvoir sur les prix. Elle établit la réputation de Robinson dès l'âge de 30 ans.
Ouvrage pédagogique qui rend accessibles les idées révolutionnaires de Keynes sur le chômage et l'emploi.
Analyse rigoureuse et originale de la pensée économique de Karl Marx, rare de la part d'une économiste formée à Cambridge.
Grand traité de croissance économique de long terme, considéré comme son chef-d'œuvre théorique post-keynésien.
Réflexion critique sur les fondements idéologiques de l'économie, où elle invite à ne pas se laisser tromper par les économistes.
Article déclencheur de la 'controverse des deux Cambridge' sur la mesure du capital, débat majeur de la théorie économique du XXe siècle.
Anecdotes
En 1933, à seulement 30 ans, Joan Robinson publie 'The Economics of Imperfect Competition', un livre qui bouleverse la théorie économique. Presque au même moment, l'Américaine Edward Chamberlin développe des idées proches : les deux travaux, indépendants, vont marquer durablement l'analyse des marchés où la concurrence n'est pas parfaite.
Joan Robinson a fait partie du cercle restreint des jeunes économistes de Cambridge qui discutaient les idées de John Maynard Keynes avant la publication de sa 'Théorie générale' en 1936. Ce groupe, surnommé le 'Cambridge Circus', se réunissait pour débattre ligne par ligne des théories qui allaient révolutionner l'économie.
Malgré sa renommée mondiale, Joan Robinson n'a jamais reçu le prix Nobel d'économie, alors que beaucoup la considéraient comme une candidate évidente. Certains pensent que ses opinions politiques jugées trop radicales et son admiration pour les expériences économiques en Chine ou à Cuba lui ont coûté cette récompense.
Joan Robinson a été l'une des protagonistes d'une célèbre dispute intellectuelle appelée la 'controverse des deux Cambridge', opposant les économistes de Cambridge en Angleterre à ceux de Cambridge dans le Massachusetts (États-Unis). Le débat portait sur une question abstraite mais fondamentale : comment mesurer le 'capital' dans une économie ?
Voyageuse infatigable, Joan Robinson s'est rendue plusieurs fois en Inde, en Chine et en Corée du Nord pour observer de ses propres yeux différents systèmes économiques. Elle pensait qu'on ne pouvait pas comprendre l'économie uniquement avec des équations, mais aussi en regardant comment les sociétés réelles fonctionnaient.
Sources primaires
This book is presented to the analytical economist as a box of tools. It is an essay in the technique of economic analysis, and can make only an indirect contribution to our knowledge of the actual world.
The student of economic theory is taught to write O = f (L, C) where L is a quantity of labour, C a quantity of capital and O a rate of output of commodities. He is instructed to assume all workers alike, and to measure L in man-hours of labour; he is told something about the index-number problem in choosing a unit of output; and then he is hurried on to the next question, in the hope that he will forget to ask in what units C is measured.
The purpose of studying economics is not to acquire a set of ready-made answers to economic questions, but to learn how to avoid being deceived by economists.
The conception of the rate of interest as the price which equates the demand for and supply of saving... is a complete misunderstanding of the mechanism at work.
Lieux clés
Ville du sud de l'Angleterre où Joan Robinson naît en 1903 dans une famille de la haute bourgeoisie britannique.
Cœur de toute la carrière de Robinson : elle y étudie, y enseigne pendant des décennies et y développe l'école post-keynésienne. Cambridge devient le centre mondial d'un grand débat économique.
Collège pour femmes de Cambridge où Robinson étudie l'économie au début des années 1920, à une époque où les femmes n'avaient pas encore tous les droits universitaires.
Robinson y séjourne juste après son mariage et y retourne plusieurs fois ; ce contact avec une économie en développement marque durablement sa pensée.
Pays que Robinson visite à plusieurs reprises pour étudier son économie planifiée, manifestant un intérêt qui lui vaudra des critiques.
Robinson meurt à Cambridge en 1983, là où elle avait passé l'essentiel de sa vie intellectuelle.
Objets typiques

Outil quotidien de l'enseignante à Cambridge, sur lequel Robinson dessinait courbes de coûts et diagrammes pour expliquer la concurrence imparfaite. Le tableau noir était le support central de l'enseignement économique de son époque.

Robinson rédigeait ses livres et articles influents à la machine à écrire mécanique, standard de l'écriture savante avant l'informatique. Ses nombreux ouvrages témoignent d'une production intellectuelle intense.

Représentation graphique des courbes de demande, de recette marginale et de coût qui illustrent comment une entreprise fixe ses prix sur un marché imparfait. C'est l'un des outils analytiques associés au nom de Robinson.

Métaphore célèbre de Robinson qui décrit la théorie économique comme une caisse d'outils analytiques plutôt qu'un ensemble de vérités. L'image souligne sa vision pragmatique de la discipline.

Lors de ses voyages et après ses séjours en Inde, Robinson était connue pour porter parfois des saris, signe de son intérêt profond pour les économies et cultures d'Asie. Ce choix vestimentaire reflétait son ouverture aux sociétés non occidentales.

Robinson notait ses observations lors de ses nombreux déplacements en Chine, en Inde et ailleurs, nourrissant sa réflexion sur les systèmes économiques réels. Ces voyages alimentaient sa critique de l'économie purement théorique.
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Vie quotidienne
Matin
Joan Robinson commençait souvent ses journées tôt, consacrant ses matinées à l'écriture et à la recherche dans son bureau de Cambridge. Elle préparait ses cours et avançait sur ses livres, plume et machine à écrire à portée de main.
Après-midi
L'après-midi était rythmé par l'enseignement : cours magistraux, séminaires et discussions avec les étudiants au tableau noir. Elle aimait le débat direct et poussait ses élèves à remettre en question les idées reçues.
Soir
Le soir, Robinson participait aux dîners et discussions intellectuelles des collèges de Cambridge, où s'échangeaient idées et controverses. Elle continuait souvent à lire et à correspondre avec d'autres économistes du monde entier.
Alimentation
Robinson menait une vie sobre et menait dans ses dernières années une existence assez austère, mangeant simplement. Les repas faisaient partie de la sociabilité des collèges universitaires anglais, avec leurs traditions de dîners en commun.
Vêtements
On la décrivait comme vêtue de façon simple et peu conventionnelle pour une universitaire de son rang ; après ses voyages en Asie, elle portait parfois des saris. Elle se souciait peu des codes vestimentaires habituels.
Habitat
Elle vivait à Cambridge, dans l'environnement des collèges universitaires, mêlant logement académique et vie intellectuelle. Son mari, Austin Robinson, était lui aussi un économiste réputé de Cambridge.
Frise contextuelle
Vocabulaire d'époque
Liens externes & ressources
Références
Œuvres
The Economics of Imperfect Competition
1933
Introduction to the Theory of Employment
1937
An Essay on Marxian Economics
1942
The Accumulation of Capital
1956
Economic Philosophy
1962
The Production Function and the Theory of Capital
1953






