Johannes Kepler
Johannes Kepler
1572 — 1630
Saint-Empire romain germanique, duché de Wurtemberg
Astronome et mathématicien allemand (1572-1630), Kepler formula les trois lois du mouvement planétaire qui révolutionnèrent l'astronomie. Disciple de Tycho Brahe, il confirma le modèle héliocentrique de Copernic grâce à ses calculs précis.
Citations célèbres
« La géométrie est unique et éternelle, elle reflète l'esprit de Dieu. »
« Je mesurais les cieux, maintenant je mesure les ombres de la terre. »
Faits marquants
- 1600 : rejoint Tycho Brahe à Prague comme assistant
- 1609 : publie l'Astronomia Nova, énonçant ses deux premières lois du mouvement planétaire
- 1619 : publie Harmonices Mundi, contenant sa troisième loi
- 1627 : achève les Tables rudolphines, catalogue stellaire de référence
- Découverte que les planètes suivent des orbites elliptiques et non circulaires
Œuvres & réalisations
Premier ouvrage publié de Kepler, défendant le système héliocentrique de Copernic. Bien que son modèle géométrique (solides de Platon) soit erroné, l'ouvrage révèle sa quête d'un ordre mathématique universel.
Œuvre fondatrice énonçant les deux premières lois du mouvement planétaire : les orbites sont elliptiques et les planètes balaient des aires égales en temps égaux. Rupture décisive avec la tradition des cercles parfaits.
Traité d'optique dans lequel Kepler explique théoriquement le fonctionnement des lunettes et propose un nouveau type de télescope à deux lentilles convexes, dit « télescope astronomique de Kepler ».
Œuvre majeure mêlant astronomie, géométrie et musique, dans laquelle Kepler énonce sa troisième loi : le carré de la période de révolution est proportionnel au cube du demi-grand axe de l'orbite.
Manuel d'astronomie en sept volumes synthétisant l'ensemble des découvertes de Kepler. Ouvrage pédagogique accessible qui diffusa ses lois auprès des savants européens, mis à l'Index par l'Église en 1619.
Tables de positions planétaires basées sur les données de Brahe et les lois de Kepler. Dédiées à l'empereur Rodolphe II, elles permirent de prédire les positions des planètes avec une précision sans précédent et restèrent en usage pendant un siècle.
Récit de voyage imaginaire sur la Lune, considéré comme l'un des premiers textes de science-fiction. Kepler y décrit la Terre vue depuis la Lune et utilise la fiction pour diffuser ses idées copernicaines.
Anecdotes
Kepler souffrait d'une vue très faible depuis l'enfance, séquelle de la variole contractée à 4 ans. C'est une cruelle ironie du destin pour celui qui allait devenir l'un des plus grands observateurs du ciel — il dut s'appuyer sur les relevés extraordinairement précis de Tycho Brahe plutôt que sur ses propres observations.
En 1600, Kepler rejoignit Tycho Brahe à Prague après avoir fui la persécution religieuse. Leur collaboration fut houleuse : Brahe refusait de lui communiquer toutes ses données, craignant que Kepler ne lui vole la gloire. À la mort soudaine de Brahe en 1601, Kepler s'empara des précieux registres d'observations et les utilisa pour formuler ses lois.
Kepler dut défendre sa mère Katharina devant un tribunal de 1615 à 1621 : elle était accusée de sorcellerie. Il rédigea lui-même sa plaidoirie, un document de 128 pages, et parvint à la faire acquitter. Cette affaire l'épuisa pendant six ans au milieu de ses plus grandes découvertes scientifiques.
Pour expliquer les distances entre les planètes, Kepler imagina en 1596 un modèle géométrique fantaisiste dans le Mysterium Cosmographicum : les six planètes connues étaient inscrites dans les cinq solides de Platon emboîtés les uns dans les autres. Ce modèle était totalement faux, mais la rigueur mathématique mise en œuvre le mena vers ses véritables découvertes.
Kepler fut l'un des premiers à utiliser le mot « satellite » pour désigner les lunes de Jupiter découvertes par Galilée en 1610. Il correspondit activement avec Galilée, et bien que les deux savants ne se soient jamais rencontrés, ils s'encouragèrent mutuellement dans leur défense du système héliocentrique.
Sources primaires
Je confesse que lorsque Tycho mourut, je pris possession de ses observations comme d'un héritage laissé pour moi, avec l'intention de les interpréter... Les orbites des planètes sont des ellipses dont le Soleil occupe l'un des foyers.
La Terre est la mesure de toutes les orbites planétaires. Inscrivez autour d'elle un dodécaèdre ; la sphère qui l'entoure sera celle de Mars. Autour de Mars, inscrivez un tétraèdre ; la sphère qui l'entoure sera celle de Jupiter.
Le carré des périodes de révolution des planètes est proportionnel au cube de leurs distances moyennes au Soleil. J'ai recueilli cette trésorerie de l'astronomie de Pythagore et de Ptolémée, et je l'ai purifiée des erreurs.
Je crois en Copernic et non à ceux qui rejettent en riant cette hypothèse. Je dois dire que votre lunette et vos observations m'ont ôté tout doute sur le mouvement de la Terre.
Le Soleil, source de lumière et de chaleur, est le moteur du monde planétaire. Sa force se répand dans l'espace et diminue avec la distance, entraînant les planètes dans leur course.
Galerie
Portrait of an unknown man, often mistaken for Kepler
Wikimedia Commons, Public domain — Unidentified painter

Johannes Kepler, portrait by Hans von Aachen
Wikimedia Commons, Public domain — Attributed to Hans von Aachen




